Publié dans Passion thriller, whodunit

Passion thriller: Le neuvième naufragé, Philip Le Roy.

Huit naufragés sur un îlot perdu au milieu de l’océan et battu par les flots. Pourquoi leur voilier a-t-il pris feu? Qui est vraiment le neuvième naufragé? Laissez-vous séduire par ce thriller psychologique palpitant…

L’auteur:

Philip Le Roy est né à Toulouse en 1962. Diplômé d’une Ecole supérieure de commerce parisienne, ancien publicitaire, globe-trotter, bassiste rock, adepte des arts martiaux entre autres, Philip Le Roy est un homme autodidacte aux multiples casquettes, ainsi philip le royqu’aux multiples passions notamment la musique, le cinéma, les arts martiaux et, bien sûr, la littérature. Il commence à véritablement écrire en 1996. Ses deux premiers romans s’intitulent « Pour adultes seulement » et « Couverture dangereuse », suivis d’une dizaine de romans.

Le roman:

Le neuvième naufragé a été publié par les éditions du Rocher en 2018. Il s’agit d’un thriller psychologique construit comme un whodunit, une sorte de roman à énigme. Le style plus sobre, plus concis atteste une maturité de l’écriture. Les nombreux dialogues rendent le récit très vivant, les chapitres courts lui donnent un rythme soutenu. Pas de prologue. On se trouve d’emblée plongés dans l’action. On ne s’ennuie à aucun moment, mais ça c’est la signature « Le Roy ».

La construction originale et intelligente propose une alternance de scènes avant le naufrage dans lesquelles les rescapés évoquent les événements survenus au fur et à mesure qu’ils sont interrogés, chacun donnant sa version des faits, selon ce qu’il a vu ou entendu, et de scènes du présent relatant l’enquête elle-même.

L’intrigue:

Un voilier en flamme est repéré en pleine mer, au large de Gibraltar. Les huit rescapés se sont réfugiés sur un îlot perdu dans l’océan. Quatre garçons et cinq filles de nationalités différentes, qui se sont connus sur Facebook, dans un groupe au sein duquel ilsvoilier en feu partageaient leur passion pour les voyages et la voile, ont loué un voilier afin d’entreprendre une croisière. Pour une raison inconnue, le voyage idyllique a viré au cauchemar.

Alors qu’ils attendent les secours, la tempête gronde, menaçant d’engloutir l’îlot sur lequel ils ont trouvé un refuge bien précaire. Eva Velasquez, profileuse mandatée par Interpol, a pour mission de déterminer les circonstances du naufrage: accident? Meurtre? Contrebande? Eva va devoir reconstituer les faits en interrogeant les rescapés et mener une enquête dans des conditions climatiques et psychologiques complexes.

Les personnages:

  • Eva Velasquez: enseignante en psychologie avant de travailler pour Interpol comme criminologue; yeux de couleur saphir/émeraude, voix légèrement grave, peau d’albâtre, taches de rousseur, grand magnétisme; d’origine irlandaise; phobie de la mer depuis l’accident survenu à son mari.
  • Dorian Panzer-Vaugel: fils d’un haut diplomate français en poste à Madrid; très bon marin; photographe français; brun, cheveux longs, athlétique, la trentaine, sûr de lui; profil du séducteur.
  • Paco Duarte: baraqué, crâne rasé, tatoué; policier brésilien, célibataire; père brésilien, mère d’origine belge; aptitudes physiques supérieures, se déplace comme un félin, pratique la copoeira et la self-défense; très efficace dans son travail, mais trop gentil.
  • James Connelly: Irlandais; homosexuel misanthrope; esprit brillant, raffiné, diplômé en droit, cultive une allure de poète dandy et maudit; écrivain frustré; peau blanche, maigreur maladive.
  • Damien Loubier: juge au TGI de Pontoise; bel homme à l’allure militaire; passionné de sport et d’aventures; grand, bien bâti, mâchoire carrée,  cheveux en brosse coupés ras; caractère arrogant, irascible, inflexible et autoritaire.
  • Tayma Sharif: franco-algérienne, conseillère d’insertion et de probation à Lille, militante pour les droits de la femme musulmane.
  • Diane Lavoie: québécoise, blonde au physique de miss America, actrice reconvertie comme traductrice dans un cabinet d’avocats à Montréal.
  • Hanke Braun: avocate allemande spécialisée dans la défense de l’environnement pour lequel elle milite dans des manifestations écologistes; silhouette athlétique mais féminine; tête bien faite, corps sain.
  • Sandra Coscarelli: inspectrice au centre des impôts de Rome; tatouage du symbole féministe sur sa nuque; longs cheveux noirs ondulés, grand nez volontaire, bouche charnue.
  • Eloïse Bailly: hôtesse d’accueil belge au parlement européen de Bruxelles;
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    Parlement européen

    passionnée de salsa et de biguine; vit seule depuis son divorce; ego surdimensionné, sens de l’initiative; femme aguichante mais difficile à supporter.

  • Gabriel Cortes: caporal de la garde civile espagnole.
  • Capitaine Castaneda: collègue de Cortes; silhouette replète.
  • Capitaine Draiss: de la marine royale du Maroc, chargé de la lutte contre la contrebande.
  • Jean-Charles Panzel-Vaugel: père de Dorian.

Les lieux:

L’essentiel de l’intrigue se déroule sur une île éphémère, perdue au milieu de l’océan, sunset-3186292_640« créée par un volcan sous-marin  dont le sommet est situé à quelques mètres seulement de la surface. A chaque éruption, elle émerge avant d’être recouverte peu à peu par les eaux. » (Pages 24-25), conditions idéales pour un thriller psychologique, dont le milieu clos, rendu hostile par les éléments déchaînés, et « le décor lunaire » contribuent à intensifier la tension dramatique.

Ambiance de fin du monde, petit clin d’œil cinématographique rappelant les films d’horreur américains qui nous ont fait frémir dans les années passées: « L’orage grondait. Les vagues se brisaient contre les récifs et volaient en éclats salins se mêlant en trombes déversées du ciel. L’île ressemblait à un caillou jeté dans un tourbillon. » (Page 243) =>Avouons que l’impact du récit ne serait pas le même s’il se déroulait par une chaude journée d’été sous un ciel bleu, un soleil radieux, sur une île bordée de sable fin et de cocotiers altiers…

Mon avis:beach-634511_640

J’avoue que Le Neuvième naufragé m’a agréablement surprise, non que je n’ai pas apprécié les précédents romans de Philip Le Roy, bien au contraire !! J’ai simplement eu le sentiment qu’avec ce thriller psychologique, à l’érudition discrète, l’auteur développe un style plus mature, plus concis, délivrant une intrigue plus ramassée, des personnages et des lieux moins nombreux, avec pour résultat un thriller plus intimiste, revêtant les apparences d’un whodunit : les suspects se retrouvent coincés dans un endroit clos, dont l’abordage est rendu difficile par des conditions météo exécrables, interrogés chacun leur tour par une criminologue, concession qui modernise le concept.

J’ai beaucoup apprécié l’intrigue intelligemment conçue comme un jeu de Cluedo: chacun des suspects avait le mobile et l’opportunité du crime; toutes les possibilités sont envisagées une à une, égarant le lecteur dans des voies sans issue, avec la surprise et la révélation finales, of course !!

L’innovation réside dans le personnage de l’enquêtrice, criminologue mandatée par Interpol, dont l’autorité prévaut sur celle des polices locales, habituée à évaluer psychologiquement de dangereux psychopathes. Évoluant dans cet univers de violence et de crimes abjects, elle adopte une méthode personnelle: préférant « surprendre, déstabiliser, poser beaucoup de questions anodines dont les réponses étaient souvent lourdes de sens pour elle. » Elle sait parfaitement que « les psychopathes ne craquent jamais devant les hurlements, les menaces, les coups. Car la violence leur est familière. » (Page 13).

Grâce à une documentation précise, à des procédures d’enquête réalistes, à des thèmes faisant référence à des préoccupations de notre temps, notamment l’utilisation et l’impact des réseaux sociaux, les conditions de vie des réfugiés et le combat des femmes musulmanes, Philip Le Roy, capable de se renouveler comme les plus grandes plumes,  nous offre ici un moment de lecture captivant et enthousiasmant.

Citations:

« Ce résultat spectaculaire montrait que lorsqu’un individu normal est sommé d’agir dans le cadre légal d’un système, il en devient un rouage efficient. Ce cadre légitime le déculpabilise lorsqu’il commet des actes cruels. » (Page 179).tempête

« Plus je creuse cette affaire, plus elle se révèle confuse.  -C’est la raison pour laquelle les flics privilégient toujours la version la plus simple. » (Page 202).

« Savez-vous qu’on mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter? » (Page 284).

« On croit aimer l’autre parce qu’il comble des besoins physiologiques ou émotionnels, parce qu’il est un moyen d’atteindre sa propre satisfaction. (…) La vérité est que l’on aime ceux à qui l’on donne. » (Page 324).

« Le monde est un endroit dangereux, non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et ne font rien » (Citation d’Albert Einstein, page 190).

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