Publié dans le diable de Milan, martin suter, Passion thriller, Suisse

Passion thriller: Le Diable de Milan, Martin Suter.

L’auteur:martin suter

Martin Suter est un écrivain suisse d’expression allemande né le 29 février 1948 à Zurich. Il a longtemps travaillé dans le domaine de la publicité en signant des reportages pour différents magazines, dont Géo, et la télévision. Depuis le début des années 90, il se consacre à l’écriture

de façon permanente. Son succès international et les nombreuses traductions de ses écrits en font actuellement l’auteur suisse le plus lu. Ses romans, à la fois romans noirs, romans psychologiques et romans de mœurs, sont inclassables, ce qui participe sans doute un peu de leur charme faussement désuet…

Le roman:

Le Diable de Milan, paru en 2006 en Suisse sous le titre original Der Teufel von Mailand, a été publié en 2006 par les éditions Christian Bourgeois et traduit par Olivier Mannoni.

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Dans ce roman noir, l’ ancien journaliste suisse Martin Suter peint avec brio un univers confiné et mystérieux, où l’âme des habitants se reflète dans un ciel changeant, lourd de menaces: le style est sobre, les petits paragraphes s’enchaînent, laissant des vides que le lecteur comble au fur et à mesure des informations collectées çà et là, ménageant un suspense subtilement distillé.
L’atmosphère est feutrée, un peu étouffante: extrait de la page 268:
« Soudain, comme si le vent gonflait un rideau de porte, le blanc dans lequel elle regardait fixement se souleva. Au-dessus d’elle s’ouvrit un ciel bleu glace. Au-dessous d’elle, Val Grish semblait plongé pour toujours dans une mer de brume.
On aurait dit qu’elle était passée par une écluse blanche, dans une autre réalité éclairée par un soleil vif et étranger.
Le temps s’était immobilisé. Rien ne bougeait. Le premier mouvement que perçut Sonia fut le vent glacé. Puis elle vit le nuage qui avançait dans son sillage. Il glissa vers elle et dissimula de nouveau le monde dans lequel Sonia, l’espace d’un instant, avait pu porter le regard. »
Autre extrait montrant avec quelle dextérité l’auteur crée cette ambiance mystérieuse si prenante: extrait d’un dialogue de la page 284:
« Parfois, tout me paraît tellement singulier. Ça ne t’arrive jamais? Tu es assis quelque part et brusquement tout se transforme. Les choses les plus familières deviennent soudain étranges et menaçantes. Et puis tu as le sentiment qu’il y a autre chose, une autre présence… »

L’intrigue:hôtel de luxe

Lorsque Sonia, une jeune femme tout juste sortie d’un mariage asphyxiant qui a failli tourner au drame, son ex-mari ayant tenté de la tuer, quitte la ville pour travailler dans un hôtel de luxe niché au cœur de la montagne, elle ne se doute pas un instant de ce qui l’attend. Dans l’atmosphère étouffante de ce village rural de l’Engadine, une vieille légende tisse la trame des événements insolites qui se déroulent. Le diable serait-il aux aguets derrière les talus des chemins qui mènent au vieil hôtel chargé d’histoire, doté d’un espace forme ultra-moderne, au grand dam des villageois?

 

De nombreuses questions intriguent Sonia: Pourquoi Barbara Peters, la nouvelle propriétaire du Gamander, ne semble pas se préoccuper du nombre restreint de clients en pleine saison d’été? Pour quelle raison Reto Bazzell, le collecteur de lait, suit Sonia au volant de son 4×4? Qui est vraiment Manuel, son collègue homosexuel, qui se dit être son ami? Quel lien existe-t-il entre Bob, le pianiste de l’hôtel, et la patronne? Quel rôle joue Malou, sa meilleure amie, la seule personne à connaître sa nouvelle adresse,dans la réapparition de son ex-mari dans le village où elle s’est réfugiée?

engadine
Engadine

Un jour, Sonia découvre un vieux livre de contes dans lequel elle lit la légende du diable de Milan: c’est l’histoire d’une jeune bergère très pauvre; au cours d’un été particulièrement froid, elle invoque tous les anges de lui venir en aide mais face à leur silence, elle finit par invoquer le diable qui, lui, s’empresse aussitôt de faire cesser le vent et le froid. Bien entendu, elle savait qu’un pacte avec le diable avait son prix mais lorsqu’elle lui demanda quel était ce prix, le diable ne répondit pas. Quelques années d’abondance passèrent jusqu’au jour où le malin vint réclamer son dû: l’âme de la jeune fille. « Le prix est trop élevé », répondit Ursina. Mais le diable répondit: « Avant de refuser, écoute les conditions ». Puis, se penchant à son oreille, il murmura:

 » Quand l’automne viendra en été,
Quand la nuit viendra en plein jour,
Quand le feu brûlera dans l’eau,
Quand le jour viendra au douzième coup
Quand l’oiseau deviendra poisson
Quand l’animal deviendra humain
Quand la croix désignera le sud
Alors seulement tu m’appartiendras. »

Sonia ignore dans quel but, mais quelqu’un rejoue ce vieux conte:  » Le ficus perd ses feuilles en été, le portier de nuit se transforme en portier de jour, des bâtons de sécurité brillent au fond de l’eau et la cloche de l’église bat douze coups au lever du soleil. »

Les personnages:

village suisse
Village suisse

Les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, ont tous un rôle à jouer: un peu comme au théâtre, où chaque nouvelle apparition participe à la trame générale, au ballet qui se joue entre les protagonistes de l’histoire, les personnages annexes et les clients de l’hôtel.
Malou, la meilleure amie de Sonia, avec laquelle elle ne communique que par sms; Manuel, son collègue, avec lequel elle se lie d’amitié; Cassut, le veilleur de nuit alcoolique; la vieille logeuse de ce dernier que Sonia soupçonne détenir une des réponses à l’énigme qui l’environne; Barbara, l’énigmatique propriétaire de l’hôtel; Bob, le pianiste québécois, dont elle tombe amoureuse mais dont elle se demande quels sont ses rapports avec sa patronne; le cuisinier du Steinbock, ancien propriétaire du Gamander; le paysan Gian Sprecher, qui passe une partie de son temps à espionner à la jumelle les allées et venues des habitants de l’hôtel et du village.

Chacun d’entre eux constitue une pièce du puzzle.
Et la façon dont Martin Suter déplace ces pièces jusqu’à la reconstitution de l’image globale est tout simplement fascinante!!

Mon avis:

engadine 3
Engadine

« Il me semble que j’ai toujours possédé ce regard un peu ironique sur les choses, peut-être parce que la réalité et l’ennui m’angoissent et que l’humour est une bonne manière de dominer ce type de peurs. » Martin Suter.

Le romancier suisse s’y entend à merveille pour installer un climat d’inquiétude et de mystère sans aucune surenchère d’hémoglobine.Là où il excelle vraiment,c’est dans la peinture de la vallée et dans l’observation de la nature et du climat,parfois idylliques, mais qui peuvent devenir très vite sombres et se déchaîner , sans oublier les pointes d’humour distillées çà et là par notre enchanteur helvétique..

Installez-vous dans un bon fauteuil, au coin d’un bon feu de cheminée et laissez-vous emporter… Je vous recommande chaudement la lecture de ce thriller atypique mais passionnant. lecture coin du feu

 

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2 commentaires sur « Passion thriller: Le Diable de Milan, Martin Suter. »

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