Publié dans Amanda Cross, Columbia university, féminisme, Les auteurs, littérature anglo-saxonne, New-York, roman policier

Passion polar: Amanda Cross

Biographie et carrière universitaire:

 

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Carolyn Heilbrun

 

Amanda Cross est le pseudonyme sous lequel l’universitaire américaine Carolyn Heilbrun a publié les quatorze romans policiers de la série  » Kate Fansler ». Elle est née le 13 janvier 1926 à East Orange dans le New-Jersey et est décédée à New-York le 9 octobre 2003. Elle passe son enfance à Manhattan.

 

 

 

En 1947, elle obtient son diplôme de Wellesley College Eneast-orange

1959, elle obtient son doctorat de littérature anglaise à l’université de Columbia où elle enseignera la langue anglaise pendant plus de trente années , de 1960 à 1993.

Il est à noter que Carolyn Gold, épouse de James Heilbrun rencontré lors de ses études à Harvard, fut la première femme titulaire d’une chaire du département d’anglais de la très sélect université privée de Columbia, située située dans le nord de l’arrondissement de Manhattan, à New-York.

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Fondée en 1754, elle fait partie des huit établissements universitaires les plus anciens et célèbres des USA : classée première pour la recherche dans son pays, elle figure au 4e rang du classement des 1000 meilleures universités mondiales. Elle administre chaque année le prix Pulitzer, l’un des plus prestigieux prix d’excellence dans les domaines du journalisme, de la littérature et de la composition musicale.

 

En tant qu’universitaire, elle choisit comme spécialité

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Columbia

la littérature anglaise classique et moderne, étudiant en particulier le Bloomsbury Group dans des essais qui font autorité. Le Bloomsbury Group désigne un groupe qui réunit un certain nombre d’intellectuels britanniques dans une période allant des premières années du XXe siècle au début de la Seconde Guerre Mondiale. A l’origine, il se composait des romanciers et essayistes Virginia Woolf, E.M. Forster et Mary MacCarthy; du biographe Lytton Strachey; de l’économiste John Maynard Keynes; des peintres Duncan Grant, Vanessa Bell et Roger Fry; du critique littéraire Desmond MacCarthy; du critique d’art Clive Bell et de l’écrivain et journaliste Leonard Woolf.

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Elle écrit également de nombreux articles sur l’histoire de la condition féminine, articles également très appréciés, notamment ses recherches sur Catherine Des Roches (femme écrivain de la Renaissance, contemporaine de Pierre de Ronsard, qui refusa de se marier afin de pouvoir se consacrer entièrement à ses écrits), sur Gloria Steinem ( journaliste féministe née en 1934, promotrice des droits des femmes) .

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Gloria Steinhem

 

 

La romancière:

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Catherine Des Roches

Pendant une quinzaine d’années, Carolyn Heilbrun conserva son pseudonyme d’écrivain de romans policiers secret d’une part afin de ne pas encourir de conséquences fâcheuses pour sa carrière d’universitaire et de chercheuse, mais également afin de se préserver un  » espace de liberté ainsi que le plaisir de posséder deux identités » bien distinctes. De son propre aveu tardif, son héroïne, Kate Fansler, professeur de littérature anglaise dans une université new-yorkaise et détective amateur, constitue une sorte de portrait idéalisé de l’auteur elle-même, mais affranchie de ses problèmes de poids et de ses origines juives, mais comme elle munie d’un esprit vif et de solides connaissances littéraires. Dès ses premières apparitions, elle est présentée comme « progressiste », et affiche ses convictions féministes en particulier dans  » Mort à Harvard ».

Dans ce roman, Amanda Cross dresse le portrait de la communauté féministe nord’américaine des années 80: l’opposition entre le féminisme « modéré » incarné par Kate Fansler et ses amies et leur ambition à réformer les mœurs et les institutions de l’intérieur, et le féminisme plus radical d’un groupe de femmes homosexuelles qui vivent en communauté et affichent ouvertement le rejet du mâle. Bien que l’auteur ne cache pas sa sympathie pour le premier mouvement, elle guide néanmoins son héroïne vers le second en véhiculant le message que seul un langage commun pourra faire avancer positivement la cause des femmes, que ce soit à Harvard ou ailleurs.

Avec ses personnages féminins généreux, drôles et intelligents et ses « méchants » souvent pitoyables ou même ridicules, Amanda Cross propose une lecture de la société simpliste,  comme idéalisée à la manière des contes de fées, laissant entendre que, finalement, tout peut s’arranger, pas d’un coup de baguette magique, mais presque: l’ indépendance d’esprit et l’amitié, notamment entre femmes, leur permettent de triompher de l’adversité et de s’épanouir dans le travail, les relations humaines, la découverte du monde, et aussi, pourquoi pas, de rencontrer des compagnons capables de les apprécier à leur juste valeur…Cela dit, ses romans proposent une réelle réflexion sur la condition féminine américaine et, d’une manière plus large, sur l’évolution de la société moderne.

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Le succès de ses romans:

Cet optimisme affiché, allié à des intrigues originales et bien construites,  est sans doute à l’origine du succès des romans d’Amanda Cross. En effet, nous voulons toutes et tous croire que la justice triomphera de la méchanceté et de la bêtise, que l’amitié et la solidarité sont des valeurs universelles sur lesquelles tout être humain peut se reposer, que, malgré les déconvenues et les déceptions, la vie n’est ni absurde, ni totalement tragique, et qu’on dispose toujours de la possibilité d’un nouveau départ.

Bibliographie:

  • In The Last Analysis (1964)
    Publié en français sous le titre En dernière analyse, Paris, Rivages/Mystère – Grand Format, 1994 ; réédition, Paris,Rivages/ Mystère no 23, 1997
  • The James Joyce Murder (1967)
    Publié en français sous le titre L’Affaire James Joyce, Paris, Éditions Deux Temps Tierce, 1992 ; réédition, Paris, 10/18, Grands Détectives  no 2340, 1993
  • Poetic Justice (1970)
    Publié en français sous le titre Justice poétique, Paris, Rivages/Mystère – Grand Format, 1994 ; réédition, Paris, Rivages/Mystère no 27, 1997
  • The Theban Mysteries (1972)
    Publié en français sous le titre Le Complexe d’Antigone, Paris, Rivages/Mystère no 39, 1999
  • The Question of Max (1976)
    Publié en français sous le titre À propos de Max, Paris, Payot, coll. Suspense, 2000 ; réédition, Paris, Rivages/Mystère – Grand Format, 2001
  • Death in a Tenured Position (1981)
    Publié en français sous le titre Mort à Harvard, Paris, Éditions Deux Temps Tierce, 1992 ; réédition, Paris, 10/18, Grands Détectives no 2339, 1993
  • Sweet Death, Kind Death (1984)
    Publié en français sous le titre Une mort si douce, Paris, Rivages/Mystère – Grand Format, 1995 ; réédition, Paris, Rivages/Mystère no 30, 1998
  • No Word From Winifred (1986)
    Publié en français sous le titre Sans nouvelles de Winifred, Paris, Éditions Deux Temps Tierce, 1992 ; réédition, Paris, 10/18, Grands Détectives no 2433, 1993
  • A Trap for Fools (1989)
    Publié en français sous le titre Insidieusement vôtre, Paris, Rivages/Mystère no 26, 1997
  • The Players Come Again (1990): non traduit en français.
  • An Imperfect Spy (1995)
    Publié en français sous le titre Sur les pas de Smiley, Paris, Rivages/Mystère – Grand Format, 1996 ; réédition, Paris, Rivages/Mystère no 35, 1999
  • The Puzzled Heart (1998): non traduit en français.
  • Honest Doubt (2000): non traduit en français.
  • The Edge of Doom (2002): non traduit en français.

 

 

 

 

 

 

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