Publié dans angoisse, éditions Hugo Thriller, cadavre, corruption, mafia, maltraitance, Passion thriller, prostitution, quête du passé, sévices sexuels

Passion thriller: Je ne t’oublie pas, Sébastien Didier.

Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIe siècle, a dit un jour: « Homo homini lupus est »… »L’homme est un loup pour l’homme ». Il ne croyait pas si bien dire !!

L’auteur:

téléchargementSébastien Didier, né à Nice, réside toujours sur la Côte d’Azur. Il a fait des études de marketing en école de commerce. Il a longtemps travaillé dans la publicité et la presse. Fils de professeur de français, il a toujours écrit et surtout beaucoup lu. Mais ce n’est qu’en 2017 qu’il découvre la plateforme Fyctia, notamment organisatrice de concours d’écriture. Passionné de cinéma et de nouvelles technologies, il écrit Je ne t’oublie pas sur  Fyctia pour un concours thriller dont il atteint la finale, recevant au passage le coup de cœur de B.A. Paris elle-même. Sans réponse des éditeurs auxquels il s’est adressé, Sébastien Didier auto-édite son roman qui obtient un joli succès (12 000 ventes en un peu moins de deux ans). Il travaille actuellement sur un second projet d’écriture.

Le roman:

Je ne t’oublie pas a été publié en 2018 sur la plateforme Stories by Fyctia. La version poche est parue en 2019 par les éditions Hugo Thriller dans la collection Hugo Poche suspense. Le style neutre, sans particularités notables, laisse place au déroulement d’une intrigue sombre, malsaine. Le soin apporté à l’écriture garanti un contenu sans coquilles.

La narration est lente, dévoilant les scènes détails après détails. Le lecteur tourne téléchargementfrénétiquement les pages des chapitres courts pour savoir la suite: « La serrure électrique vibra et se déverrouilla dans la même seconde. Le marbre du hall avait été poli récemment. Il remarqua une enfilade de plaques de cuivre toutes mieux astiquées les unes que les autres. La cinquième lui indiqua: »PL Enquêtes et Surveillance, 3e étage, gauche. » Il s’engagea dans l’escalier dont il gravit les marches quatre à quatre, n’ayant pas la patience d’attendre l’ascenseur. » (Pages 77-78)…. »Le gravier continua à frotter sous ses semelles pendant une cinquantaine de mètres, puis la masse cubique d’une petite construction grisâtre émergea de derrière les arbres. La porte principale était entrouverte, il entra en s’annonçant. » (Page 135).

Suspense: Au long de cette histoire terrifiante, Sébastien Didier distille le poison d’un suspense de plus en plus prenant, angoissant: « Il n’était plus qu’à deux mètres du chêne. Il sentait les pulsations dans sa poitrine qui gagnaient en cadence. Une sueur froide glissa le long de son échine. Sa poigne se referma sur le culot de la lampe torche encore plus fort, prête à s’en servir comme d’une arme au cas où. » (Page 109)… »Elle devait en avoir le cœur net. Elle tapa les quatre chiffres pour déverrouiller la protection de la porte. Elle entendit les pênes métalliques qui se rétractaient dans l’armature. Elle tourna la poignée, ouvrit et sortit sous le porche. La nuit et le silence l’enveloppèrent. Elle patienta quelques secondes dans l’attente d’une indication (…)Elle avança jusqu’à l’escalier et descendit sur la terrasse, puis dans le jardin. Elle marcha jusqu’à la Smart que Lombardier avait laissée en travers. Aucun bruit. Le silence. Compact. Oppressant. » (Page 475).

L’intrigue:

Un soir d’août, Sandra disparaît après avoir envoyé à Marc, son mari, un curieux message de rupture. La police, persuadée qu’il s’agit d’une fugue d’une femme qui veut recommencer sa vie, classe l’affaire.

Trois mois plus tard. Marc, convaincu que Sandra ne les aurait jamais abandonnés lui et Lisa, leur fille âgée de seize ans, engage un détective privé, Paul Lombardier, le meilleur dans sa partie. C’est alors que Marc reçoit un étrange message sur Twitter émanant de @Ten3: rien qu’une vieille photo d’une jeune fille inconnue qui porte à son cou….le médaillon dont Sandra ne se sépare jamais.

Qui est la fille de la photo? Pourquoi a-t-elle le médaillon de Sandra? Et que faisait cette dernière dans une sordide boîte de strip, plaque tournante de la prostitution locale, juste une semaine avant sa disparition. Chantage?

Le problème de cette affaire est que de trop nombreuses pistes s’offrent à eux: la réponse réside-t-elle dans le passé de Sandra? A-t-elle été victime d’un réseau de prostitution? A-t-elle été kidnappée? Est-ce un coup monté par Paul Lombardier? Vengeance? Chantage? Prostitution? Marc, ne sachant plus que croire, aidé bien malgré lui par son père et sa fille, se lance à corps perdu dans une descente aux enfers qui le mènera loin, très loin, au bout de lui-même et de ses certitudes.

Les personnages:

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Prédateur
  • Sandra Vasseur: professeur d’université, 39 ans.
  • Marc Vasseur: mari de Sandra; fondateur et administrateur de la société DeepTech, commercialisant des applications de domotique, de sécurité et de tout ce qui touche aux « maisons connectées ».
  • Lisa: 16 ans; fille de Marc et Sandra.
  • Robert Vasseur: père de Marc; veuf; mécano à la retraite, ancien boxeur semi-professionnel.
  • Paul Lombardier: détective privé engagé par Marc pour retrouver sa femme.
  • Mélanie: assistante et enquêtrice de terrain de Paul Lombardier; douée en piratage informatique.
  • Mélinda Drancy: voisine des Vasseur.
  • Philippe Drancy: mari de Mélinda.
  • Di Stefano: riche Italien propriétaire du Bellevue Park.

Les lieux:

Sébastien Didier, féru de nouvelles technologies, a imaginé Bellevue Park, domaine de douze villas de grand luxe, hyper sécurisé, gardé par des vigiles, des barrières dotées de caméras à lecture de plaque minéralogique, où rien n’est laissé au hasard, pour le confort et le bien-être de ses résidents richissimes: « A l’intérieur du Park, même si l’essentiel de la nature avait été préservé, la main de l’homme était clairement identifiable. Des sentiers balisés serpentaient entre les arbres pour conduire aux différentes infrastructures telles que les courts de tennis et de squash, la piscine et son SPA/centre de relaxation, ainsi que le gigantesque pool house de la résidence. » (Page 19)

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La maison de Marc et Sandra, « alliance de béton, de bois et de métal, de lignes tendues et de baies vitrées interminables sur deux étages et plus de cinq cents mètres carrés de superficie », elle aussi hyper sécurisée grâce à des boîtiers électroniques, des portes blindées d’une épaisseur jamais vue. => Impression de vivre dans un univers aseptisé, loin du monde et de ses turpitudes…

...En contraste, le Milky Way, night-club de Saint-Clair, vulgaire et ringard à souhait, « un établissement dans la pure veine de l’époque, tout en jeux de lumière, velours et boules à facettes…dont l’entrée se faisait par une ruelle perpendiculaire…La lourde porte encadrée par deux appliques en inox qui imitaient le design des torches du Moyen-Age. » (Page 142). =>Un autre monde, totalement parallèle à celui que côtoient les richissimes propriétaires des villas de Bellevue Park.

En conclusion:

Sébastien Didier nous propose, avec Je ne t’oublie pas, une histoire tellement terrifiante et malsaine que l’on se dit que ce n’est pas possible, ça n’existe pas dans la « vraie vie ». Bien que l’on soit parfaitement conscient que la fameuse formule émise par Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIe siècle, « Homo homini lupus est », « L’homme est un loup pour l’homme » soit tout à fait fondée, on se dit que là on atteint le summum de l’horreur et de la dépravation.

Un roman qui se dévore en deux jours malgré ses 597 pages tant la tension dramatique est intense. Une lecture qui ne vous laissera pas indemne. Qui remettra en perspective notre soit-disant supériorité humaine, qui vous catapultera dans un univers que vous ne soupçonnez sans doute pas…Celui des prédateurs prêts à tout non pour l’argent, mais pour le Pouvoir !!

Citations:loup

« Il stoppa net sa course et essaya de sonder l’environnement. Dans certaines zones, le noir plongeait dans des profondeurs abyssales. Les troncs des hêtres et des chênes atteignaient de tels sommets qu’ils semblaient repousser le ciel toujours plus haut. Quelques rayons de lune parvenaient à percer çà et là, comme la flamme d’une lampe à travers les interstices d’une vieille porte vermoulue. » (Page 107).

« Il aimait imaginer toutes ces trajectoires lancées au hasard sur l’échiquier de la vie. Les lignes qu’elles avaient suivies, les entrelacs, les courbes, autant de décisions que l’on prenait chaque jour et qui influençaient tout ou partie de votre destinée. » (Page 112)

« Il y avait, dans ces lieux mystiques chargés d’histoire et de croyance, une propension si puissante au calme et au recueillement qu’elle vous enveloppait dès votre arrivée tel un baume réparateur. Marc était loin d’être un croyant convaincu, encore moins pratiquant…Mais dans cette enceinte où la foi débordait des murs; il le sentait. Quelque chose de plus fort, de plus grand, qui transcendait l’esprit et clarifiait la voie du savoir et de l’acceptation. » (Pages 207-208).

« Elle avait surtout compris que le cocon douillet de l’enfance ne la protégerait plus. Celui dans lequel on pensait que tout était éternel, que la mort n’tait qu’un concept parmi tant d’autres, que l’amour triomphait toujours de tout parce que, après tout, c’était tellement logique…Mais dans la vraie vie, les gens se lassaient, se quittaient et se déchiraient, faisaient des burn-out, les amies vous trahissaient, les familles explosaient, les êtres aimés mouraient, les mères abandonnaient leurs enfants. » (Page 246).

 

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3 commentaires sur « Passion thriller: Je ne t’oublie pas, Sébastien Didier. »

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