Publié dans Passion thriller, thriller psychologique

Passion thriller: Le Tricycle rouge, Vincent Hauuy.

L’auteur:

Vincent Hauuy est né le 23 avril 1975. Après l’obtention d’un bac E (maths-physique) et d’une maîtrise en info-

vincent hauuycommunication, il a travaillé comme programmeur informatique puis comme créateur de jeux video. Depuis l’âge de 16 ans, Vincent Hauuy écrit des nouvelles, des scénarii ainsi que des jeux de rôle.

 

Le roman:hugo thriller

Le tricycle rouge a été publié en mai 2017 par les éditions Hugo et Compagnie dans la collection Hugo Thriller. Le roman a obtenu le Prix Michel Bussi du meilleur thriller français.

Les chapitres sont courts et écrits au présent ce qui confère à l’histoire un rythme soutenu emportant le lecteur dans un tourbillon auquel il ne peut résister.

Le style, précis comme un scalpel, démontre la grande maîtrise de l’auteur, tant dans l’utilisation du vocabulaire que dans l’agencement des phrases dont la construction originale restitue les pensées et réflexions de Noah ou de Sophie, parfaitement intégrées dans le récit, en italique; par exemple, pendant que le médecin légiste énumère à haute voix ses constatations, Noah s’interroge sur les motivations du tueur et ce que cela lui rappelle d’une ancienne affaire.

L’intrigue:

Noah et Steve se rendent au Québec sur la scène d’un crime où les enquêteurs ont trouvé une carte postale avec leurs noms, circonstance qui ramène Noah cinq années plus tôt lors d’une enquête sur un serial killer qui lui laissait des messages. Le meurtrier utilise le même modus operandi; pourtant, le « Démon » est censé être mort le soir de l’accident qui a coûté la vie de la femme de Noah. Alors, que signifie tout ceci? Le Démon s’en serait finalement sorti ou serait-il ressuscité d’entre les morts? Noah, diminué par la maladie et les médicaments depuis le terrible accident qui lui a enlevé sa femme, refuse cependant d’abdiquer et désire ardemment redevenir le brillant profiler qu’il était autrefois. Il se replonge dans ses anciens dossiers…

new york

Sophie Lavallée, journaliste new-yorkaise administratrice d’un blog spécialisé dans les affaires classées et les théories conspirationnistes, enquête sur la disparition du reporter Edgar Trout lorsqu’elle reçoit un mail plutôt intriguant lui demandant de découvrir ce qui est arrivé à Edgar Trout « qui a disparu et dont la maison a été pillée ». Bien entendu, son correspondant doit rester dans l’anonymat et lui recommande vivement de ne prévenir ni la presse, ni la police. Les seuls indices qu’il lui fournit sont une photo et l’information selon laquelle Edgar Trout, au moment de sa disparition, « enquêtait pour le compte d’un certain Giovanni Napolitano », en lien avec l’opération Donnie Brasco ( histoire vraie de l’agent spécial du FBI Joseph Pistone désigné pour infiltrer une famille de la mafia new-yorkaise, la famille Bonanno, qui utilisa le nom de « Donnie Brasco » pour sa couverture ). Sophie, malgré la mise en garde de son ami Blake, décide de reprendre l’enquête.

« Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret? » (4e de couverture).

Aspect politique de l’intrigue: l’enquête menée par Sophie d’une part et la police d’autre part est bien plus complexe qu’il n’y paraissait de prime abord, avec des ramifications dans les milieux de la drogue et de la mafia de New-York. Du coup, l’implication de la CIA devient incontournable: « Au regard des derniers événements, c’est plus qu’évident que la CIA veut étouffer l’affaire. Ils prennent leurs précautions pour qu’un fin limier comme lui ne tombe pas sur des éléments pouvant compromettre leurs agissements. Dieu sait de quels moyens de pression l’agence dispose en haut lieu, même au Canada. » (Page 341).

ciaConspiration, complot…La CIA et son bras long: « Peut-être un petit groupe au sein de la CIA qui bénéficie de l’appui de personnes puissantes et fortunées. Ce groupe a des ramifications dans les organisations des gouvernements canadien et américain. » (Page 343).

 

Les personnages:

  • Noah Wallace: prend des médicaments depuis qu’il a été victime d’un grave accident de voiture dans lequel sa femme est morte, cinq ans plus tôt; marche avec une canne; ancien profiler très brillant; a un don de double vue: « Noah sourit. Il vient de réaliser qu’il possède peut-être un « truc » que l’Autre n’avait pas. Quelque chose qui lui permet de deviner à l’avance le coup de téléphone qu’il reçoit alors qu’il sort du bureau. Il n’a même pas besoin de regarder le nom qui s’est affiché. » (Page 67). Grâce à ses visions, est capable de revivre des scènes issues des crimes sur lesquels il enquête.
  • Madame Hall: psychiatre de Noah.
  • Rachel: amie puis maîtresse de Noah; longue chevelure rousse.
  • Steve Raymond: lieutenant à la Vermont State Police, ancien collègue de Noah; divorcé; moustaches grisonnantes, ongles noirs, doigts jaunis par le tabac; gros visage couperosé, des cernes profonds, se laisse aller alors qu’il était un sportif accompli; très bon quand il s’agit de traquer les failles chez un suspect, doué pour repérer les incohérences et les mensonges; ne supporte pas les scènes de crime ni les précisions macabres du légiste.
  • Inspecteur Bernard Tremblay: visage légèrement jaunâtre, nez aquilin, la cinquantaine, cheveux blancs, imposants sourcils blancs également, yeux bleu-gris; patient et persévérant; « s’est toujours démarqué de ses collègues par cette faculté à tisser des liens, à creuser en profondeur, à déceler les fils invisibles, à dénicher des indices là où personne d’autre n’aurait cherché. » (Page 283).
  • Sophie Lavallée: administratrice de son propre blog dédié aux affaires classées et aux théories conspirationnistes; journaliste diplômée de l’université Columbia; a la manie de tout conserver; impulsive, curieuse, ne recule devant rien pour mener ses recherches.
  • Charlie Travis: petit ami de Sophie; beau, brillant, réfléchi et sensible aux problèmes de la planète; vit et travaille à l’autre bout des USA.
  • Blake: meilleur ami de Sophie; informaticien; gay et noir.
  • Bethany: actrice; amie de Sophie et Blake.
  • Maggie: compagne de Noah décédée dans un accident de voiture.
  • Benedict Owen: ex petit ami de Sophie; assistant du procureur; visage hâlé, regard perçant et autoritaire; élégant.
  • Louis-Philippe: père de Sophie.
  • M. Lafrenière: coroner; visage lunaire et plat, nez droit; analytique et calculateur.
  • Clémence Leduc: nièce de l’inspecteur Tremblay; très maigre, l’air maladif; yeux vert pâle au regard intense.
  • Giovanni Napolitano: obèse, ridé; large nez patatoïde, regard de prédateur; cousin de Sonny Black, mafieux notoire.
  • Stephen Cadwell: la cinquantaine; grand, massif sans être obèse; visage lisse et doux légèrement couperosé, frange de cheveux blond platine, lunettes carrées.

canada

Les lieux:

Les différents lieux évoqués dans le roman sont décrits sommairement, juste ce qu’il faut pour permettre au lecteur de se représenter les décors: « La bâtisse principale, un grand chalet de bois, est visible en contrebas, à quelques mètres seulement de la chaussée. Deux barques sont arrimées aux pontons et quelques kayaks gisent sur le sable mouillé. » (Page 70).

Pourtant, l’auteur se laisse parfois aller à des descriptions moins prosaïques, donnant un éclairage moins cru aux événements , sans toutefois trop s’écarter de l’ambiance glauque de ce thriller: « La lueur du ciel crépusculaire filtrée par les feuilles des érables fait danser des couleurs jaspées rose et or sur ses eaux chromées et un mince filet brumeux glisse sur la surface comme un souffle spectral. » (Page 70)

Mon avis:

Le Tricycle rouge est un bon thriller, bien documenté, notamment en ce qui concerne les données informatiques, restant toujours au plus près de la réalité: « Pour savoir qui se cache derrière l’envoi, il faut qu’il remonte jusqu’au premier nœud du circuit afin d’obtenir l’adresse IP. Sauf que tous les autres nœuds intermédiaires sont encryptés, et il n’aurait pas assez d’une vie pour trouver les clés. Ce n’est pas aussi facile que dans les films où les hackers tapent sur leur clavier des lignes de commandes ineptes et fixent leur attention sur une belle barre de progression inutile. » (Page 112).

Sa construction est solide, faisant alterner les chapitres narrant l’enquête menée par Steve et Noah à ceux dans lesquels Sophie mène ses propres investigations, jusqu’au moment où…Suspense !! Comme l’auteur sait le distiller pour attiser la curiosité du lecteur: « Sophie jubile. Elle est sur quelque chose de gros. Elle le sent…Et elle clique, sans savoir à quel point ce geste va changer sa vie. » (Page 38). Très sympa aussi le petit clin d’œil de l’auteur quand on sait que celui-ci nourrit une véritable passion pour les puzzles: « Chaque puzzle a sa solution, monsieur Raymond. Et les casse-tête, c’est plus qu’un métier, c’est ma passion. » (Page 71).tricycle rouge

Les nombreux rebondissements du roman sont bien intégrés à l’histoire, faisant progresser l’intrigue sans en faire trop; car rien de plus agaçant qu’un roman truffé d’effets spéciaux en surcharge; pour qu’un thriller soit bon, il faut savoir doser les différents ingrédients au plus juste…et ici, c’est le cas !! Tout concourt à offrir au lecteur un passionnant moment de lecture dans lequel on vibre avec les personnages principaux pour lesquels on tremble et auxquels on s’attache. Et on en redemande !!!

Citation:

« Exprime haut et fort tes opinions, fuis les hypocrites et ignore les qu’en-dira-t-on » (Page 28).

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Un commentaire sur « Passion thriller: Le Tricycle rouge, Vincent Hauuy. »

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