Publié dans éditions City, Passion polar français

Passion polar français: La vengeance de Gaïa, Jean-Luc Aubarbier.

Où la découverte d’une grotte extraordinaire, inédite, remettant en question toutes les théories concernant la première civilisation humaine, ne semble pas plaire à tout le monde…

L’auteur:

jean lucLibraire au cœur du vieux Sarlat, Jean-Luc Aubarbier est romancier : « L’échiquier du Temple », « Le Testament Noir », « La Vengeance de Gaïa » et « Le Complot de l’Aube Dorée » chez City éditions, « Le chevalier du Soleil » chez De Borée, « Les démons de sœur Philomène » chez Lattès et de Borée Poche, « Le Talisman Cathare » chez Lattès et Pocket, « L’Honneur des Hautefort » aux éditions Lattès, « Le chemin de Jérusalem » et « La Juge qui n’aimait pas Jacques Brel » chez Pierregord, « Histoires peu ordinaires à Sarlat » chez Elytis. Historien, il est l’auteur de différents ouvrages sur les Templiers, le Périgord et les pays cathare Passionné par la philosophie et l’histoire des religions, il est également conférencier et chroniqueur littéraire (Page, France Bleu Périgord, Essor Sarladais). « Les démons de sœur Philomène » ont été adaptés au cinéma par Jean-Pierre Denis sous le titre « Ici-Bas ».

Le roman:

La vengeance de Gaïa a été publié en version poche, par les éditions City, en 2017. Les téléchargementchapitres courts lui impriment un rythme soutenu, enchaînant scènes d’action et passages plus descriptifs, propres à faire progresser les deux intrigues parallèles, l’une dans le présent, l’autre se passant à la préhistoire.

Les sujets abordés sont aussi variés que le chamanisme mis en perspective avec la religion, l’archéologie, la franc-maçonnerie, l’écologie, le réchauffement climatique, ces deux derniers constituant la base du message sous-jacent transmis par le roman : « Les scientifiques qui ne veulent pas rompre avec le système moderne et sa course folle vers la consommation, le productivisme et le développement irraisonné de l’économie, seront éliminés sans pitié. »(Page 216)…Et le terrorisme !!

L’intrigue:

Quatre amis archéologues découvrent une grotte extraordinaire, située à deux pas de Lascaux, découverte qui ne semble pas plaire à tout le monde: « -On peut affirmer que la première grande civilisation humaine est celle des Cro-Magnon; elle est périgourdine…-Vous allez vexer le gouvernement égyptien auquel nous essayons de vendre nos avions de combat Rafale. Ce n’est pas le moment. Et aussi les Irakiens que nous tentons de réconcilier avec le monde et qui revendiquent le titre de « plus ancienne civilisation de la planète. » (Page 32). On leur « demande » de bien vouloir vérifier le bien-fondé de leurs assertions concernant leur découverte pendant…une année !!

Marjolaine part en mission en Sibérie tandis que Pierre enseigne à l’université de Bordeaux. C’est alors que leur ami Jacques est retrouvé mort, une sagaie plantée dans le coeur, dont le silex remontait au Magdalénien. Pourquoi avoir utilisé une arme si inhabituelle et en même temps si significative? Que dissimule la grotte magique? Qui en veut à leurs vies? Obstacles et dangers jalonnent le chemin des deux archéologues en quête d’une vérité qui ne plaît pas à tout le monde.

Les personnages:

  • Marjolaine Karadec: archéologue; bretonne d’origine, bonne navigatrice.
  • Pierre Cavaignac: archéologue, compagnon de Marjolaine; mauvais caractère.
  • Thierry: ami de Pierre et chef de l’expédition; petite taille, carrure de rugbyman.
  • Jacques Breuil: caractère taciturne mais tout aussi passionné; discret et intègre.
  • Lars Erikson: écologiste et chercheur suédois très riche; ne recule devant rien pour véhiculer son message; chevelure grisonnante, regard bleu pâle, sourire chaleureux, beaucoup de charisme.
  • Commissaire Morin: enquête sur la disparition de Jacques.
  • Karine: ancien commando de l’armée de l’air; ancienne petite amie de Pierre; appartient à l’équipe de Erikson.
  • Daniel: ancien copain de lycée de Pierre; mari de Karine; caractère hésitant et timide; spécialiste en météorologie.

Les lieux:

Dans ce récit concis, les lieux sont évoqués sans trop de détails, juste le nécessaire pour dresser le décor. Ici la grotte que les archéologues découvrent en début de roman: « Les quatre explorateurs, postés au milieu de la rotonde, firent courir la lumière de leurs lampes sur les parois. Taureaux, chevaux, bisons fuyaient devant le pinceau lumineux. Un puissant mammouth leur faisait front, escorté d’un rhinocéros laineux. Un mégacéros agitait sa ramure. Tout le panthéon préhistorique prenait vie devant eux, en un festival de rouge, de noir et de brun. » (Page 14).

Aux détours de l’histoire, nous découvrons que « Stockholm était une Venise du nors, une cité bâtie sur l’eau et percée de canaux. Des bateaux étaient amarrés un peu partout, comme ailleurs on voyait des automobiles sur un parking. » (Page 146)

En conclusion:

La vengeance de Gaïa est un polar original à plus d’un titre: le sujet et la façon dont il est traité en allers/retours préhistoire/présent. La façon dont l’auteur utilise le chamanisme comme lien entre l’harmonie de la vie des humains au temps préhistoriques, harmonie en perte de vitesse, et l’écologie et le réchauffement climatique au cœur de l’intrigue contemporaine: « Amenuisé par les catastrophes climatiques et la pénurie alimentaire, repoussé par la nouvelle religion, le pouvoir des chamans reculait un peu plus chaque saison. » (Page 40).

Le +: Les dialogues constructifs, polémiques parfois, qui donnent la parole aux deux points de vue différents; le sens de la description: « Ils avaient fait à vélo le tour du bassin jusqu’au Cap Ferret, regagnant la ville par la navette maritime, avait gravi à plusieurs reprises la dune du Pyla. Du haut de la montagne de sable, la forêt landaise s’étendant à perte de vue, prenait des airs d’Amazonie. » (Page 288).

Mettre son érudition au service de la fiction, sans que l’on s’ennuie une second, dans un polar où fleurissent suspense et rebondissements, avouez que c’est un sacré challenge…Amplement réussi par Jean-Luc Aubarbier qui, avec La vengeance de Gaïa, propose un très bon polar divertissant et instructif…Que demande le peuple !!

Citations:

« Je vois que le musée dispose d’une photo d’un Indien pueblo du Nouveau-Mexique. Le chamane porte des andouillers de cerf, comme le Dieu Cornu. C’est merveilleux! J’ai l’impression que nous avons ouvert une porte sur un monde oublié et très lointain. »(Page 39)

« La terre et le gibier appartenaient à tous et les humains se considéraient comme un animal parmi les autres. Parfois, un homme de pouvoir ou de haine devenait dangereux…il était traité comme un fauve ordinaire. Mais la folie du climat qui avait provoqué le grand exode des rennes avait rendu les hommes méchants. Pressés par la faim, désireux de s’approprier ce qui devenait rare, ils en venaient à des extrémités meurtrières. » (Page 43).

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents; nous l’empruntons à nos enfants. » (Saint-Exupéry page 59).

« La démesure de l’homme, son orgueil destructeur, ne sont plus de mise. Les humains se sont arrogé un droit absolu sur la nature, en oubliant qu’ils en faisaient eux-mêmes partie. Ceux qui vivent près de la terre le savent bien. » (Page 105)

« La révolution écologiste, comme toutes les révolutions, est porteuse de violence. Il n’est pas contestable que nous soyons confrontés à de très graves problèmes environnementaux. Nous devons les aborder par la logique et la raison, sans oublier que l’être humain est au premier rang de nos préoccupations. » (Pages 105-106)

 

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3 commentaires sur « Passion polar français: La vengeance de Gaïa, Jean-Luc Aubarbier. »

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