Publié dans adultère, amour, éditions De Borée, Passion roman historique

Passion roman historique: La Reine de Jérusalem: Bethsabée, fatale et rebelle, Patrick Banon.

Bethsabée, femme fatale? Epouse adultère? Mère aimante… Les trois à la fois? Patrick Banon reconstitue avec brio la vie de cette femme exceptionnelle à une époque où la gent féminine était souvent assimilée à un simple ventre…

L’auteur:

téléchargement.jpgPatrick Banon, écrivain et essayiste, vit près d’Orléans. Chercheur en sciences des religions et systèmes de pensée, expert auprès d’Oxford Analytica, conférencier, il est aussi conseiller en gestion de la diversité culturelle et religieuse dans le monde du travail. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Flavius Josèphe, un juif dans l’Empire romain (Presses de la Renaissance, 2007), Tabous et Interdits (Actes Sud Junior, 2007), Dico des signes et symboles religieux (Actes Sud Junior, 2006), Signes et symboles religieux (Flammarion, 2005), Dieu et l’entreprise (Eyrolles, 2005), La prophétesse oubliée et Etemenanki, le secret de la tour de Babel (Flammarion, 2004 et 2003).

Le roman:

La Reine de Jérusalem: Bethsabée, fatale et rebelle a été publié par les éditions De Borée entéléchargement 2019 dans la collection « Vents d’histoire ». Le style est riche, fleuri: « Aujourd’hui, ses reins sont pleins de fièvre, ses os sont brisés, son âme est à bout de forces. Il sent le souffle de ses ennemis sur sa nuque et l’impatience de ses fils sur son cœur exsangue. » (Page 16)… »Et son regard vert s’éclaire d’une lueur inattendue. La colère s’est évanouie, laissant la place à l’enchantement. Un filament de grâce se déroule vers la fenêtre, un fil d’argent scintillant dans la splendeur de la nuit. L’obscurité flamboie, percée par mille étincelles. » (Page 234).

Le -: les nombreuses coquilles nuisent à la qualité littéraire et érudite du roman.

Le présent de narration intensifie l’impression de proximité intime que l’on ressent en pénétrant dans la chambre dans laquelle Bethsabée, se mourant, vit les derniers jours de sa vie.

Thèmes: folie guerrière et meurtrière des hommes plus prompts à détruire qu’à construire; le cruel destin des femmes réduites à être marchandées pour leur seule capacité à procréer; destin extraordinaire.

L’intrigue:

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Bethsabée

Sur son lit de mort, touchée par un mal mystérieux qui semble aspirer les parcelles de sa vitalité, Bethsabée, reine de Jérusalem, évoque pour Abishag des souvenirs de sa vie passée quand dans son village natal et auprès de David, son second époux, décédé quelques années plus tôt.

A travers son regard de femme, d’épouse et de mère de roi, des épisodes marquants de l’histoire de la nation d’Israël et du peuple hébreu revivent sous nos yeux comme un film se déroulant sur grand écran. Elle explique comment elle les a vécus, quelles étaient les coutumes, les ambitions et les interactions politiques en ces années troublées: « C’était des temps de confusion. David avait été chassé de Jérusalem par son fils, l’audacieux Absalom…récits des horreurs de la révolte, des déchirements au cœur des familles, entre père et fils, entre compagnons de guerre et entre prêtres, jusque sous la tente du témoignage où était pourtant abritée la précieuse Arche d’alliance. » (Page 53).

Reconstitution historique:

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Jérusalem

Contexte religieux: situation exceptionnelle du royaume d’Israël, seule nation à ne vénérer qu’un seul dieu parmi des peuples polythéistes: « Alors, la rigidité des Hébreux amuse Néfer. Lui qui a passé sa vie à préparer sa mort se moque de leur fidélité de caravaniers à un seul dieu. Rejoindre l’autre monde n’est jamais chose facile. Et un dieu solitaire et invisible ne peut garantir à lui seul l’immortalité d’une âme. » (Page 63).

Médecine: un des aspects intéressants de ce roman est la reconstitution soignée du contexte de l’époque, notamment en ce qui concerne la conception et les pratiques médicales: « En fait, Néfer est censé placer un cors humain en harmonie avec le cosmos, puisque toute maladie ne résulte à ses yeux que d’un déséquilibre de l’homme face aux puissances de l’univers. » (Page 63)….pratiques parfois surprenantes: « Je vais simplement introduire cette gousse d’ail dans son puits de vie. Elle devra la conserver dans sa chair toute la nuit. Demain, si le parfum de l’ail souffle par sa bouche, c’est que ses fonctions de femme sont en bonne santé. » (Page 65).

Le choc des cultures: la supériorité des Égyptiens, peuple millénaire possesseur d’unegyptian-1822015__340 savoir occulte, civilisation spirituellement avancée: « Depuis des milliers d’années, son peuple explore les chemins de la vie éternelle alors que les Hébreux n’étaient encore, il n’y a pas si longtemps, que des brigands, des poussiéreux suivant les pistes des caravanes. Tellement pauvres qu’ils ne pouvaient servir qu’un seule dieu, sans même un temple où résider! » (Pages 65-66). =>On imagine parfaitement le mépris condescendant affiché par ce médecin égyptien issu d’une civilisation bien plus ancienne et raffinée que celle des Hébreus, peuple de bergers et de « caravaniers ».

En conclusion:

jérusalemn antique
Jérusalem 

Fidèle à son habitude, Patrick Banon nous livre, avec La Reine de Jérusalem: Bethsabée, fatale et rebelle, un roman cultivé, intelligent, dont le canevas de l’intrigue repose sur de nombreuses citations des Ecritures Saintes. Les notes explicatives en bas de page constituent un vrai plus, cette période de l’Antiquité étant souvent peu ou mal connue. Il a su reconstituer l’histoire de Bethsabée au-delà des clichés et des idées toutes faites, restituant un portrait vivant et attachant.

Nous découvrons le portrait d’une reine exceptionnelle, qui a vécu dans un monde construit par et pour les hommes, où les femmes n’occupaient qu’une place de génitrices. Elle a su, par son intelligence, son courage et son charme féminin, se faire un nom, une réputation et une image qui ont traversé les siècles pour nous délivrer son message: vis ta vie de femme et de mère, surmonte les obstacles, ne te laisse pas réduire à un simple ventre, sois toi-même…

Citations:

« La beauté des femmes n’est-elle pas l’arme fatale redoutée par les guerriers les plus téméraires? » (Page 13).

« L’adultère est pire qu’un interdit, c’est un tabou. Le châtiment est la peine de mort pour l’homme comme pour la femme. Transgresser le septième commandement, c’est trahir Yahvé. Le châtiment ne se limitera donc pas aux impies mais s’étendra à leur descendance. » (Page 17).

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Bethsabée au bain

« Séduire est une malédiction pour les femmes. Impudique, leur beauté est funeste. La porter au front, c’est risquer la mort en provoquant la tentation des hommes. Idolâtres par essence, elles jouissent d’une beauté démoniaque qui trouble le cœur des hommes les plus pieux. » (Page 24).

« Le pommier fait des pommes, la montagne immobile soutient les cieux, la lue éclaire la nuit. Même la mer accepte de se maintenir dans les frontières qui lui ont été données. Seul l’homme tente sans cesse de repousser les limites de la Loi. » (Page 50).

« Le temps de Dieu n’est pas celui des hommes. Alors que nous courons après les jours, Lui voit le passé, le présent et le futur dans un même instant. Ne discute pas le dessein qu’Il te réserve. » (Page 81).

« Il n’y a pas de différence entre les guerriers tombés sur le champ de bataille. La mort finit toujours pas mettre tout le monde d’accord. C’est elle qui a le dernier mot! »(Page 102).

 

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2 commentaires sur « Passion roman historique: La Reine de Jérusalem: Bethsabée, fatale et rebelle, Patrick Banon. »

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