Publié dans Dossiers police scientifique, médecine légale, Non classé

Dossier n° 13: Science médico-légale en 4 questions.

La science médico-légale constitue un vaste domaine microscope-30064_640qui regroupe les diverses sciences utilisées à des fins légales: ses praticiens viennent de différents horizons. Faisons plus ample connaissance avec ces spécialistes qui officient dans les coulisses…

 

1- Petit tour d’horizon:

  • Thanatologie médico-légale: cette spécialité concerne les autopsies effectuées par les médecins légistes sur des cadavres non décomposés. Le but de cet examen post-portem, interne et externe, est de définir les causes de la mort. Si le meurtre paraît évident, le médecin légiste se rend sur les lieux du crime afin d’observer la position de la victime. Le légiste peut également examiner des victimes vivantes, notamment en cas de viol ou d’agression, pour déterminer les causes et la nature des blessures.
  • Anthropologie médico-légale: ici il s’agit de l’examen post-mortem effectué sur des ossements humains, généralement pour identifier le défunt et, si besoin, établir les causes et la date de sa mort. Cet examen permet souvent de définir l’âge, le sexe, la taille et la race de la victime, ainsi que la nature de ses blessures ou d’éventuelles maladies.
  • Odontologie médico-légale: examen qui consiste à examiner les dents, substance la plus dure et la plus durable de l’organisme humain. Lorsque un cadavre est en état de décomposition avancée, le moyen de l’identifier est d’établir un lien entre les dents et des dossiers dentaires. Ces experts sont parfois amenés à comparer la dentition d’un suspect avec des morsures sur le corps ou sur des aliments retrouvés sur les lieux du crime.
  • Toxicologie médico-légale: il s’agit de l’étude des poisons et des drogues employés dans un but criminel. Les spécialistes procèdent à des tests sur des personnes suspectes afin de savoir si des substances les ont poussées à commettre des actes violents ou à conduire dangereusement.
  • Sérologie médico-légale: cette spécialité consiste à examiner le sang et les fluides corporels comme la salive ou le sperme. Parmi ces examens, figurent la détermination du groupe sanguin et l’analyse de l’empreinte digitale.
  • Entomologie médico-légale: il s’agit d’étudier les insectes qui colonisent un cadavre: connaître leur cycle de développement ainsi que l’ordre de succession des espèces peut permettre de définir la date de la mort.

2- Le pathologiste judiciaire: le spécialiste le plus important.

Nous nous trouvons sur une scène de crime; le pathologiste, après avoir examiné les lieux et les éventuels indices probants, donne son opinion sur les causes et les circonstances de la mort. Pour procéder à cette enquête préliminaire, le pathologiste dispose d’une mallette dans laquelle figurent un pinceau pour empreintes digitales, de la poudre d’aluminium, du ruban adhésif repositionnable, une loupe, des écouvillons ainsi que de petites flacons à échantillons. Il porte des vêtements de protection.

De retour au laboratoire de police scientifique, le pathologiste oeuvre dans une salle où il dispose de microscopes électroniques, de tubes à essai, d’appareils d’analyse plus ou mins complexes. Une grande partie du travail effectué en labo se fait avec l’assistance des collègues spécialistes énumérés ci-dessus.

Mais c’est dans la salle d’autopsie que le pathologiste passe la plus grande partie de son temps de travail, entouré de ses assistants avec ses instruments tels que scalpels, pinces à os, leviers crâniens, scie à main et couteaux à cerveau…Dans le but de réunir des preuves sur une mort inexpliquée. Une fois l’autopsie achevée, le pathologiste rédige un rapport étayé de photos et de documents divers qu’il transmettra ensuite à l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête.

Petite anecdote: si je vous affirme que Sherlock Holmes a vraiment existé, vous allez me répondre que je suis restée un peu trop longtemps au soleil…Et pourtant, c’est vrai !! Lorsque Arthur Conan Doyle était étudiant en médecine à l’université d’Édimbourg, en 1877, il fut fort impressionné par l’un de ses professeurs, le docteur Joseph Bell, pionnier de la médecine légale. Doyle, devenu son assistant, pu ainsi acquérir le sens aigu du détail qui caractérisait son maître. En effet, le Dr Bell aimait observer la démarche et l’accent de personnes étrangères afin d’identifier leur pays d’origine et leur profession. Plus tard, quand Conan Doyle créa son célèbre personnage de détective, j’ai nommé Sherlock Holmes, il s’inspira de son ancien maître qui aurait eu pour habitude de s’exclamer: « C’était élémentaire » après avoir établi un diagnostique.

3- L’artiste judiciaire: 

Malgré la technologie moderne, l’artiste judiciaire reste indispensable pour l’établissement de portraits-robots. Au lendemain de l’attentat à la bombe perpétré en 1995 contre le bâtiment fédéral d’Oklahoma City qui fit 168 morts, l’artiste judiciaire du FBI Raymond Rozycki s’entretint pendant plusieurs heures avec un témoin qui avait aperçu l’homme ayant loué la camionnette ayant servi à transporter la bombe. Il lui montra le catalogue de visages » du FBI, des photos de visages classées en fonction de leur forme mais aussi de caractéristiques tels que les yeux, les sourcils, les joues, le menton, les oreilles et les cheveux. Chacune des 25 catégories comprend 16 photos différentes. Une fois les différentes parties sélectionnées et combinées, Rozycki utilisa d’autres détails fournis par le témoin afin d’affiner son dessin. Grâce au portrait ainsi dessiné, le terroriste Timothy McVeigh fut identifié et appréhendé.

Les artistes judiciaires peuvent également travailler à partir d’éléments fournis par des caméras de vidéosurveillance dont ils clarifient et simplifient les images. C’est ainsi qu’après l’attentat à la voiture suicide commis le 2 mars 2006 près du Consulat des Etats-Unis au Pakistan, un artiste judiciaire réalisa un portrait précis.

L’artiste judiciaire peut également apporter son aide pour retrouver des personnes disparues depuis plusieurs années grâce à la technique du vieillissement. Ce spécialiste se sert de photos et d’une connaissance de la croissance osseuse afin de créer une image de la personne vieillie. Pour estimer au plus juste l’évolution physique d’une personne, il peut faire appel à la fratrie: si la personne disparue a un frère ou une soeur, l’artiste utilise une photo de cette personne qu’il fusionne avec une ancienne photo de la personne disparue. Un programme informatique déduira alors comment le visage de la personne aurait pu mûrir.

4- L’arsenal de l’anti-crime: plusieurs kilos de matériel seront nécessaires pour passer au peigne fin une scène de crime.

  • Télémètre laser: précis et rapide, il permet de mesurer les dimensions d’une pièce, mesures indispensables pour dresser un plan de la scène de crime, à la main ou sur ordinateur.
  • Détecteur de métaux: la « poêle à frire »permet de localiser des objets métalliques, ferreux ou non ferreux, enfouis dans le sol.
  • Kit de balistique: de fines baguettes qui se vissent les unes aux autres et sur lesquelles se fixe, en cas de besoin, un pointeur laser, très utile pour reconstituer la trajectoire dune balle.
  • Crimescope: il s’agit d’un puissant projecteur avec sa batterie, capable de produire des lumières très « pures »(monofréquence) de couleur variable. On utilise sa lumière blanche rasante afin de chercher des fibres ou des cheveux; sa lumière bleue perpendiculairement au sol pour trouver des traces d’ADN (sang, sperme, salive…).
  • Crimelite et batteries rechargeables: c’est la version portative du crimescope. Ses inconvénients est que la couleur de son faisceau lumineux n’est pas variable et que son autonomie est plus faible.
  • Balises numérotées: elle permettent de repérer les indices trouvés sur le lieu du crime; en général, elles sont placées dans l’ordre des découvertes.
  • Kit pour empreintes digitales: pinceaux, poudres, rouleau encreur, loupe, ciseaux, scotch pour fixer les empreintes.
  • Matériel pour creuser: pelles, tamis, brosses, truelles, etc…
  • Tenue de protection: celle-ci est nécessaire moins pour protéger le technicien que pour préserver la scène de crime qui risque d’être « souillée » par les cheveux, poils de manteau, boue colportés à son insu par le technicien. Elle se compose d’une combinaison à capuche, d’un masque pour la bouche, de lunettes et de gants portés en deux exemplaires, sans oublier les surbottes. Chaque tenue est à usage unique.
  • Appareil photo: cet élément est très important; le technicien de scène de crime est avant tout un bon photographe. En effet, ses photos seront les principaux témoignages visuels pour tous ceux qui interviendront après le nettoyage de la scène de crime, par exemple le juge d’instruction, les jurés.
  • Blue star: un produit miraculeux qui, une fois pulvérisé sur la scène de crime, permet de révéler les traces de sang effacées par le meurtrier.
  • Enveloppes: pour conserver les indices de petite taille.
  • Boîtes: pour héberger les éventuelles larves d’insectes recueillies sur le cadavre.
  • Scalpel: lame très précise qui permet de découper des objets détenteurs de traces intéressantes (par exemple un tapis).
  • Pinces: à usage unique afin d’éviter toute contamination, elles sont utiles pour saisir de menus objets.

 

 

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