Publié dans éditions Pascal Galodé, Passion polar français

Passion polar français: Hortensias blues, Hugo Buan.

Hortensia bleu. Fleur bretonne par excellence. Pas si inoffensive qu’il y paraît, comme le commissaire Workan l’apprendra à ses dépens…

L’auteur:

hugo buan.jpgHugo Buan est né le 8 septembre 1947 à Saint-Malo où il a travaillé et vécu une grande partie de sa vie. Après une carrière de dessinateur dans le Génie Civil, spécialisé dans le béton armé,  il entame une nouvelle aventure en publiant son premier roman policier en 2008. A raison d’un livre par an, le 10e opus des aventures du commissaire Workan est sorti le 4 mai dernier. Amateur d’art, il a ouvert une galerie à Saint-Malo.

Le roman:

Hortensias Blues a été publié en 2008 par les éditions Pascal Galodé, puis en 2016 par les éditions Palémon en format poche. Style fluide, ton un peu léger, caustique parfois, éditions pascal galodé.jpggouailleur souvent, telle est la marque de Hugo Buan. Les descriptions, bien intégrées dans le récit, adoptent une langue imagée, assorties de jeux de mots, de traits d’esprit bienvenus pour détendre l’atmosphère: « Il avait la bouche ouverte, comme s’il cherchait de l’air, il s’assit en reculant sur le premier siège venu, en l’occurrence un immense pot de fleur où trônait un caoutchouc qui frisait les deux mètres cinquante. Le végétal fut d’ailleurs très étonné de voir son maître lui rendre une si proche visite. » (Page 63).

L’intrigue:

Pas de préambule. On rentre tout de suite dans l’action: Henri Marotan, dentiste, est retrouvé mort dans son cabinet, le crâne défoncé, une fleur d’hortensias plantée dans son postérieur dénudé. Le commissaire Workan s’interroge aussitôt sur la signification de l’hortensia dans le langage des fleurs: « Vos caprices me peinent ». Un rapport avec le meurtre?

Comme par hasard, aucun des médecins de l’immeuble n’a vu ou entendu quoi que ce soit. Plus de questions que de réponses: une affaire de femme bafouée, le dentiste ayant la réputation d’un séducteur impénitent? La vengeance d’un mari trompé? Un collègue évincé pour le rachat des parts?

Vingt-quatre heures plus tard, Chabrier, ORL et ami de Marotan est retrouvé mort avec la même mise en scène. Vengeance suite à une erreur de diagnostic? Un tueur en série? Aucune piste, aucun indice. Une affaire des plus complexes qui met au défi le commissaire Workan et son équipe. Ce dernier va-t-il se montrer à la hauteur de sa réputation et démasquer ce tueur qui se joue de lui impudemment?hydrangea-419061_640

Les personnages:

  • Lucien Workan: commissaire au SRPJ de Rennes; muté de Toulouse cinq ans plus tôt; séparé, une fille; cheveux longs et noirs parsemés de blanc partant dans tous les sens, nez cassé, visage couturé de cicatrices, bouche bien dessinée, yeux marron rehaussés de sourcils noirs accentuant son regard ténébreux; carrure de rugbyman, allure dégingandée; réputation d’emmerdeur mais beaucoup de charme; d’origine polonaise; très bon flic au flair très intuitif.
  • Frédéric Lerouyer: capitaine, collaborateur de Workan; chevelure rousse.
  • Leila Mahir: lieutenant de l’équipe de Workan depuis un an; caractère bien trempé un rien insolente; grande, le teint basané, cheveux mi-longs noirs et lisses, yeux marron foncé; d’origine berbère; intelligente, cultivée, sachant manier l’humour; en pince pour le commissaire.
  • Capitaine Pascal Frémont: collaborateur de Workan; n’aime pas enquêter sur le terrain; physique peu avenant, visage hautain, cheveux brun coiffés avec un raie sur le côté; corpulent, taille moyenne; pas très apprécié par ses collègues; responsable syndical efficace.
  • Laurent Roberto: jeune lieutenant de l’équipe de Workan; originaire de Charleville-Mézières; petits problèmes d’élocution.
  • Commissaire divisionnaire Prigent: rondouillard, chauve, lunettes en écaille; sympathique et jovial mais sachant faire preuve de fermeté; à deux ans de la retraite.

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    Rennes: place des Lices
  • Sylviane Guérin: procureur de la République; 45 ans; cheveux auburn coupés au carré; visage aux traits réguliers et bien dessinés, quelques rides discrètes; divorcée.
  • Sylvain Chabrier: ORL dans la même maison médicale que Marotan; ami et partenaire de golf du dentiste assassiné; grand et mince, brun, menton volontaire; voix grave.
  • Marc Leguénidec: proctologue exerçant dans la même maison médicale que Marotan; petit, chauve et rondouillard.
  • Claire Mareski: assistante du dentiste assassiné; silhouette élancée, élégante, la quarantaine; cheveux châtains coiffés en queue de cheval, lèvres minces, lunettes, visage quelconque.
  • Mademoiselle Bruneau: secrétaire de Marotan depuis cinq ans; blonde, élancée, visage angélique.
  • Michel Avril: psychiatre exerçant dans la même maison médicale que Marotan; taille moyenne, mince, blond, teint hâlé; réservé, voix atone.
  • Roseline Chabrier: épouse de l’ORL décédé; cheveux courts et blonds, yeux pers; la quarantaine; silhouette aux rondeurs bien placées.

Les lieux:

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Les quais de la Vilaine à Rennes

L’essentiel de l’intrigue se déroule dans la capitale bretonne Rennes dont on perçoit différents aspects au cours des déplacements de l’équipe d’enquêteurs, un peu comme de fugitives lueurs: la rue de la Monnaie, la place des Lices, dans le vieux Rennes, mais aussi les quais de la Vilaine où se situent les scènes de crime.

Les descriptions sont sobres, sans détails inutiles, juste de quoi imaginer le décor ambiant: « L’immeuble avait sept étages et chaque étage avait la même conception architecturale. Chaque palier comportait deux portes en bois massifs. Les plaques en cuivre indiquaient la spécialité et le nom du médecin (…)Dans l’entrée à droite se trouvait la salle d’attente; en face devant le visiteur, l’accueil; à gauche, une porte qui devait ouvrir sur le cabinet dentaire. » (Page 13).

En conclusion:

Un premier roman en demi-teinte, à mi-chemin entre le polar et la farce, comportant de réelles qualités, parfois faussées par quelques scènes improbables, des dialogues peu vraisemblables, notamment entre Workan et le lieutenant Mahir.

Cela dit, les nombreux dialogues, savoureux, à l’humour parfois déjanté, impriment à l’intrigue un certain rythme, malheureusement parfois ralenti par certains passages un peu trop longs. Mais le rebondissement final est un coup de maître…Et quel plaisir de suivre une enquête policière fictive dans des lieux que l’on connaît très bien!!

Citations:flowers-hydrangeas-blue-2689028_640

« Le commissaire en avait marre…personne ne lui en voulait à Marotan…il était beau Marotan…il était gentil Marotan…il avait fait cocu la moitié de la ville de Rennes…mais tout était bien…il avait pourtant reçu un club de golf dans la gueule, Marotan.

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4 commentaires sur « Passion polar français: Hortensias blues, Hugo Buan. »

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