Publié dans Passion thriller

Passion thriller: L’affaire Creutzwald, Thierry Berlanda.

Une ancienne journaliste toxico accepte de reprendre, à titre officieux, une affaire classée sans suite cinq ans plus tôt, faute d’éléments exploitables. Sera-t-elle à la hauteur de son engagement?

L’auteur:

Thierry Berlanda est né à Paris où il vit toujours, entouré de sa famille, de ses amis et de Thierry Berlandases livres. Son appartement se situe tout en haut d’un immeuble d’où il voit la Tour Eiffel, la tour Montparnasse et le Sacré-Cœur. Depuis de nombreuses années, il écrit en moyenne un roman par an dont il ne fait publier que les meilleurs. Il est ainsi l’auteur de Tempête sur Nogalès, L’insigne du Boiteux, La fureur du Prince, La nuit du sacre, L’orme aux loups.

Le roman:

L’affaire Creutzwald a été publié en 2018 par les éditions De Borée. Le style est un peu ampoulé, surfait, avec des énoncés parfois approximatifs, des phrases déroutantes, à la construction incertaine. Cela dit, Thierry Berlanda possède indéniablement le sens de la formule, comme dans le passage suivant: « Céline ne s’éloignait jamais à plus de deux mètres de son PC, vénérable doyen de la gamme Toshiba. Et les fois où son psychisme fluctuant passait en mode gros remous, elle s’y agrippait comme à sa planche de natation une écolière lâchée dans le grand bain. » (Page 10), ou dans ce passage: « Orbain change en clin d’œil son visage dur en bouille d’ange, mais un ange dont personne ne serait pressé d’entrer dans le paradis. » (Page 99).téléchargement (1)

Les chapitres, assez longs, sont répartis selon deux axes chronologiques: 2019, l’enquête menée par Céline avec l’aide officieuse du brigadier Deletraz; 2014: longs flash-backs relatant les événements survenus à Creutzwald racontés par écrit par une personne inconnue. Le découpage ainsi opéré est suffisamment clair pour permettre au lecteur de ne pas se perdre dans les méandres de l’histoire.

L’intrigue:

2019. Céline est contactée pour enquêter sur une affaire classée vieille de cinq ans, intitulée « l’affaire Creutzwald », qui n’a jamais été résolue: des questions essentielles sont restées sans réponse. A elle de reprendre les investigations laissées en suspens. Son seul point de départ est le récit anonyme de l’enquête menée cinq ans plus tôt retrouvé dans les locaux du commissariat.

2014. Sous les yeux d’Alice, Antoine Marchal disparaît instantanément, comme aspiré par une lumière blanche fulgurante. Quelques heures plus tard, il est retrouvé mort sur son lit. Alors? Alice a-t-elle eu une hallucination? Ou l’explication est-elle plus complexe?

mystère
Mystère

Le même jour, un autre incident intriguant se produit: la disparition inexplicable du conducteur d’une ambulance avant, pendant ou après que son véhicule ait versé dans le fossé, nul ne peut le dire. Mais que s’est-il passé quelques années auparavant, en 2005? Quel mystérieux secret fait encore trembler certains habitants?

2019. Céline, désireuse de se racheter et de réintégrer son ancien poste à l’Express, aide le brigadier Aurélie Deletraz à comprendre les événements de 2014. Les deux femmes en arrivent à la conclusion que le tueur responsable des anciens meurtres court toujours. Mais qui? Et pourquoi?

Les personnages:

  • Céline Dumouriez: journaliste; sort tout juste de cure de désintoxication; 40 ans, cheveux noirs.
  • Vincent Seghettini: rédacteur en chef de Céline.
  • Aurélie Deletraz: brigadier au commissariat de Saint-Avold; mariée, un fils; d’origine savoyarde; silhouette ronde; courageuse, rebondit toujours.
  • Lieutenant Crusen Sébastien: chef d’Aurélie; la quarantaine, blond platine.
  • Julien Valbaume: élève officier stagiaire, travaille avec Aurélie.
  • Antoine Marchal: ancien mineur, vit à Creutzwald; 74 ans, veuf; allure chétive, voix de basse.
  • Alice Ehrenfeld: ex-fiancée d’Emmanuel, fils d’Antoine; épouse de Kellian; visage ovale, grands yeux dorés, cheveux bruns.
  • Emmanuel: fils d’Antoine, père de Maxime, le fils d’Alice, mort accidentellement 10 ans plus tôt; longs cheveux blonds bouclés.
  • Nicolas Kopp: médecin, âgé de 60 ans.
  • Pierre Orbain: près d’Alice qu’elle n’a pas vu depuis 10 ans; épaisse crinière malgré son âge aux épis indomptables; patron d’une entreprise de plasturgie fournissant les constructeurs d’automobiles allemands; incarnation même de la puissance.
  • Maître Humbert: notaire; célibataire; passionné par la golf et les jolies femmes; précis, efficace et rapide.

Les lieux:

lorraine
Lorraine

Les lieux de cette histoire sont à peine esquissés, seulement vus par les yeux des personnages qui n’y attachent qu’une importance toute relative. Peu de descriptions précises car seuls les événements comptent. On sait que l’action se déroule en Lorraine, dans la région de Sarreguemines, pas loin de la frontière allemande, dans la ville de Saint-Avold et ses environs.

En conclusion:

L’humour…L’humour permet de faire passer toutes les pilules plus facilement, comme les apartés de Céline soulagent la pression allant toujours crescendo dans ce roman sombre: « Construire une chapelle au milieu de ce barnum, Très Saint Père, je ne sais pas si c’est une bonne idée! Oui, je sais bien qu’il faut que l’Eglise sorte un peu de ses palais, mais

humour
Humour décapant

là…même en repeignant les poubelles aux couleurs du Vatican, vous ferez plutôt marrer les corbeaux! » (Page 177). J’aime la dérision avec laquelle la jeune femme contemple le champ de ruines qu’est devenue sa vie.

Le +: les dialogues bien menés font réellement progresser l’intrigue, notamment les conversations entre Aurélie et Céline dans la seconde partie du roman.

Une intrigue bien ficelée, alternant rebondissements et fausses pistes, ponctuée d’émotion et d’humour, de tristesse, de rage et de révolte à des moments-clés. Je gage que cette plongée dans l’univers de Thierry Berlanda vous ravira et vous fera frissonner.

Citations:

« Mais tout ce temps, Pierre, toi-même tu ne t’appartenais pas. Tu étais le jouet du monstre tapi en toi. » (Page 145).

« La vérité n’est pas une lubie, ce n’est même pas une passion, mais un démon: quand il s’est assis sur vos épaules, les jambes bien serrées autour de votre cou, il bourdonne sans cesse à votre oreille et ne relâche son emprise que lorsque son appétit est rassasié. » (Page 189).thriller

« Le pire, vous savez, ce n’est pas d’être obsédée par un visage, mais petit à petit d’en perdre la mémoire. Les détails s’effacent… » (Page 235).

 

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