Publié dans éditions Hugo Thriller, disparition d'enfants, enquête criminelle, maltraitance, Passion polar français

Passion polar français: Le Prieuré de Crest, Sandrine Destombes.

Dernier polar de Sandrine Destombes, une histoire au rythme soutenu où il est question de maltraitance…

L’auteur:

sandrine destombesSandrine Destombes est née à Paris en 1971. Elle a toujours vécu et travaillé dans la capitale. Elle a étudié le droit quelques mois, puis a fait des études à l’école pour les Métiers du Cinéma et de la Télévision. Ainsi, depuis 25 ans, elle travaille dans la production d’événements. Interview exclusive de l’auteur

Le roman:

Le prieuré de Crest est paru aux éditions Hugo thriller en 2018. Raconté à la troisième personne, le lecteur suit l’enquête du point de vue du jeune sous-lieutenant de gendarmerie Benoît, qui a le privilège d’accompagner l’équipe d’experts dirigée par Daloz dans tous leurs déplacements. De ce fait, nous bénéficions de son regard extérieur et de ses questions de novice, de ses pensées mêlées aux actions: « Benoît observait le capitaine énumérer ses ordres. Il cherchait à déceler une trace d’émotion, un battement de cils qui aurait trahi son ressenti à cet instant. Le détachement de Daloz était à la fois glaçant et admirable. » (Page 57)téléchargement

Tout le réalisme du roman, très bien documenté, repose sur les investigations des enquêteurs. Aucune digression qui ne concerne pas l’enquête: ni la vie privée des enquêteurs, ni considérations externes, ce qui a pour effet de donner un récit épuré aux dimensions plus profondes. Le style est sobre, le vocabulaire et la syntaxe simples et efficaces, allant à l’essentiel. Les chapitres courts s’enchaînent rapidement imprimant au récit un rythme soutenu. On ne s’ennuie pas une seule seconde !!

L’intrigue:

Crest. Mois de mai. Un contrôle routier qui tourne au drame. La conductrice termine sa course dans un fossé, tuée sur le coup, sans rien qui puisse l’identifier. Léa, sa passagère, une fillette de huit ans, blessée, est conduite à l’hôpital. A part son prénom, le sous-lieutenant Benoît ne dispose d’aucun élément pour l’identifier formellement et retrouver sa famille.

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Crest

Le cadavre d’un homme énucléé, le front tailladé, fugitif en cavale depuis plus de dix ans, est repêché dans la Drôme. Les deux événements sont-ils liés? L’affaire prend une tout autre tournure lorsque le PJGN, le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, reprend l’enquête sur le fugitif, en appui avec le sous-lieutenant Benoît pour les investigations locales.

Pendant ce temps,  Léa est kidnappée par une fausse infirmière qui se barricade dans une aile en travaux de l’hôpital et se fait exploser. Les enquêteurs arrivés sur place ne peuvent que constater que le lit de la petite est vide. Où est passée Léa? Pourquoi une telle mascarade? Qui était cette femme? Les questions sans réponse affluent avec pour point de convergence Le Prieuré, association qui vient en aide aux femmes.

Les personnages:

  • Sous lieutenant de gendarmerie Benoît: très attiré par la criminalistique, cette enquête est l’occasion pour lui d’intégrer le PJGN.
  • Capitaine Marchal: chef de Benoît.
  • Daloz: chef de l’équipe du PJGN; n’aime pas parler de lui; très à cheval sur la discipline et la fiabilité de ses hommes.
  • Lieutenant Vernet: membre de l’équipe de Daloz, spécialiste dans les sciences du comportement.
  • Lieutenante Gardel: membre de l’équipe de Daloz, as en technologie.
  • Joséphine Ballard: responsable de l’association Le Prieuré.
  • Violette Vallet: ancien chef du service obstétrique de l’hôpital Bichat ; femme de tête, sûre d’elle.
  • Clara Massini: infirmière; ancienne détenue pour le meurtre de son beau-père; pensionnaire du Prieuré.
  • Hélène Calman: ancienne pensionnaire du Prieuré.

L’association Le Prieuré:

Association créée par Joséphine Ballard dans le but de venir en aide aux femmes en difficulté, que ce soit pour fuir un mari violent, une réinsertion après une peine de prison, dans le but de les aider à se reconstruire psychologiquement et/ou financièrement. « Le Prieuré leur offre en quelque sorte une retraite spirituelle. J’essaie d’aider ces femmes à se réconcilier avec la vie avant de leur donner les armes pour y arriver. » (Pages 71-72).th

Le PJGN: Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, appelé en renfort par toutes les brigades de la gendarmerie nationale, ses hommes, ayant dédié leur vie à la criminalistique, agissent sur tout le territoire français.

En conclusion:

Le +: dans un souci de réalisme très important dans un roman policier qui se veut crédible, Sandrine Destombes n’hésite pas à respecter les procédures à la lettre: « Même si les gendarmes avaient pu identifier les deux femmes grâce à la responsable du prieuré, ils auraient préféré pouvoir ajouter au dossier des preuves matérielles. Lancer un avis de recherche sur la base d’un seul témoignage était toujours inconfortable et la juge d’instruction ne manquerait pas de le leur faire remarquer. » (Page 101)…ou à ancrer son roman dans la réalité en faisant allusion à des affaires criminelles réelles, comme la mystérieuse disparition de Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir tué sa femme et leurs quatre enfants en avril 2011 et resté depuis introuvable, ou l’affaire Marie Besnard qui donna lieu à une épique bataille d’experts avec pour résultat l’acquittement de l’accusée, faute de preuves tangibles.

On apprécie particulièrement de suivre les investigations en compagnie des membres du PJGN et des gendarmes affectés à cette enquête, assistant aux réunions de débriefing, aux interventions et aux interrogatoires. La valeur ajoutée de Le Prieuré de Crest: de l’humour, de l’action, des rebondissements…Un polar passionnant posant des questions douloureuses telle que la maltraitance des femmes.

Citations:

« Marchal connaissait sa ville et ses habitants. Il connaissait l’être humain d’une manière générale. Une information comme celle-ci pouvait avoir des répercutions néfastes sur la population et s’en serait fini de la quiétude crestoise. Les habitants ne parleraient plus que de ça, échafauderaient des théories plus sanglantes les unes que les autres, et ils se retrouveraient, lui et ses hommes, à devoir apaiser des esprits échauffés avant qu’aucun autre drame n’arrive. » (Page 65).

« Le capitaine Marchal avait joué de toute son autorité pour récupérer les plans du cadastre. Déplacer l’archiviste un samedi de long week-end, en fin de journée, lui avait paru plus éreintant que le parcours du combattant qu’il imposait à ses hommes, deux fois par semaine. » (Page 69)

« La sororité n’était pour lui, jusqu’ici, qu’un mot, un concept tout au plus. Voir toutes ces femmes solidaires, excluant le sexe opposé de leur système de fonctionnement, le mettait particulièrement mal à l’aise. Il avait cherché du regard un jardinier, ou encore un homme à tout faire qui lui aurait prouvé qu’il était difficile de se passer d’un homme, mais mêmes les tâches les plus lourdes étaient réalisées par les membres de l’association. » (Page 81).

« Je ne donne pas de conseils à mes patients, lieutenant. Je les écoute, les guide face aux obstacles qui les empêchent d’avancer pour être présente quand ils se sentent prêts à les affronter. Tout le monde sait, au fond de lui-même, ce qui lui fait du mal. Je dirais même que tout le monde connaît la solution pour éviter ce mal. » (Page 198).

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