Publié dans Cap Cod, disparition d'enfants, magie noire, New-York, Passion thriller, premier roman, suspense

Passion thriller: La maison du guet, Mary Higgins Clark.

Depuis des années, j’entendais régulièrement parler de Mary Higgins Clark, auteur américaine de romans policiers et de romans à suspense, sans avoir lu aucune de ses histoires. Lacune comblée.

L’auteur:

téléchargementMary Higgins Clark est une romancière américaine de romans policiers et de romans à sus pense née le 24 décembre 1927 à New-York dans une famille modeste d’immigrés irlandais. Elle a écrit à ce jour 48 romans, quatre recueils de nouvelles, deux romans pour la jeunesse et un volume de mémoires. Elle est diplômée en philosophie de l’Université privée catholique Fordham, à New-York. Elle a co-écrit certains de ses romans avec sa fille Carol Higgins Clark.

Le roman:

La maison du guet, Where are the children en version originale, paru en 1975 aux USA, est son premier roman à suspense. Auparavant, elle écrivait des scripts pour la radio ainsi qu’une biographie romancée de George Washington destinée à la jeunesse, ouvrage quifilm n’obtint aucun succès. La maison du guet a été adapté au cinéma en 1986 par le réalisateur Bruce Malmuth avec l’actrice Jill Clayburgh dans le rôle principal.

Le style est fluide et agréable à lire, employant souvent le discours indirect afin de restituer les pensées des personnages, et décrivant les scènes avec beaucoup de minutie, donnant l’impression au lecteur de faire partie intégrante de l’histoire, créant une atmosphère banale dont on se doute qu’elle ne va pas durer: « Nancy descendit l’escalier en tenant en équilibre instable dans ses bras une pile de serviettes de toilette, de draps, de pyjamas et de sous-vêtements. » (Page 32).

La construction du roman: un prologue écrit du point de vue d’un narrateur anonyme, locataire de la maison du guet. Dans les autres chapitres, le passé est tissé dans le présent par les souvenirs de Nancy: « Les doigts serrés autour de sa tasse, elle avait dégusté son café et longuement regardé le paysage, sentant la chaleur du breuvage pénétrer son corps, les rayons du soleil réchauffer son visage (…) Nancy soupira, soudain consciente d’être restée sans bouger sur la première marche de l’escalier. C’était si facile de se perdre dans les souvenirs. » (Page 19), comme une répétition des mêmes événements: « Peut-être avait-il toujours été trop tard? Peter et Lisa, Michael et Missy. Ils avaient tous les quatre disparu…Il était trop tard pour eux tous. Non. Non. Non. Michael et Missy. Ils étaient là il y a quelques instants à peine. Ils jouaient. » (Page 43). Egalement lorsque Jonathan consulte le dossier de l’ancienne affaire, insérant les éléments du procès dans le récit.

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Cap Cod

L’intrigue:

Jonathan Knowles écrit un livre étudiant dix affaires criminelles susceptibles de soulever une controverse. Il travaille actuellement sur l’affaire Harmon, le meurtre de deux jeunes enfants par leur propre mère, affaire qui, à l’époque, avait soulevé ‘indignation du public.

Un article de journal ravive une ancienne affaire criminelle. Les enfants de Nancy disparaissent. Aussitôt, les soupçons de la police se portent sur la jeune femme. Que s’est-il réellement passé ce matin-là? Nancy était-elle également coupable sept ans plus tôt: « Nancy est incapable de faire du mal aux enfants. Quoi qu’il soit arrivé, ce n’est pas ça. -Dans son état normal, elle ne leur ferait effectivement pas de mal, mais j’ai vu des femmes perdre complètement la tête, et c »est là toute l’histoire. » (Page 52). Le doute est savamment distillé dans l’esprit de la jeune femme et du lecteur.

« Commissaire, durant ces six dernières années, n’y a-t-il pas eu plusieurs morts inexpliquées de jeunes enfants au Cape et dans les régions avoisinantes? -Si. -Commissaire, depuis combien de temps Nancy Harmon Eldridge vit-elle au Cape? -Six ans, je crois.  » (Page 60).

Les personnages:cape-cod-988235__340

Des personnages bien campés, parfaitement intégrés dans l’histoire.

  • Narrateur: locataire de la maison du guet; obèse, cheveux très courts grisonnants.
  • Raynor Eldredge: agent immobilier, mari de Nancy; âgé de 34 ans, paraît mûr pour son âge: beaucoup de sang-froid, de prestance, une distinction naturelle; ancien commandant pendant la guerre du Vietnam; très grand, bel homme.
  • Nancy: épouse de Raynor; 32 ans, très jolie femme; cheveux teints en brun foncé, tirés en arrière, traits délicats, dents blanches bien alignées, yeux bleu foncé, cils et sourcils noirs et fournis, regard grave, nez finement ciselé; air incroyablement jeune. L’état d’esprit de cette jeune femme fragile laisse entrevoir au lecteur les blessures d’un passé douloureux qu’elle tente vainement d’oublier: « Ray avait raison, songea Nancy en revenant lentement jusqu’à la table. Il était temps de rompre avec les rites du passé, temps de mettre fin aux souvenirs, de regarder vers l’avenir. Elle savait qu’une partie d’elle-même était encore figée, que son iconscient avait jeté un rideau protecteur sur les images douloureuses d’autrefois. »
  • Jonathan Knowles: avocat retraité, ami des parents de Raynor; veuf; grand et fort, épais cheveux blancs, visage large, bajoues naissantes; écrit des livres sur de grands affaires des assises.
  • Dorothy: secrétaire de Raynor et amie de la famille; cheveux poivre et sel, long visage avenant, peu de goût pour la toilette; femme gentille, équitable, dépourvue de préjugés, séduisante; compétences de décoratrice.
  • Lendon Miles: psychiatre à Boston, ancien ami de Priscilla, mère de Nancy.
  • Priscilla: mère de Nancy; décédée 14 ans plus tôt dans un accident de voiture.
  • Jed Coffin: commissaire de police d’Adams Port.
  • Docteur Smathers: médecin de Nancy.
  • Rob legler: témoin à charge dans le premier procès de Nancy, disparu depuis 7 ans.

Les lieux:cape-cod-552313__340

L’intrigue se situe à Cap Cod, presqu’île de la côte est des USA, dans l’État du Massachusetts. A l’époque du roman, cette région privilégiée offrait de nombreux lacs et étangs, des bois où se promener, des prairies et une bais donnant directement sur l’océan. Un coin où il faisait bon vivre que Nancy avait choisi « car les habitants de la Nouvelle-Angleterre, et du Cap en particulier, étaient réputés pour leur réserve et leur discrétion, parce qu’ils n’aimaient pas se mêler aux inconnus. »

La maison, lieu principal de l’intrigue, est minutieusement décrite. Le lecteur qui y pénètre peut en visualiser chaque recoin, s’imaginant parfaitement les événements qui s’y dérouleront, comme dans un décor de film, malgré l’atmosphère de sérénité et d’aisance matérielle qui s’en dégage: « Une maison très grande, très isolée, très exposée aux intempéries. » (Page 18)… »Une cuisine spacieuse et accueillante avec une vieille cheminée en briques, sol en chêne, rideaux et cantonnières rouges…l’ancien cellier, cœur de la maison, avait été transformé en salle à manger; fauteuil à bascule devant la cheminée, dossier et coussins brodés à la main. » =>C’est justement cette ambiance feutrée de confort et de bien-être qui jouera le contraste avec l’angoisse qui va s’abattre sur les habitants de cette maison après la disparition de leurs enfants.

Le lac, endroit supposé de la disparition des enfants, joue le rôle de catalyseur de lac derrière maisonl’inquiétude puis de la détresse de Nancy et Raynor: « Maushop était l’un des plus grands lacs du Cape et l’un des plus profonds et des plus dangereux…Vous pourriez vous avancer tranquillement dans l’eau jusqu’à la taille et, au pas suivant, vous retrouver dans un creux de dix mètres…Plein de hauts fonds retenant les objets et rendant les recherches hasardeuses. » (Pages 58-79).

Le climat: comme dans tout thriller qui se respecte, le climat vient délibérément snow-1281636__340desservir les enquêteurs dans leurs investigations: « Pas question de faire des recherches si le temps empirait. A midi, il faisait déjà tellement sombre qu’on se serait cru en fin de soirée. Les opérations de dragage posaient déjà suffisamment de problèmes dans les conditions optimales. » (Page 58)… »La glace se formait déjà sur l’eau grise près de la jetée. Tôt dans la matinée, la radio avait annoncé un avis de coup de vent et de chute de neige fondue…Il consulta attentivement le thermomètre. Il faisait moins deux degrés- une baisse de huit degrés depuis ce matin. Les hélicoptères et les avions de reconnaissance ne tiendraient pas longtemps dans ces conditions. » (Page 76).

En conclusion:

Avec ce premier roman, je découvre la plume de Mary Higgins Clark, devenue depuis une icône incontournable du thriller américain. Malgré un scénario un peu convenu et certaines ficelles un peu grosses, l’auteure démontre une certaine maîtrise pour installer un climat d’angoisse: les enfants seront-ils retrouvés vivants? Si oui, comment? Distillant alternativement appréhension et espoir…Un bon roman qui se laisse lire.

Citations:

« Lorsque Nancy s’engagea dans la côte sinueuse, la voiture se mit à glisser. La jeune femme appuya à fond sur l’accélérateur et les roues avant dérapèrent, faisant zigzaguer la voiture sur le verglas. Nancy freina à mort. La voiture fit un tête-à-queue. Elle tenta de redresser la direction. Trop tard. Un arbre se dressait devant elle. Elle parvint à donner un grand coup de volant. L’avant de la voiture partit sur la droite et avec un craquement sinistre, heurta l’arbre. »

« Elle avait apprécié sa discrétion, sa façon de ne pas chercher à en savoir davantage. « Le Cape est l’endroit rêvé pour seul avec soi-même, avait-il dit seulement. La solitude ne vous pèse pas lorsque vous marchez sur la plage, contemplez le soleil couchant ou regardez par la fenêtre le matin. »

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7 commentaires sur « Passion thriller: La maison du guet, Mary Higgins Clark. »

  1. Lu dans ma lointaine jeunesse. A l’époque, j’aimais bien. Assez pour avoir envie de lire ses autres publications ; jusqu’au moment où j’ai trouvé que c’était toujours un peu la même recette, mais présentée différemment (mais elle n’est pas la seule, dans ce cas là !). A découvrir, par curiosité 😉

    Aimé par 2 personnes

  2. J’avais été séduite en lisant son premier, je crois, La nuit du renard. Ensuite…. comme dit plus haut : toujours la même recette, et on s’en lasse vite. En tout cas… moi 🙂 Ceci dit elle habite une charmante charmantissime petite ville du NJ où je suis passée plusieurs fois et où les gens sont fiers d’elle comme si elle était la statue du soldat inconnu au centre de la place 😀

    Aimé par 1 personne

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