Publié dans Arnaldur Indridasson, Islande, Passion polar nordique

Passion polar: Le roman policier islandais.

Introduction:drapeau

Le roman policier est un « genre que l’Islande littéraire a quelque peu marginalisé » était-il écrit dans le programme du festival « Les Boréales de Normandie, festival d’art et de littérature nordiques », avis relayé par le professeur Steinunn Lebreton-Filippusdottir qui affirmait, en 1997, dans

son avant-propos à Olafur Haukur Simonarson, Le Cadavre dans la Voiture Rouge, que « l’Islande n’avait jusqu’à récemment aucune tradition du roman policier », contrairement aux autres pays nordiques, et cela bien que bon nombre de ses romans prennent pour point de départ un fait dramatique, voire criminel (par exemple avec Halldor Laxness ou Vigdis Grimsdottir).

A une exception près, si on prend en considération le roman publié en 1939 par Olafur de Faxafen ( pseudonyme de l’homme politique de gauche Olafur Fridriksson, 1866-1964) intitulé Tout va bien à Reykjavik et qui connut un certain succès.

Les Sagas : pour la plupart rédigées au XIIIe siècle, elles ont marqué de leur sceau sagasindélébile la littérature islandaise. Avec leurs trahisons, leurs crimes, leurs multiples rebondissements, on peut raisonnablement les considérer comme étant les préludes au genre policier qui fleurira de nombreux siècles plus tard sur cette île perdue au milieu de l’océan colonisée par les Vikings norvégiens au IXe siècle.

Quelques données géographiques:

L’Islande (“Terre de Glace”) est un État insulaire de l’océan Atlantique Nord, situé entre carte islandele Groenland et la Norvège, au nord-ouest des îles Féroé. Elle se trouve sur la dorsale médio-atlantique séparant les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine et compte ainsi de nombreux volcans.

Géographiquement plus proche du continent américain via le Groenland, le pays est rattaché culturellement et historiquement à l’Europe. D’ une superficie de 103 000 km2, sa population compte environ 331 000 habitants, ce qui en fait le pays à la plus faible densité d’Europe. Sa capitale, et plus grande ville, est Reykjavik. La langue nationale, l’islandais, est parlée par la quasi-totalité des habitants et a le statut de langue officielle depuis juin 2011.

Arnaldur Indridason…

indridasonArnaldur Indridasson est né le 28 janvier 1961 à Reykjavik. A l’âge de vingt ans, il entre au journal Morgunbladid pour lequel il travaillera jusqu’en 1982 pour mener une carrière de scénariste indépendant. En 1986, il reprend sa fonction de journaliste en tant que critique de films pour le journal Morgunbladid, l’équivalent d’une grosse parution locale. En 1996, il obtient son diplôme en histoire à l’université d’Islande.

Avec son premier roman intitulé Synir Duftsins (roman non traduit en français), paru en 1997, Arnaldur Indridason, fils de l’écrivain Indridi G. Thorsteinsson, fait figure de pionnier, amorçant, selon Harlan Coben lui-même, le commencement d’une tradition policière islandaise. Choix audacieux car le genre policier n’existe en Islande qu’à l’état embryonnaire; comme l’explique lui-même Indradasson, cet état de fait est dû à deux facteurs: « D’une part, la littérature policière était considérée comme médiocre; d’autre part, il y avait en Islande le sentiment que le pays vivait dans une sorte d’innocence. Nous avions très peu de faits divers, et nul ne pensait que cela pouvait fournir la matière d’une oeuvre. »

En 2002, il reçoit le prix Clé de verre, un prix de littérature policière scandinave. Puis, en 2005, il reçoit le Gold Dagger Award ( prix littéraire britannique) pour son roman La femme en vert. Avec deux millions de livres vendus dans le monde entier et traduits en 26 langues, Arnaldur Indradasson est lé romancier le plus célèbre de sa terre natale

…Et les autres auteurs:

Certes, Arnaldur Indridasson est le plus célèbre romancier islandais de polars, ce qui ne signifie pas qu’il soit le seul. Bien au contraire!

  • Arni Thorarinsson: né le premier août 1950 à Reykjavik, Arni Thorarinsson, après thorarinssonavoir obtenu un diplôme de littérature comparée à l’université d’East Anglia de Norwich, est devenu journaliste pour le compte de différents grands quotidiens islandais. Organisateur du Festival de cinéma de Reykjavik de 1989 à 1991, il participe régulièrement comme jury à différents festivals internationaux de cinéma. A la fin des années 1990, il commence sa carrière d’écrivain en créant la série policière mettant en scène le journaliste Einar. A ce jour, la série compte neuf titres, dont seuls les six derniers sont traduits en français. Thorarinsson a écrit trois autres romans, non encore traduits à ce jour.
  • Olafur Haukur Simonarson: né le 24 août 1947 à Reykjavik, Olafur Simonarson est simonarsonun dramaturge, poète et romancier islandais, auteur de romans policiers mais aussi d’ouvrages pour la jeunesse. Après des études de lettres, de design et de théâtre menées à Copenhague de 1965 à 1970, il réalise, une fois rentré dans son pays, des documentaires sur la vie de ses concitoyens pour la télévision islandaise. Écrivain à plein temps depuis 1974, il a dirigé le Théâtre du Peuple de Reykjavik de 1980 à 1982. Membre d’honneur de l’Union islandaise des dramaturges, il est l’un des auteurs dramatiques les plus populaires de son pays. Auteurs de plusieurs pièces de théâtre et de divers romans, seul, à ce jour, Likid i rauda bilnum, Le cadavre dans la voiture rouge en version française, a été traduit en français.
  • Jon Hallur Stefansson: né en 1959, Stefansson a été animateur radio avant jon stefanssond’entamer sa carrière d’écrivain et de traducteur. Il a notamment traduit en islandais Julio Cortazar ( auteur argentin de romans et de nouvelles) et J.K. Rowling. En 2004, l’une de ses nouvelles, intitulée Enginn engill Loin d’être un ange) remporte le prix de l’Association des auteurs policiers islandais.

 

 

  • Stefan Mani: né le 3 juin 1970, Stefan Mani a passé son enfance à Olavsvik, un stefan manivillage de pêcheurs situé sur la péninsule de Snaefellnes, au nord-ouest de la capitale. Sans formation, il est contraint d’exercer divers petits métiers pour vivre. C’est dans une période de chômage qu’il commence à écrire. En 1996, il publie son premier roman à compte d’auteur. Poursuivant sa carrière d’écrivain en parallèle de différents métiers alimentaires, il obtient en 2007, le prix de la Goutte de sang récompensant le meilleur policier islandais de l’année. Il obtient ce prix à nouveau en 2013. En France, il devient le premier auteur islandais de la Série Noire en 2010 avec la publication de Nois Océan, roman mettant en scène l’équipage d’un cargo en route pour le Surinam dont chaque membre cache un secret. Auteur de treize romans, seuls trois sont publiés en français.
  • Yrsa Sigurdardottir: née le 24 août 1963 à Reykjavik, yrsa Sigurdardottir est une yrsa s.romancière de littérature de jeunesse et de romans policiers islandaise. Titulaire d’une licence en ingénierie civile obtenue à l’université d’Islande ainsi que d’une maîtrise dans le même domaine obtenue en 1997 à l’université Concordia de Montréal, elle exerce en parallèle son métier d’ingénieur civil et sa carrière d’écrivain, amorcée en 1998 par des romans jeunesse. Elle est l’auteur de sept polars dont quatre sont à ce jour traduits en français: Ultimes rituels, Bien mal acquis, Je sais qui tu es et Indésirables.
  • Aevar Orn Josepsson: né le 25 août 1963 à Hafnarfjordur, petite ville située dans aevar josepssonles environs de Reykjavik. Il ayant étudié la politique, le journalisme et la philosophie, il a obtenu un diplôme en littérature anglaise. Journaliste radio, pigiste et traducteur, il est également l’auteur de la série « commissaire Arni » dont seul Svartir englar ( Les anges noirs ) a été traduit en français.

L’Islande moderne:

Pourtant, en vingt années, en ce qui concerne la littérature policière, les choses ont évolué: l’Islande,  » ce pays tout petit et tellement peu peuplé » (Hiver Arctique), occupe une place de choix chez les lecteurs islandais d’abord, et européens ensuite. Comme chez la plupart des auteurs scandinaves, le roman policier islandais ne se contente pas d’élucider une énigme mais se donne pour mission de montrer la société moderne dans ses aspects les plus sombres, « (…) il est terre d’élection de la critique sociale », écrit Steinunn Lebreton-Filippusdottir.

Il faut savoir que l’Islande (330 000 mille habitants pour une surface de 103 125 km2), jeune république depuis 1944, est une société fondée sur une démocratie égalitaire, sans forces armées. De par sa situation géographique, elle a longtemps été préservée des soubresauts qui ont bouleversé l’Europe. Pourtant, au moment de la Deuxième Guerre Mondiale, le vent a tourné:  ayant servi de base militaire aux Américains, l’Islande s’est très vite américanisée, menaçant l’intégrité de sa langue et de sa culture, phénomène contre lequel bon nombre de ses écrivains se sont insurgés, notamment Halldor Laxness, prix international de la paix en 1952 et prix Nobel de littérature en 1955, et, plus récemment, Ari Thorarinsson.

Heureusement, la culture sous toutes ses formes est vivement encouragée en Islande qui est, rappelons-le, un des pays au monde où on lit le plus et qui possède un très grand nombre de bibliothèques.

reykjavik 1

 

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2 commentaires sur « Passion polar: Le roman policier islandais. »

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