Publié dans Angleterre, énigmes historiques, Glenn Cooper, Le livre des morts, manuscrit, Passion thriller, thriller ésotérique, thriller philosophique

Passion thriller: Le Livre des morts de Glenn Cooper.

L’auteur: glenn-cooper-2

Glenn Cooper est un médecin, producteur et romancier américain né le 8 janvier 1953 à White Plains, dans l’état de New-York.

 

 

Le roman: images

Le livre des morts est le premier roman de Glenn Cooper ainsi que le premier d
e la trilogie « Will Piper » . Publié en 2009 et vendu à plus de 1 million d’exemplaires, c’est un best-seller dans de nombreux pays du monde, notamment en Euro
pe. La suite s’intitule Le Livre des âmes.

Bien qu’il porte le même nom, le thriller de Glenn Cooper n’a rien à voir avec Le Livre des Morts des anciens Égyptiens relatant les rites de passage dans l’au-delà. En fait, il s’agit de mystérieux manuscrits découverts dans l’île de Wight après la seconde Guerre Mondiale.

 

 

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Le livre des morts égyptien

La construction du roman lui-même est ingénieuse: la narration se déroule sur trois époques différentes, dans des endroits différents, en un jeu de piste bien documenté sur le plan historique, avec une pincée d’ésotérisme et un soupçon d’espionnage. Le procédé est devenu un classique dans l’écriture des thrillers mais il reste malgré tout très efficace.

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île de Whigt

Glenn Cooper a plutôt bien réussi ici le difficile pari de mêler une partie thriller pur ( pour grand public) à une partie ésotérique et historique, pour un public averti de lecteurs plus intellectuels, même si le récit est parfois émaillé des clichés classiques du genre.: théorie du complot, société secrète, zone 51, etc…

L’intrigue: 

New-York: mai 2009: six morts violentes en quelques jours. Les modes opératoires sont différents, les victimes n’ont en apparence aucun point commun, sinon qu’elles ont toutes reçu, avant de se faire tuer, une carte postale de Las Vegas avec pour unique mention une date: celle de leur mort!

Rapidement, la presse s’empare de l’affaire et celui qu’elle surnomme  » le tueur de l’apocalypse » terrorise la ville. Quant aux autorités, complètement dépassées par des indices incohérents et des témoignages peu fiables, demandent l’assistance de l’agent fédéral Will Piper, ancien profiler à 14 mois de la retraite, qui a interrompu brusquement sa carrière suite à un drame personnel. Malgré le peu d’éléments de départ dont il dispose, Piper, en enquêteur chevronné, fera tout son possible pour démasquer le tueur. Mais de nouvelles victimes, dont le nom est déjà inscrit dans Le Livre des Morts, reçoivent à leur tour une carte postale illustrée d’un cercueil et indiquant le jour de leur mort.

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Grand bond dans le temps: nous voici plongés au cœur du VIIIème siècle, en l’an 777 sur l’île de Wight, pour assister à la naissance, le 7 juillet, du septième fils d’un septième fils. Rien ne le distingue mais on ne tarde pas à réaliser qu’il possède une compétence exceptionnelle: sans avoir appris à lire ni à écrire, il est capable d’écrire les noms de personnes et leurs dates de naissance et de mort par ordre chronologique dans leur langue d’origine, y compris le chinois. Lui et ses descendants vont ainsi en remplir toute une bibliothèque: 200 millions de noms.

Retour en 2009: de fil en aiguille, l’ enquête de Piper va s’orienter dans une direction totalement imprévue pour le mener au cœur des secrets les mieux gardés du gouvernement américain: une mission confidentielle de Churchill en 1947 auprès du président Truman; un mystérieux monastère sur l’île de Wight; la zone 51…Les pièces du puzzle machiavélique que Piper devra reconstituer afin de résoudre cette troublante énigme et faire éclater la vérité.

Comment Piper mène l’enquête: 

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Quelques semaines après les premiers meurtres, Piper et sa co-équipière Nancy reprennent tous les éléments de l’enquête afin d’établir des liens entre les victimes, ce qui leur permettrait d’en savoir plus sur le tueur et donc de le démasquer. La démarche étant peu concluante, la jeune femme analyse alors les cartes postales reçues par les victimes:  » (…)il n’y avait pas d’empreintes communes sur les cartes. L’expéditeur devait porter des gants dépourvus de fibres, peut-être en latex. On en avait trouvé quelques-unes qui n’appartenaient ni aux victimes, ni à leurs proches, et des agents du FBI remontaient toute la chaîne postale depuis Las Vegas jusqu’à New-York. Les cartes elles-mêmes étaient de banals rectangles de papier cartonné, blanc, de sept centimètres et demi sur douze et demi, disponibles dans toutes les papeteries. Elles avaient été imprimées d’un côté, puis de l’autre, sur une imprimante HP Photosmart à jet d’encre dont il existait plusieurs dizaines milliers d’exemplaires à travers le pays. La police utilisée était un standard de Word. Quant aux dessins du cercueil, ils avaient sûrement tous été tracés par la même main, avec un Pentel noir, à pointe ultra-fine, comme il en existait des millions. Les timbres étaient toujours identiques, vignettes de base à quarante et un centimes représentant le drapeau américain, une poignée parmi des centaines de millions en circulation. Ils étaient autocollants, si bien qu’ils ne portaient aucune trace d’ADN. Les six cartes avaient été postées le 18 mai, puis étaient passées par le centre de tri UPS de Las Vegas. » => Autant d’éléments qui ne mènent qu’à une impasse.

Quelques semaines plus tard:  » Peut-être le rapport entre Luis et Las Vegas était-il un hasard qui les détournait du véritable assassin. Et si le vrai tueur de l’Apocalypse s’était trouvé sur place, ce jour-là, à City Island, dans les rangs des curieux, stupéfait qu’un autre ait commis le crime à sa place? Ensuite, pour embrouiller les enquêteurs, il avait très bien pu faire une pause, pour les laisser mariner, semant les germes de la confusion, de la frustration. Will obtint les autorisations de saisie auprès des télévisions qui avaient filmé les événements de Minnieford Avenue en ce doux soir sanglant. Plusieurs jours durant, avec Nancy, ils examinèrent à la loupe des heures d’enregistrement et des centaines d’images numériques, à la recherche d’un autre de carrure et de taille moyennes, à la peau mate, rôdant près du lieu du crime… ».

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Mais l’enquête s’avère plus complexe qu’il n’y paraissait à première vue:  » Dans quels cas fait-on disparaître quelqu’un des écrans radars? Parce qu’il est témoin d’une enquête fédérale? Qu’il se livre à des activités top secrètes? Qu’il participe à une opération clandestine? Quel que soit son statut, l’écran devient tout noir, et il n’existe plus. Mark m’a dit qu’il bossait pour le gouvernement. L zone 51 ou je ne sais quelle connerie. Ça sent les fédéraux à plein nez. On a empiété sur leurs plates-bandes, et on s’est fait jeter. »

Le travail du profiler: 

 » La première victime ( David Swisher) revêt une signification particulière aux yeux du tueur, quelque chose de symbolique. » A la suite du troisième crime, Piper est en mesure de dresser un profil du tueur: chasseur qui planifie les choses; un solitaire circonspect qui prend grand soin de ne laisser aucune trace ADN; il possède une voiture; il connaissait bien les lieux; peut-être hispanique; chaque crime est différent, le seul lient étant les cartes postales; très intelligent et très pervers.

Les mystères de l’île de Wight: 

Fondation de l’Ordre des Noms en 777 par Josephus afin de débattre des prophéties écrites par le premier enfant, Octavus; le but de l’Ordre étant de pourvoir à ses besoins et de protéger son labeur, car émanation de Dieu.

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 » Après la mort d’Oswyn, Josephus avait révisé les plans du nouveau bâtiment, décidant qu’il serait plus vaste encore, car il était convaincu que les livres et textes saints produits à Wiht jouaient un rôle capital pour améliorer la condition du genre humain (…) De plus, il voulait construire une chambre secrète qui serait un sanctuaire, où Octavus œuvrerait sans jamais être perturbé. Ce serait un cabinet spécial, protégé, où il pourrait retranscrire les noms qui sourdaient au fond de lui pour les verser sur le parchemin, comme l’eau sort de la roche. (…) On construisit donc une pièce au bout de la cave. Là, derrière une porte close, Octavus vivait dans une pénombre perpétuelle, éclairé de quelques chandelles. Son unique objectif était de s’asseoir sur son tabouret, puis de se pencher sur le pupitre et de tremper sa plume encore et encore dans l’encrier afin de gratter avec fureur son parchemin, jusqu’à s’écrouler d’épuisement, au point qu’on dût le porter sur sa paillasse. » => Quel rapport avec l’enquête de Will Piper?? Pour le savoir, le lecteur devra patienter jusqu’aux deux tiers du roman…

Les personnages: 

le personnage principal, Will Piper, est bien campé, avec ses qualités et ses défauts, comme tout un chacun; il est à la fois attachant et agaçant, avec son côté macho un peu trop prononcé. Mais c’est aussi un homme fragile:  » Il était en fin de carrière. La retraite miroitait tel un mirage dans le désert, insaisissable. C’en était fini pour lui de l’ambition et des luttes de haut vol; fini les querelles byzantines au bureau; fini les meurtres et la mort. Il était fatigué, seul, prisonnier d’une ville qu’il n’aimait pas. Il voulait rentrer chez lui. Avec sa retraite en poche. » ( page 30) => Bien sûr les événements vont décider pour lui en le conduisant sur une nouvelle enquête aussi dangereuse qu’elle est complexe.

Quant aux autres personnages, ils sont moins détaillés, plus anecdotiques, mise à part sa co-équipière et compagne Nancy Lipinski, mais ils ne sont pas inintéressants. Ils fonctionnent comme les pièces d’un immense puzzle, chacun jouant son rôle au moment opportun, donnant une certaine épaisseur à l’intrigue.

Mon avis: 

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Globalement, Le Livre des Morts est un thriller intéressant, bien construit autour d’une histoire dont les ramifications s’étendent loin dans le passé, dans des directions plutôt insolites. L’intensité dramatique est soutenue par une enquête pleine de rebondissements et de suspense, dans un style dynamique qui promène le lecteur d’une époque à une autre, d’un lieu à un autre, d’un mystère à un autre sans que la cohérence du récit n’en soit affectée.

Ceci dit, j’ajouterai un bémol concernant certains éléments de l’histoire qui, à mon sens, ne sont là que pour enjoliver le côté attractif, commercial du thriller: finalement, quelle est l’utilité de ces registres de naissance et de mort? Pourquoi l’abbé a-t-il soutenu cette entreprise inconcevable pour l’époque ( le parchemin était coûteux ), sans en avertir ses supérieurs, se plaçant en état de péché mortel en cautionnant des crimes gratuits? A aucun moment l’auteur ne donne un élément de justification. Et comment ces hommes ont-ils pu vivre toute une vie sous terre sans souffrir de complications physiques?

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Subsiste la question fondamentale du libre arbitre de l’homme face à la volonté divine: quelle est la signification profonde de ces registres, leur raison d’être puisque, de toute façon, on ne peut prévenir les intéressés de la date de leur mort ou de celle de leurs proches? Serait-ce de la part de l’auteur une velléité de s’affranchir de l’inexorabilité de la destinée humaine??

Autre question laissée sans réponse: pourquoi frère Luke et Elizabeth s’enfuient-ils du monastère en emportant avec eux un des registres?

 

 

 

 

 

 

 

 

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