Publié dans manipulations génétiques, Passion thriller, trafic d'organes

Passion thriller: Le brasier, Vincent Hauuy.

Un an après Le Tricycle Rouge, Noah Wallace se retrouve plongé au cœur d’une enquête aux ramifications complexes et périlleuses. De rebondissements en révélations, Le Brasier vous entraîne dans une intrigue classée Top Secret…

L’auteur:

Vincent Hauuy est né le 23 avril 1975. Après l’obtention d’un bac E (maths-physique) et vincent hauuyd’une maîtrise en info-communication, il a travaillé comme programmeur informatique puis comme créateur de jeux video. Depuis l’âge de 16 ans, Vincent Hauuy écrit des nouvelles, des scénarii ainsi que des jeux de rôle.

Le roman:

Le Brasier a été publié en 2018 par les éditions Hugo et Compagnie, dans la collection Hugo-Thriller. Second roman de l’auteur, il fait suite au roman Le tricycle Rouge, paru en 2017 chez le même éditeur, auquel il fait parfois allusion.hugo thriller.png

Le style fluide s’écoule comme un ruisseau de montagne, dans un langage courant qui se lit très bien, permettant au lecteur de se concentrer sur le récit, qui aborde parfois des sujets complexes, demandant un minimum d’attention. L’histoire se déroule à un rythme plus lent, comprenant moins de scènes d’action et plus de passages narratifs. Cela dit, Vincent Hauuy ne se départit pas de son sens de la description qui peut parfois revêtir des oripeaux moins prosaïques à des moments où on ne les attend pas: « Karl quitte la salle de bain et prend la direction du dressing, puis il traverse la chambre sans s’arrêter devant la baie vitrée offrant une vue imprenable sur les cimes blanches qui percent le voile nuageux et les déchirent en fines écharpes cotonneuses. » (Page 88).

Les thèmes abordés: comment transformer un enfant en psychopathe, véritable

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Génétique

machine à tuer; mais aussi le scandale du trafic d’organes, le clonage humain, le transhumanisme et les manipulations génétiques. Subtilement, sans porter de jugement déclaré, l’auteur montre du doigt certaines pratiques scandaleuses par des êtres sans scrupules, dans le seul but de s’enrichir et d’exercer puissance et pouvoir. A nous lecteurs de relayer ou pas, de réagir et de creuser.

L’intrigue:

Le général Lavallée, père de Sophie, la jeune journaliste au coeur de l’intrigue de Le Tricycle rouge, a été enlevée, torturée et exécutée. Son père, le général Lavallée, engage Noah Wallace pour retrouver ses tortionnaires et la venger. Mais l’ancien profiler est convaincu qu’elle n’est pas morte mais retenue contre son gré et en danger. Son kidnapping a-t-il un rapport avec l’enquête qu’elle menait sur le trafic d’organes?

Les visons d’un enfant sans visage et d’un immense bûcher qui assaillent Noah depuis une semaine ont-elles un lien avec cette affaire? Son passé est-il lié à la disparition de la journaliste? Au fur et à mesure des recherches de Noah, les questions sans réponse s’accumulent: pourquoi Becky, l’ amie et voisine de Sophie, a-t-elle été sauvagement assassinée dans son appartement? Savait-elle quelque chose qui compromettait la sécurité des ravisseurs?man-142491_640

Et quel est le rôle joué par Pavel Bukowski, un ancien agent du FBI, dans cette affaire de plus en plus nébuleuse? Pour obtenir des réponses et retrouver la jeune femme avant qu’il ne soit trop tard, Noah doit absolument le dépister. Une course contre la montre s’engage alors au péril de sa vie…

Les personnages:

  • Noah Wallace: prend des médicaments depuis qu’il a été victime d’un grave accident de voiture dans lequel sa femme est morte, cinq ans plus tôt; marche avec
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    Double vue

    une canne; ancien profiler très brillant; a un don de double vue qui lui permet de s’imprégner de l’atmosphère d’anciennes scènes de crime ou de lieux témoins d’événements tragiques: « Mais Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétrer leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. » (Page 273). Don qui lui permet également de sentir le danger ou de percevoir les vibrations négatives émises par une personne malveillante.

  • Karl Engelberg: fils de Hansel Engelberg, propriétaire des laboratoires Genetech; directeur de recherche dans l’entreprise de son père; très élégant, attache beaucoup d’importance à sa tenue vestimentaire, « une extension naturelle de sa quête de perfection »; aime la musique classique, plus particulièrement Richard Wagner.
  • Sophie Lavallée: journaliste, administratrice d’un blog consacré à ses recherches sur d’anciennes enquêtes jamais résolues et aux théories conspirationnistes; journaliste diplômée de l’université Columbia; a la manie de tout conserver; impulsive, curieuse, ne recule devant rien pour mener ses recherches.
  • Général Louis-Philippe Lavallée: père de Sophie; grand, la mâchoire carrée, regard autoritaire et stature altière d’un homme puissant et sûr de lui; coupe de cheveux militaire; traits durs.
  • Clémence Leduc: silhouette aussi menue qu’une enfant; espiègle, arrogante, très intelligente; travaille pour le CSIS, les services secrets canadiens; 26 ans.
  • Raphaël Lavoie: ancien instructeur et supérieur de Clémence an CSIS; 1m90; yeux gris surmontés d’énormes sourcils noirs broussailleux.
  • Dylan: partenaire de Clémence; hacker; silhouette dégingandée; râleur mais plus malin qu’il n’en a l’air; yeux globuleux; nombreux tics nerveux.
  • Beverly: partenaire amie de Clémence; ex-championne de MMA; silhouette piriforme qui a perdu son allure athlétique; air de guerrière, crâne rasé, regard noir, imposants bras tatoués de motifs tribaux; d’origine congolaise; très grande.
  • Damien: fils du jardinier du père de Karl qui l’a adopté quand ses parents sont morts; plus âgé que lui de deux ans; yeux verts, cheveux châtains.
  • Pavel Bukowski: ancien agent du FBI reconverti en détective privé; a un lien avec Bernard Tremblay, oncle de Clémence, mort dans Le tricycle rouge; silhouette enveloppée, visage rondouillard et rieur.
  • Hansel Engelberg: père de Karl; propriétaire du laboratoire de recherche Genetech; yeux bleus d’une étonnante intensité vu ses 70 ans; visage à peine marqué, cheveux blancs, lèvres minces, sourire carnassier.
  • Abraham Eisik: 72 ans, veuf; ancien agent du Mossad.
  • Andrew Clayton: chercheur en génétique et biologie moléculaire pour le compte de Genetech.

En conclusion:midsummer-3355235_640

Il n’est jamais bon ni très intéressant d’établir des comparaisons entre les différentes productions d’un même auteur. Aussi ne ferais-je pas injure au roman Le Brasier en le confrontant au Tricycle Rouge, bien qu’il en constitue une sorte de suite. Ici, le rythme est ralenti par les passages narratifs relatant les nombreux méandres de cette affaire complexe dont les ramifications remontent loin dans le passé, incluant une dimension psychologique essentielle.

La tension dramatique, très présente à certains moments clés du récit, est entretenue par les visions de Noah: « Noah patiente en silence, sans pouvoir se décider à entrer. Il sent la température baisser de quelques degrés et ses poils se hérissent sur ses avant-bras. Cette sensation si familière, cette couche de ténèbres froides qui l’enveloppe, cette impression d’être traversé par un spectre; il sait ce qui les attend derrière la porte entrouverte. » … »Noah se tétanise d’effroi. L’image de la jeune femme vient frapper sur sa rétine dans un flash. Il la voit, la bouche ouverte, les yeux affolés qui cherchent désespérément à comprendre, et ses traits grimaçant de douleur qui finissent par se figer. » =>Mettant, il faut bien le dire, le lecteur, se demandant si ces visions sont réelles ou pas, sur des charbons ardents.

Le -: j’ai regretté que les passages en langue étrangère, notamment l’allemand, ne soient pas traduits. J’ai également noté une petite tendance de l’auteur à « exagérer » l’endurance physique de ses personnages; en effet, comment est-il possible de manger une barre de céréales avec une « mâchoire disloquée » (ce sont les mots de l’auteur)?

Le +: une intrigue intelligente et cohérente, basée sur une documentation solide; pas de fausses notes malgré quelques longueurs, notamment quand Karl raconte son passé. J’apprécie particulièrement la façon dont certains blancs du passé récent sont comblés dans le présent grâce aux dons de double vue de Noah.

Citations:

« La normalité, tous comme la notion de bien et de mal, est avant tout une question de perspective (…)Pour un djihadiste, le mal est incarné par l’Occidental lambda et tout ce qu’il représente. Pourtant, ce dernier n’a pas l’impression d’être nuisible. » (Page 12).

« J’ai été aveugle et sourd. Je me suis trompé sur toute la ligne, je n’ai rien compris à la vie, la vraie, pas celle qui se passe derrière le voile, pas celle où je m’épanouissais au détriment de mes proches. Et je me dis que j’en paie le prix. » (Page 31).

« (…)je pense que la guerre, et particulièrement la Seconde Guerre mondiale, continue de faire des victimes. Sans même parler des groupuscules néo-nazis, mais simplement de notre relation à la haine. Jamais dans l’histoire un homme, un dictateur n’avait soufflé si fort sur le brasier de la haine au point d’incendier le monde et de soulever des peuples entiers. Et quand la guerre a pris fin, pensez-vous que ce grand foyer s’est éteint pour autant? Non, il y a des gens (…) qui ont continué à l’entretenir pour que jamais il ne meure. » (Page 120).

« Connaître l’envers du décor, avoir une vision lucide des mécanismes qui font tourner le monde, cela marque un homme à vie. Il n’y a pas d’échappatoire à l’horreur quand on l’a côtoyée d’aussi près que lui: les coups politiques, les manipulations, les trahisons. Plus de quarante ans de mensonges, de désinformations, médiatiques, d’assassinats, de massacres d’innocents, de jeux de chaises musicales orchestrés pour les chefs de guerre que l’on place comme dictateurs pour mieux les destituer et les désigner comme rebelles ou terroristes. » (Page 140).

 

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2 commentaires sur « Passion thriller: Le brasier, Vincent Hauuy. »

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