Publié dans endoctrinement, Passion thriller, soif de pouvoir

Passion thriller: Aliénor et l’origine de toutes les haines, Aurélien Grall.

L’auteur:

Aurélien Grall, financier et enseignant, se lance dans l’écriture en 2014 avec la publication de son premier roman Aliénor, l’origine de toutes les haines. Le second, trône de cendre, est paru fin 2016, toujours en auto-édition.

Le roman:

Les thèmes développés dans ce thriller sont le goût du pouvoir et de la puissance, l’enrôlement, le conditionnement d’êtres humains au mépris de leur liberté et de leur téléchargement (1)dignité; il parle également de l’instinct de survie, de l’amour qui unit parents et enfants. On comprend comment il est possible d’enrôler de jeunes êtres humains et les conditionner tels des robots. C’est effrayant de réalisme !!

Le style ampoulé et emprunté de l’auteur, la lourdeur des phrases contournées, le vocabulaire recherché au point de devenir pesant, m’ont rebutée et un peu gâché mon plaisir: « Subitement, elle fut réveillée par les tressaillements de l’automobile quittant la route pour sillonner les chemins de campagne. De longues rangées d’arbres plongeaient l’habitacle dans l’ombre avant de disparaître au profit de verdoyantes prairies, dans lesquelles paissaient paisiblement quelques poignées de moutons éparses. » (Page 15)… »Par ce doux climat printanier, la nature reprend ses droits. Les branches, autrefois mortes, se voient revenir à la vie dans une valse de bourgeons, de feuilles nouvelles et de fleurs aux mille couleurs s’ouvrant au soleil, enfin retrouvé. Sous ce majestueux ballet, le château est, tour à tour, plongé dans l’ombre puis, l’instant d’après, reconquiert son immaculée blancheur lorsque la lumière daigne le bercer de ses vivifiants rayons. Enfin, le domaine se libère de son cercueil hivernal pour inaugurer une nouvelle année. » (Page 71).

Pourtant, les personnages des petites filles plus tard devenues jeunes femmes sont intéressants et attachants. Les liens d’amitié indéfectible qui unissent les trois amies Jade, Clarisse et Alexia, les sentiments qu’elles ressentent, comme la peur, le découragement, l’envie de vaincre, mais aussi leur candeur d’enfant, leur envie de ne pas oublier leur famille, en font des personnages complexes auxquels on ne peut que s’attacher. Le lecteur se demande comment de si frêles et jeunes enfants peuvent se dépasser physiquement et intellectuellement. On ne peut que compatir avec elles à leurs douleurs, à leurs angoisses mais aussi à leurs joies simples, par exemple lors du premier repas de Noël face aux somptueuses victuailles dont les tables sont recouvertes.

L’intrigue:

Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l’arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l’Académie Aliénor d’Aquitaine. Idem pour Jade et Clarisse, sélectionnées pour leurs aptitudes exceptionnelles, malgré leur très jeune âge.
Le pensionnat d’élite est censé leur promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la vie médiocre qui les attend.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et les petites prennent très vite conscience que les motivations de leur instructrice, la belle et énigmatique Katerina Haendel, ne sont pas aussi altruistes et dénuées de scrupule qu’elle veut bien le laisser entendre.

Mon avis:

Selon la présentation de l’auteur, Aliénor, l’origine de toutes les haines, thriller mêlant espionnage et politique, comporte de nombreuses scènes d’action mais aussi des scènes plus intimistes, conférant au roman un rythme où prédominent suspense et l’envie de comprendre comment fonctionne la psychologie humaine, comment de jeunes enfants peuvent être arrachés à leurs familles et transformés en machines à tuer. La première partie, qui raconte l’endoctrinement et la formation des jeunes filles, est un peu trop longue et répétitive, provoquant parfois l’ennui du lecteur.

La conception de l’Académie Aliénor telle que l’auteur la décrit est intéressante: tout est prévu, tout est organisé à la perfection, rien n’est laissé au hasard. Aucune échappatoire possible. A mon sens, Aliénor, l’origine de toutes les haines possède tous les ingrédients qui auraient pu en faire un très bon thriller. Le style et la mise en oeuvre de l’intrigue sont certainement perfectibles. S’agissant d’un premier roman,  Aliénor, l’origine de toutes les haines montre une certaine originalité susceptible d’attiser l’intérêt des amateurs de thrillers.

Citation:

« Alors, se tenant droit et le menton haut, malgré ses joues rayées de larmes, elle avança vers la porte de la voiture qui lui était ouverte au bout de l’allée. Elle releva sa jolie robe bleue que sa mère avait achetée pour l’occasion, renoua ses longs cheveux châtains et grimpa avec difficulté dans la berline paraissant si haute à ses yeux d’enfant. Le véhicule démarra et la petite, debout sur la banquette arrière, essuya son petit nez en trompette malmené par son chagrin, puis observa une dernière fois sa maison devant laquelle ses parents se serraient mutuellement dans leurs bras, comme pour ne pas chuter dans l’abîme du désespoir. À mesure que la route défilait, le ciel s’éclaircissait, tel un signe du destin lui promettant des jours meilleurs… » (Page 12).

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