Publié dans enquête criminelle, Paris, Passion polar historique

Passion polar historique: L’affaire des corps sans tête, Jean-Christophe Portes.

L’auteur:

Jean-Christophe Portes est un journaliste, réalisateur et écrivain français né à Rueil-Malmaison le 21 mars 1966. Il a fait ses études à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Il

travaille pour les principales chaînes de télévision françaises pour lesquelles il a réalisé plus d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire.

Le roman:

L’affaires des corps sans tête, premier opus de la série mettant en scène Victor Dauterive, jean christophe portesjeune gendarme pendant la Révolution, paraît en octobre 2015. Il a été finaliste pour le prix du Premier roman Lions Club 2015. Jean-Christophe a réalisé un réel travail de documentation en consultant un grand nombre d’ouvrages d’historiens ainsi que de romanciers qui se sont intéressés à l’épisode de Varennes, notamment les mémoires du marquis de Bouillé, La comtesse de Charny d’Alexandre Dumas et Varennes, la mort de la royauté de Mona Ozouf.alexandre dumas

Cette première enquête de Victor Dauterive débute en février 1791, en plein hiver, à un moment clé de la Révolution. Le livre, très bien documenté, restitue l’atmosphère de la Révolution à la perfection, donnant au lecteur peu connaisseur de cette période confuse ( ce qui est mon cas, je l’avoue) de précieux indices sur les costumes, la topographie parisienne, mais surtout le climat qui régnait entre les différentes factions et au sein de la population, permettant ainsi de comprendre les enjeux politiques intimement liés à l’intrigue policière proprement dite.

La Révolution, contexte historique: quand le déroulement du récit montre le royaume tout entier porté par un vent nouveau: « Que de bouleversements depuis la prise de la Bastille! Sous l’impulsion de l’Assemblée nationale, le vieux royaume avait presque prise bastilletotalement changé. Oubliés les anciens privilèges (…) Tandis que les sujets s’élevaient au rang de citoyens, le clergé perdait l’essentiel de son pouvoir. Ses biens, immenses, étaient saisis, et la plupart des ordres, interdits. On ne verrait plus jamais ces petits marquis arrogants se faire abbés pour s’enrichir sur le dos du peuple. » (Page 34)… »Parmi les multiples réformes votées par les députés de la Constituante, la plus symbolique -et la plus urgente- concernait sans nul doute la justice. Depuis longtemps, les Français la jugeaient lente, injuste et cruelle, se plaignant de la multitude de juridictions et de la corruption qui y régnait. Pour faire table rase du passé, on avait institué des juges de paix, magistrats de proximité élus, qui appliquaient la même loi pour tous, gratuitement. » (Page 72).

Mais quand les grandes espérances sombrent de Charybde en Scylla, ce que le roman illustre parfaitement : « Depuis deux ans, on ne parlait que de liberté et d’égalité, mais le peuple, c’était toujours la canaille, la populace. On s’en méfiait, on lui refusait le droit de vote ou celui de porter les armes. Alors, Marat n’avait-il pas raison? N’y avait-il pas là une terrible faille, un poison mortel pour la Révolution? (Page 154)… »La grande Révolution serévolution 2 montrait sous un jour inquiétant. Combien étaient-ils, comme Charpier ou Bourdon, à masquer leurs véritables intentions? Combien servaient leurs propres intérêts, plutôt que de servir les idées nouvelles? » (Page 81)… « Bientôt, un autre monde, celui des riches, se montrerait pour hanter les théâtres et les lieux de plaisir. La Révolution n’y avait rien changé: la capitale restait une ville de besogneux et d’indigents, sous les yeux desquels s’étalait comme autrefois la richesse la plus insolente. » (Page 30).

Brossant un tableau mitigé : « Il n’avait jamais beaucoup aimé cette ville, malodorante, trop grande et peuplée par trop d’étrangers à son goût. Depuis maintenant deux ans qu’on y faisait la Révolution, il l’aimait moins encore, craignant toujours d’y prendre un mauvais coup. Il se méfiait de ces messieurs qui voulaient les places des aristocrates. Ils paris 1790.jpgportaient des armes et des uniformes, ils se pavanaient dans les rues en se faisant appeler patriotes ou gardes nationaux. Lui-même n’était pas assez riche pour se mêler à cela. D’ailleurs, il ne comptait pour rien, ne payant pas d’impôts et n’étant donc pas citoyen actif. (…)Et puis d’ailleurs, rien n’avait vraiment changé. Il ne gagnait pas plus, ne mangeait pas mieux. » (Page 16).

L’intrigue:

Février 1791. La découverte de trois corps nus, sans tête, repêchés dans la Seine, suscite un certain émoi, d’autant que la brigade chargée de l’affaire est incapable de les identifier. Mais Victor Dauterive, sous-lieutenant à la toute nouvelle Gendarmerie

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Marquis de La Fayette

nationale, a d’autres chats à fouetter: La Fayette lui a confié la mission d’arrêter Marat, dont les articles enflammés publiés dans L’ami du peuple risquent de compromettre la

Et qu’en est-il de cette affaire de corps sans tête? S’agit-il de meurtres crapuleux, dans le seul but de détrousser les malheureux?Le brigadier Picot n’en est pas convaincu. Et, peu à peu, à la lumière des maigres éléments qu’il parvient à réunir, les doutes s’installent dans son esprit: ceux qui se cachaient derrière ces meurtres brutaux « agissaient avec méthode, froidement, utilisant des moyens extrêmes pour que l’on ne sache pas qui ils avaient tué. Pour quelles raisons? N’y avait-il pas derrière tout cela quelque autre affaire plus vaste, une affaire complexe en effet dont il ne voyait qu’un infime rouage? Un lien direct existerait-il avec les rumeurs de complot contre la révolution qui courent la capitale? Des rumeurs selon lesquelles la famille royale trahirait son peuple en fuyant le royaume pour rejoindre les contre-révolutionnaires à l’étranger? Victor Dauterive se retrouve bien malgré lui acteur d’un complot qui pourrait faire basculer le cours de l’Histoire…

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Famille royale
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Louis XVI

Les personnages:

Les personnages historiques: 

La difficulté, dans ce type d’ouvrage, est de mettre en scène des personnages célèbres dont la biographie est très bien connue, car les nombreux documents, qu’ils soient contemporains aux événements relatés ou postérieurs, n’autorisent aucune marge d’erreur. Difficulté habilement surmontée par l’auteur qui a réalisé un véritable travail de documentation.

  • Antoine Talon: chef de la police secrète de Lafayette, lieutenant civil au Châtelet sous l’Ancien Régime; la trentaine, yeux bleus, « ses traits dégageaient l’irrésistible charme d’une statue grecque, un mélange viril où la bouche gourmande se mariait à un menton fort et volontaire. » (Page 17).
  • Gilbert Motier Marquis de La Fayette: commandant général de la Garde nationale; grand, solide, yeux clairs; qualifié de « héros des deux mondes ».
  • Marat: ancien médecin, journaliste rédacteur de L’ami du peuple.
  • Danton: physique impressionnant, cou de taureau, force de la nature au visage repoussant et à la voix tonitruante; ancien avocat qui s’était fait élire président de
    danton
    Danton

    la section du Théâtre français; membre du Directoire du département de Paris et officier de la Garde nationale.

  • Fragonard: vieillard d’environ 65 ans, teint jaune et traits fatigués contrastant avec l’ assurance moqueuse du regard et son sourire aimable; vêtu d’un mauvais manteau de laine, d’une grosse écharpe et d’un petit tricorne; s’exprime avec l’accent chantant du sud de la France.
  • Robespierre: député d’Arras, silhouette assez frêle,
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    Robespierre

    d’apparence agréable et très bien vêtu, portant une perruque soigneusement poudrée; grand front respirant l’intelligence, nez fin, œil attentif, traits larges et réguliers.

  • Maximilien Radix de Sainte-Foix: 1736-1810; financier célèbre, Super-intendant des finances du comte d’Artois, puis chef du cabinet secret des Tuileries à l’époque où Louis XVI y était retenu; oncle de Talon.
  • Santerre: riche brasseur au faubourg Saint-Antoine, propriétaire d’une riche fabrique employant une vingtaine d’ouvriers; homme assez grand, bien bâti, yeux globuleux qui ressemblait étrangement au roi; toujours souriant, rigoureux mais très aimé de ses ouvriers.
  • Hébert: une trentaine d’années, assez chétif, mise modeste, presque pauvre; visage délicat, yeux mobiles; rédacteur du journal Le Père Duchesne, organe des ultra-révolutionnaires.

Les trois personnages suivants, brièvement évoqués, ont participé de près à la « Conspiration de la fuite de la famille royale ».

  • Tschoudy: soldat suisse.
  • Fersen: né en 1755 à Stockholm et mort en 1810 à Stockholm également; comte suédois favori de la reine Marie-Antoinette; l’un des principaux organisateurs de la fuite à Varennes.
  • Marquis de Bouillé: né en 1739 au château de Cluzel en Auvergne et mort en 1800 à Londres; gouverneur générale des colonies françaises, il prit part à la guerre d’Indépendance aux Etats-Unis; rentré en France, il fut gouverneur des Trois-Évêchés, puis, en 1790, général en chef de l’armée de Meuse, Sarre et Moselle; chargé par la famille royale d’organiser la fuite de Varennes.

Personnages fictifs:mode.jpg

  • Victor Dauterive: 19 ans, sous-lieutenant à la toute nouvelle Gendarmerie nationale; « mince mais solide, de bonne taille, démarche souple. Ses traits étaient agréables, son visage était lisse, presque poupin, et sa bouche, triste et élégante. Il se dégageait de lui un mélange de naïveté et de rudesse » (Page 25); porte une perruque poudrée à un seul rouleau, un uniforme bleu passepoilé de rouge, un chapeau bicorne à plumet. Enthousiasmé par la Révolution grâce à laquelle il a échappé à son père qui ne lui témoignait que rebuffades et humiliations, et gagné sa liberté; passe ses dimanches à l’hôtel de Noailles, chez le marquis de Lafayette qui le considère comme un fils; habile et discret.
  • Besnier: maire de Puteaux.
  • Brigadier Picot: sert à la brigade de Nanterre dont il est un bas-officiers; la soixantaine, petit,les gestes lents, le buste massif et des yeux vifs; porte une grosse moustache.sans culottes
  • Père François: boulanger chez qui Victor loge; un homme vieilli par l’ouvrage, regard souriant, teint pâle.
  • Sa femme: une blonde opulente au regard tendre.
  • Bouvreuil: chirurgien-barbier à Nanterre, ami du brigadier Picot; petit, mince, silhouette d’adolescent malingre aux cheveux gris et longs; été comme hiver, habillé d’un long frac (vêtement en drap noir, sorte de redingote) au col râpé.
  • Veuve Pinsonnet: habite dans le même immeuble que Victor auquel elle fait du charme; visage ingrat.
  • Duperrier: âgé de 70 ans, assez grand, voûté, visage parcheminé et sourcils imposants; toujours élégant; ancien greffier chargé de trier les archives du Châtelet que l’on vient de fermer; ami de Bouvreuil qu’il connaît depuis très longtemps, comme lui aime la bonne chère.
  • Bourdon Stanislas: appartient au bataillon des Vainqueurs de la Bastille; jeune homme de haute taille à l’allure agressive, porte une boucle d’oreille en or; appartient à la Garde nationale; très insolent.
  • Lesage: boucher; visage massif, rond comme un tonneau; homme simple, assez frustre, qui aime manger, rire et profiter de toutes les bonnes choses de la vie; ami avec Bourdon; comme lui appartient au bataillon des Vainqueurs de la Bastille.
  • Maurice Duplay: patron menuisier, membre de la section de la place Louis-Le-Grand; marié, près de cinq enfants; originaire d’Auvergne, ouvrier ébéniste qui avait monté sa propre affaire devenue florissante.
  • Commissaire Charpier: cinquantaine d’années, pas très grand, visage pâle et mince marqué de deux grands plis aux joues, sourcils épais.
  • Peretat: juge de paix à Nanterre; de petite taille, joues rondes, air pincé, droit comme un petit coq; très imbu de sa fonction; était notaire sous l’Ancien Régime.
  • Ferdinand Jaillard: sieur de Brouville, ancien procureur de la maréchaussée du bailliage seigneurial de Sens; solide, vif, plutôt petit, visage carré aux proportions agréables, regard noir, agressif; un des plus fidèle partisan de la contre-Révolution.
  • Marquis de Saulon: père de Victor.
  • Joseph-Frédéric Vassel: véritable colosse d’âge mûr aux manières très aimables malgré sa taille, cheveux bouclés, yeux malins, visage sanguin; débonnaire, solide et rusé; ancien sergent à la maréchaussée de Tonnerre, aujourd’hui brigadier dans la nouvelle gendarmerie; ami de Victor qu’il a autrefois sauvé des griffes de Jaillard.
  • Boulay de L’Héritier: secrétaire de Talon; âgé de 19 ans; de petite taille; ganté, botté, l’épée au côté, toujours sanglé dans un uniforme d’apparence militaire entièrement noir.mode 1.jpg
  • Agnès de La Chesnaye: 45 ans; taille élancée, visage un peu fané, yeux vert émeraude.
  • Vicomte de Saint-Prix: frère de madame de La Chesnaye; plus âgé que sa sœur; massif, teint rosé, plis profonds au coin des paupières et entre les sourcils; richement vêtu.

Les lieux:

Dans un roman policier, les lieux revêtent une certaine importance, ne serait-ce que pour situer le décor de l’action et permettre au lecteur de posséder toutes les données afin de tenter une reconstitution des faits et résoudre lui-même l’énigme. Affirmation encore plus vraie lorsqu’il s’agit de polar historique. Ici, les lieux sont reconstitués avec minutie sans pour autant surcharger le récit.

Grâce à l’excellent travail documentaire accompli par l’auteur, le Paris de la Révolution devient aussi vivant que l’actuel: « Il longea la Seine par le quai de Gesvres et dépassa le Pont-au-Change, qui était pourtant le chemin le plus court vers son logement. Il préférait passer par le Pont-Neuf, le seul à lui offrir dans la ville une vue dont il ne se lassait pas (…) il laissa son regard errer sur les nombreux bateaux marchands qui attendaient là. Plus loin à gauche, il apercevait le Louvre et les Tuileries, avec en face le port de la Grenouillère, éternellement en travaux. Au-delà, aux limites de la ville, il devinait le Champ-de-Mars, le dôme des Invalides, puis la plaine de Grenelle. » (Page 30)…

église st nicolas des champs
église Notre-Dame des Champs

Les quartiers populaires: « Les Quatre hommes longèrent l’église Saint-Nicolas-des-Champs, puis l’enceinte de l’abbaye voisine. Sur les indications du sous-lieutenant, ils tournèrent dans la rue du Vert-Bois avant de s’enfoncer dans le dédale de rues pauvres et serrées qui composaient la section de Gravilliers (actuellement le quartier des Arts et Métiers), l’une des plus peuplées de Paris, presque plus agitée que les faubourgs. » (Page 149)…

D’autres plus animés: « Depuis bientôt dix ans, l’ancien palais des ducs d’Orléans avait été transformé en un gigantesque lieu de plaisirs, une ville dans la ville, où la police était

palais royal
Palais-Royal

proscrite. On trouvait dans cette capitale de Paris plus de quatre-vingts boutiques de toutes sortes, des restaurants, des librairies, mais aussi des établissements de jeux ou de plaisirs, une fête permanente, où venaient se perdre les visiteurs de tous âges, origines et conditions. Oisifs et étrangers y étaient fort nombreux, mais moins que les prostituées, les voleurs et les joueurs ». (Page 93).

Et moins plaisant: « L’imposante forteresse d’aspect médiéval se dressait au cœur du quartier Saint-Jacques, celui des bouchers, des tripiers et des écorcheurs. Dauterive contourna le bâtiment par la rue de la Saunerie, découvrant une façade sombre et haute hérissée de tourelles(…)Une épaisse porte cloutée s’ouvrit silencieusement sur le côté pour les laisser entrer. A l’intérieur, tout lui parut sombre et vieux. Aux murs, les grosses pierres suintaient l’humidité et la tristesse (…)A l’étage, quelques fenestrons délivraient un jour chiche sur les dalles inégales. » (Pages 44-45).

Le logement de Victor: « Il retrouva avec plaisir le minuscule appartement de deux pièces qu’il louait au troisième étage d’un immeuble boiteux, face au clocher de l’église (…)une chambre presque entièrement occupée par un lit de coin, une salle à manger où il ne recevait jamais, un atelier de dessin, et, sur un meuble, les précieux livres de ses maîtres: Plutarque, Voltaire, mais surtout Mably et le grand Jean-Jacques. » (Pages 33-34).

Mon avis:révolution 3.jpg

L’affaires des corps sans tête, ambitieux roman policier historique, a l’immense mérite d’offrir une remarquable reconstitution du Paris de la Révolution: les lieux, les costumes, l’ambiance, les tensions politiques et sociales, les rivalités entre différentes factions…Tout y est. D’autant plus ambitieux que l’auteur a ingénieusement imbriqué son intrigue policière fictive à une intrigue historique de plus grande envergure, sans aucune fausse note.

De nombreuses scènes d’action et rebondissements viennent agrémenter le déroulement de l’histoire, telle la scène, à l’intense tension dramatique, où Victor se retrouve aux prises avec la populace: « Il reçut une violente bourrade à la nuque et riposta au hasard, ne rencontrant que des bras et des poitrines. Les coups se mirent à pleuvoir, irréguliers, parfois douloureux. On parlait de le lanterner, de l’égorger. Certains voulaient l’amener à l’Hôtel de Ville, auprès de ce traître de Mottié. Dauterive tenta de s’expliquer mais on ne l’entendait plus. Sa perruque avait sauté pour de bon, son bel habit gris était déchiré dans le dos. »(Pages 68-69). Avec toutefois un petit bémol: à mon sens, un peu trop de rebondissements pas toujours crédibles, notamment lorsque Victor tombe à plusieurs reprises dans un guet-apens et s’en sort à la dernière minute miraculeusement de la même façon, sans trop de dommages.

Le petit +: les nombreuses notes de bas de page apportant des précisions bienvenues concernant les personnages historiques, les lieux et les événements; ainsi que la note finale de l’auteur démêlant le fictif du vrai, et éclairant la lanterne du lecteur peu familier de cette époque historique bien trouble.

Un très bon moment de lecture à passer en compagnie du jeune et sympathique sous-lieutenant de Gendarmerie Victor Hauterive. Vous apprécierez sans doute ses scènes d’action bien huilées, ses personnages louches, ses lieux sordides, mais aussi la reconstitution des semaines qui ont précédé la fuite à Varennes de la famille royale, événement majeur qui fit basculer la Révolution du côté obscur.

Citation:révolution 1

« Jamais les émeutes de la faim n’avaient été si nombreuses, si brusques et si violentes. Bien pire, finalement, que celles qui avaient frappé le pays, une dizaine d’années plus tôt. » (Page 32).

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