Publié dans angoisse, éditions Hugo Thriller, Passion thriller, psychologie des personnages, Vincent Hauuy

Passion thriller: Dans la toile, Vincent Hauuy.

On croit connaître parfaitement la personne dont on partage la vie. En tout cas, c’est ce que pensait Isabel mais bientôt, elle va réaliser que tout ce en quoi elle croyait n’est peut-être qu’une illusion…Et son univers voler en éclat !!

L’auteur:

Vincent Hauuy est né le 23 avril 1975. Après l’obtention d’un bac E (maths-physique) et vincent hauuyd’une maîtrise en info-communication, il a travaillé comme programmeur informatique puis comme créateur de jeux video. Depuis l’âge de 16 ans, Vincent Hauuy écrit des nouvelles, des scénarii ainsi que des jeux de rôle.

Le roman:

hugo thrillerDans la toile a été publié par les éditions Hugo Thriller au printemps 2019. Le style, fluide et sans aspérité quand tout semble aller bien, devient presque télégraphique dans les moments d’angoisse, un peu comme la petite musique bien flippante des films d’horreur. Le récit est raconté à la première personne et au présent, chaque passage étant précédé d’une mention qui précise la situation géographique, de la date et de l’heure très précise. A mon avis, ce procédé intensifie le suspense, l’immédiateté de la narration, comme si on assistait à un film. Les chapitres intitulés « Mémoires », évoquant l’enfance d’Isabel, sont quant à eux écrits au passé. Quel rapport avec le présent?

Premier fil rouge: les romans de Stephen King: Franck aime; Isabel n’aime pas…=> Faille?

Second fil rouge: ce que Camille aurait dit, pensé, apprécié de la situation présente qu’Isabel est en train de vivre…Mais qui est Camille??

L’intrigue:

Dépressive après les terribles événements qui l’ont plongée dans le coma, Isabel a

dépression
Dépression

convaincu son mari de quitter Paris et de s’installer dans un coin perdu des Vosges. La jeune femme est en effet persuadée que la montagne, qui lui rappelle son Maine natal, une existence plus saine, plus naturelle, loin de la foule, lui permettra de se reconstruire, de retrouver goût en la vie et confiance en elle et en l’humanité. Elle envisage même de reprendre la peinture, activité qu’elle a abandonnée dix ans plus tôt.

Mais le malaise qu’elle ressent dès leur arrivée dans leur nouvelle maison est accentué par les curieux textos qu’elle reçoit: « As-tu trouvé l’éclat, ma colombe? » Qui les lui envoie? Et surtout, pourquoi?

Isabel, qui ne fait pas grand chose de ses journées, est rapidement intriguée par ses voisins, ou plutôt leur absence: « C’est à ce moment que je repère les caméras placées au niveau de l’entrée des voisins. ..Ce n’est pas une maison mais une forteresse. Quel genre de personne habite là? Un mafieux, un criminel, un milliardaire, une célébrité? » (Page 85).

Peu à peu, le malaise prend de l’ampleur. La menace est-elle réelle ou Isabel plonge-t-elle dans la paranoïa? « Assise au bar qui sépare la cuisine du salon, je fixe la porte d’entrée. Mes ongles sont enfoncés si profondément dans ma paume qu’ils ont laissé des marques roses sur l’épiderme. Pourquoi Franck m’aurait-il emprisonnée? Pour me protéger de quelque chose? De quelqu’un? De moi-même? » (Page 105).

Les personnages:

  • Isabel Northwood-Gros: ex critique et marchande d’art; américaine d’origine.
  • Franck Gros: mari d’Isabel; médecin; guitariste punk dans sa jeunesse.
  • Granpa Oswald: musicien et romancier, amateur de jazz; grand-père d’Isabel, patriarche, pilier de leur foyer.
  • James Northwood: père d’Isabel; ni tendre, ni tolérant; caractère susceptible et aigre.
  • Agnès: aide-soignante engagée par Franck pour s’occuper d’Isabel; caractère bouillonnant, volubile, un peu excentrique; rustre, mais authentique et spontanée.

Les lieux:

plainfaing
Plainfaing

L’essentiel de l’histoire se déroule à Plainfaing, petit village perdu dans les montagnes vosgiennes et dans la maison du couple Gros,un chalet dont la superficie avoisine les trois cents mètres carrés, sans compter le sous-sol entièrement aménageable dans lequel Franck veut installer un studio de musique, haut de deux étages, construit en rondins de bois. Une maison qui se veut chaleureuse, dont « la décoration est à la croisée du kitsch et de la modernité. Ici, les rondins vernis côtoient le métal brossé, les têtes d’animaux empaillés surplombent une cheminée dernier cri qui trône au centre du salon. » (Page 26)

En conclusion:

L’intrigue de Dans la Toile se déroule lentement, au gré des pensées, des malaises et des hallucinations d’Isabel. Peu de scènes d’action pour ce thriller psychologique en huis-clos captivant.montagne angoisse

Le +: l’état psychologique d’Isabel que l’on peut suivre au fur et à mesure du déroulement de l’histoire, dans un aller-retour entre l’avant et l’après: ses hallucinations, ses pensées morbides, son malaise grandissant évoqués avec beaucoup de finesse: « Je devrais me sentir bien. Le cadre est idéal, la maison est vaste, Franck est beaucoup plus présent qu’à Paris. Même l’inspiration est au rendez-vous. Pourtant je perçois une dissonance, une fausse note dans cette partition presque parfaite. » (Page 54)… « J’avance lentement, prise d’un vertige que je tente de contenir du mieux que je peux et avec l’impression de découvrir une maison inconnue. Au cœur de la nuit, le chalet est un univers hostile. Chaque ombre projetée est un danger, chaque objet devient une arme potentielle. » (Page 150)=> Intuition ou réalité?

Pour ce troisième roman, Vincent Hauuy a choisi de développer son intrigue dans une ambiance plus intimiste dans un huis-clos savamment orchestré. Isabel est-elle paranoïaque ou est-elle vraiment sous la coupe d’une menace qui peu à peu envahit la toile de son esprit. Y résisterez-vous? Sortirez-vous indemne de cette lecture? Qui peut le dire…

Citations:toile d'araignée

« Le vide est toujours présent dans ma poitrine. Un gouffre dans lequel je peux tomber à chaque instant. Je suis toujours terrifiée à la moindre sonnerie, je suis incapable de tenir plus de quelques secondes dans la foule avant que mon cœur ne s’emballe et que je manque de m’évanouir. L’idée d’entrer dans un café me terrorise. Je peux continuer, la liste est longue. Je ne souhaite qu’une chose, ne plus avoir peur. » (Page 15).

« Nous n’avions pas de mot pour exprimer notre ressenti à ce moment-là, mais nous avions inconsciemment compris le portée de ce geste. D’un revers de la main, mon père venait d’ébranler les fondations déjà fragilisées de notre foyer et l’onde de choc de cette gifle allait bientôt se propager bien au-delà de la cuisine et provoquer un séisme destructeur. » (Page 70).

« Tu vois, je pense que pour avoir l’éclat le plus puissant, il faut laisser mourir quelque chose en soi. Pour écrire, peindre ou composer ma musique, je me suis fait mal. J’ai saigné de l’intérieur, j’ai souffert, je me suis arraché les tripes…C’était le seul moyen de fendre la couche qui m’enveloppait et de laisser la lumière s’échapper afin qu’elle puisse briller. » (Pages 93-94).

« A treize ans, je trouvais la plupart des adultes prisonniers de leur vie: embourbé dans la langueur de leur quotidien; alourdis par le poids de leurs habitudes, de leurs croyances, de leurs dogmes. J’attribuais leur état à une privation de rêves prolongée. Ils y avaient renoncé et s’étaient rangés sur le tapis roulant de l’existence en attendant que les choses se passent. » (Page 189).

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2 commentaires sur « Passion thriller: Dans la toile, Vincent Hauuy. »

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