Publié dans manipulation politique, Passion polar français

Passion polar français: Un tueur en héritage, Gilles Delmotte.

Une mission insolite, un ancien marine poursuivi par des croulants milliardaires, une ado insupportable, une Firme mystérieuse, de quoi composer un polar vif, alerte, au rythme soutenu que vous prendrez plaisir à lire…

L’auteur:

téléchargement (1)Gilles Delmotte, né en 1970, est pilote de ligne. Grâce à sa passion pour l’aviation, il a parcouru le monde entier, découvert des horizons lointains, entretenu son intérêt pour la photographie et la littérature.

Le roman:

Un tueur en héritage a été publié par Pavillon Noir, une marque de Corsaires Editions,téléchargement (2) éditeur indépendant, en 2018. Le style, sans prétention et parfois approximatif (certains détails sont parfois difficiles à saisir), est teinté d’un humour cynique: « Vingt mille dollars…pour une somme pareille, j’irais passer l’après-midi en enfer. -Ça tombe bien, je pense que ça fait partie du plan. » (Page 10)… »Vraiment? Considérant qu’il fut la dernière personne à parler à Mitt vivant…Roseinberg écarta les bras: -Il n’aurait pas eu un grand bénéfice à lui parler mort. » (Page 58)… »Quand la courbe tend vers une valeur unique, ça veut dire que notre homme n’a aucune chance de nous échapper. -Bien, voilà qui nous avance! Surtout considérant a posteriori qu’il nous a échappé! » (Page 397).

Cela dit, les dialogues sont réalistes et tendent vraiment à faire progresser l’intrigue, les scènes d’action sont bien construites, notamment la poursuite de voitures entre Ed et la Ford grise, le rythme haletant ne laisse place à aucun temps mort, et l’intrigue s’appuie sur de solides connaissances, notamment dans le domaine du piratage informatique.

L’intrigue:

Mitt Douglas, milliardaire magnat de l’industrie de l’armement, confie à Edgar, un ancien Marine, une mission quelque peu insolite: trois millions de dollars pour chaperonner une jeune fille de quinze ans: « Personne ne devra connaître ton existence, ni la sienne, ni le lien qui vous unit. Des personnes mal intentionnées pourraient montrer un intérêt pour cette enfant. » (Page 31).

Mais Mitt est surveillé à son insu par les hommes de la Firme, instrument de pouvoir et de manipulation que Mitt a créé dans sa jeunesse. Destitué par ses collaborateurs qui l’estiment devenu une menace, il manigance une vengeance, vengeance que les autres, bien entendu, veulent empêcher.crime-64067_640

La mort du milliardaire vient pourtant changer la donne, déchaînant aux trousses de Ed et sa protégée les Cavaliers de l’Apocalypse. Est-il en danger? « Par quel miracle le FBI ou la police ne frappent-ils déjà à sa porte. Encore une question à laquelle il ne peut répondre. Chaque détail fait de lui un coupable idéal: l’anonymat de sa rencontre avec l’avocat, la remise du dossier, les micros… »(Page 48). Il est évident qu’il s’est fait piéger, mais dans quel but?

 

Désormais, une course contre la montre s’engage afin d’échapper à ses poursuivants, la jeune Lara restant son seul espoir de s’en sortir vivant…

Les personnages:

  • Edgar Willworth: retraité des Navy Seals reconverti en avocat spécialisé en divorces et conflits de voisinage; traits réguliers, accent du sud; rendu froid et cruel par la guerre, a perdu le contrôle de son caractère agressif.
  • David Roseinberg: avocat à la cour pénale de Chicago, Affaires financières internationales, travaille pour Mitchell Douglass.
  • Mitchell Douglass: grand patron de l’armement américain, fondateur de la Firme.
  • Arnold Shack: magnat des Télécommunications, construit et gère les réseaux internet militaires; ancien associé et ami de Mitchell; caractère acariâtre.
  • Francis Neville: troisième membre de la Firme, gère une compagnie de surveillance, fournissant notamment des mercenaires pour les compagnies privées.
  • Robert Lomney: général de l’armée américaine, quatrième membre de la Firme; caractère arrogant.
  • Lara Larden: traits fins, regard perçant, longs cheveux bruns; orpheline âgée de quinze ans; élève moyenne, tendance à l’indiscipline.
  • Bob Marshall: travaille à la DIA, agence de renseignement militaire; ami de Lomley; beaucoup d’expérience, très bon stratège.
  • Jeffrey: ingénieur à la DIA; petite taille, silhouette frêle, souffre de handicaps physiques; aucune relation sociale.
  • Santana Sanchez: agent du FBI déclassé, mutée dans un service technique en attendant la fin de l’enquête menée sur elle; type hispanique, longs cheveux noirs.
  • Miro: hacker très doué, célibataire, la quarantaine, créateur de jeux en ligne et de sites pornos.

La Firme: hand-784077__340.jpg

Organisme privé de pouvoir créé par Mitchell Douglass, s’associant aux meilleurs éléments de sa promotion à Harvard, autour de concepts patriotiques; une sorte d’autorité dont le but était de gérer le monde, de redresser l’économie, la morale et la puissance militaire des USA. Son dogme: infiltrer le pouvoir pour le détourner à l’avantage de la Firme.

« Après avoir créé la Firme, chacun d’entre nous se spécialisa dans une branche spécifique avec le serment que nous mettrions nos intérêts en commun. Nous avions mis en route une machine infernale (…)Comme prévu, mes amis de la Firme gravirent les échelons de leurs industries en cooptant leurs confrères. Tous les coups étaient permis, malversation, corruption, et même plus tard exécution quand cela était nécessaire. » (Page 28)

En conclusion:

Un tueur en héritage, thriller de manipulation politique, de corruption pour le pouvoir suprême dont l’originalité réside dans le fait qu’une partie de l’action est suivie par l’intermédiaire des images fournies par un satellite, un peu comme si le lecteur se retrouvait assis dans son fauteuil à regarder un film d’action aux accents de thriller politique, ces histoires où les agences gouvernementales américaines emploient des mercenaires pour faire le sale boulot en Irak, par exemple.

Une intrigue solide, beaucoup d’action, pas de temps morts, des qualités certaines pour ce premier roman bien conçu. Un tueur en héritage propose une vision cynique du monde du pouvoir, donne au lecteur matière à réflexion. Même si les requins nous entourent et nous menacent de leurs gueules pleines de dents acérées, une autre vision des choses est possible, en tout cas envisageable. Infime espoir, mais espoir quand même…humour

Citations:

« On ne décroche jamais de la guerre, c’est une drogue. L’adrénaline avec son parfum enivrant, tout comme le pouvoir de délivrer la mort d’un claquement de doigts. » (Page 20).

« Les idéalistes n’ont pas leur place dans ce monde. Ils gaspillent l’énergie des autres avec leurs utopies. » (Page 24)

« Un mensonge est parfois la meilleure façon de préserver la vérité. » (Page 173)

« La survie en milieu hostile réside dans la capacité d’un sujet à s’adapter à l’environnement et à en exploiter les faiblesses. Miro avait anticipé le piège qui se refermait sur les hackers. » (Page 188)

« Ces conflits sont la source de sa fortune, et partout l’empreinte de la Firme rôde. Des coups d’Etat aux ventes d’armes aux milices terroristes, ses réseaux l’ont enrichi. Personne pourtant n’a connaissance du rôle de l’organisation et personne ne devrait jamais savoir. » (Page 276).

« L’organisation requiert une hiérarchie, un pouvoir et inexorablement un partage inégal. Nous, on se révolte contre cette notion, pacifiquement. On ne pourra jamais gagner la guerre contre eux mais on pourra faire changer les mentalités. »(Page 433).

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