Publié dans éditions l'Archipel, ésotérisme, crime, endoctrinement, magie noire, malédiction, Passion thriller, soif de pouvoir, thriller ésotérique

Passion thriller: Le Grimoire, Jane Stanton Hitchcock.

« Croire est plus fort que savoir car croire relève de l’émotion ». Un grimoire satanique au cœur de ce thriller à lire toutes lumières allumées…

L’auteur:

thJane Stanton Hitchcock, née aux Etats-Unis le 24 novembre 1946, est une romancière américaine qui a commencé sa carrière en tant que dramaturge et scénariste.

En 1992, son premier roman Illusions d’optique, « conte où la beauté et l’élégance masquent le mal et les perversions » selon le New-York Times Book Review, crée l’événement. Le roman est finaliste du prix Dashiell Hammet du meilleur premier roman à suspense de l’année.

Elle vit à Washington avec son mari le journaliste Jim Hoagland, lauréat du prix Pullitzer. Elle est la fille de l’actrice Joan Alexander (1915-2009).

Le roman:

Le Grimoire, second roman de l’auteur paru sous le titre The Witches’Hammer en version originale de 1994, a été publié en 1996 par les éditions L’Archipel, réédité en version poche en août 2019. Le style est alerte et plaisant à lire. Les divers éléments de la mise en scène ( lieux, personnages, situations) sont mis en place efficacement, en quelques phrases, grâce à des détails bien choisis. Dans le même temps, l’histoire se déroule à un rythme lent, faisant durer le suspense.téléchargement

Les multiples thèmes abordés sont multiples et un peu convenus : mystère, magie noire et occultisme; bibliophilie; trésor caché des Templiers; complot international; chasse aux sorcières moderne; misogynie.

Le grimoire: traité de magie noire décrit de manière très imagée, avec force détails dont je ne vous révèle qu’une petite partie: « Page après page s’y exprimaient les fantasmes d’une imagination macabre. Le texte français, très dense, était coupé de symboles occultes et de gravures représentant d’étranges actes sexuels, des manifestations surnaturelles terrifiantes et des images démoniaques d’hommes et d’animaux. » (Page 23).

L’intrigue:

Le professeur John O’Connell, chirurgien de renom et bibliophile averti, se voit offrir par un de ses patients un mystérieux grimoire. Il demande l’avis de son ami Giuseppe Antonelli, également collectionneur de livres rares, lequel se comporte bizarrement. Béatrice, fille du docteur O’Connell, le soupçonne de ne pas avoir révélé tout ce qu’il savait.

th (1)Le lendemain, John est abattu par balle chez lui, sa bibliothèque dévastée. Curieusement, rien ne manque parmi les objets précieux que possédaient le docteur. Rien, sauf le grimoire…Anéantie, Béatrice promet à son père de tout faire pour trouver le coupable et pour le venger, sans se douter qu’elle se lance dans une aventure des plus périlleuses.

Les semaines passent. L’enquête de la police n’aboutit à aucun résultat. Béatrice se morfond dans son chagrin et ne sait comment agir au mieux face aux questions qui l’assaillent. Pourquoi le père Morton s’intéresse-t-il au grimoire avec insistance? Qu’est précisément l’institut Duarte dont il est l’un des administrateurs? Pourquoi la jeune femme se sent-elle sur le qui-vive en présence de l’onctueux ecclésiastique? Pourquoi Lovelock, vendeur et restaurateur de livres anciens auquel son père avait demandé conseil, refuse de répondre à ses questions, insinuant même qu’elle court un grand danger?

C’est alors que Stephen, son ex-mari, réapparaît trois ans après leur divorce. Informé du meurtre du docteur, il lui propose son aide pour l’aider à retrouver le ou les assassins. Peu à peu, ils collectent informations et indices sur la route périlleuse du grimoire qui semble porter malheur à tous ceux qui l’ont possédé. Sur les traces d’une secte menant une lutte meurtrière contre les femmes, ces sorcières sans qui l’homme serait bien plus heureux, le danger les guette à chaque pas. Parviendront-ils à démasquer les tueurs? Se sortiront-ils des griffes de ces hommes prêts à tout pour récupérer le grimoire?

Les personnages:

Le Grimoire offre des portraits très réalistes, notamment celui de Béatrice dont on suit les méandres à travers ses doutes, ses remords, ses faiblesses, mais également ses dérives sexuelles un peu trop présentes parfois.

  • John O’Connell: chirurgien, bibliophile passionné, collectionneur qui jamais ne se départit de ses livres; veuf; il émane de lui une impression de force et d’intelligence.
  • Béatrice: fille de John; vit chez son père depuis son divorce; déçue et meurtrie par la vie; spécialisée dans les recherches pour écrivains; nature toute en contraste: forte et fière mais également fragile et timide.
  • Giuseppe Antonelli: bibliophile averti et libraire à Rome, ami de John; célibataire, se consacre tout entier à ses études.
  • Franck Monahan: inspecteur chargé de l’enquête.halloween-1709572__340
  • Simon Lovelock: bibliophile, vendeur et restaurateur de livres anciens, spécialisé dans les traités d’occultisme et de magie; gentil, excentrique; ancien jésuite.
  • Père Morton: curé de Saint-Xavier ami de Giuseppe, bibliophile lui aussi; un des administrateurs de l’institut Duarte.
  • Stephen Carson: ex-mari de Béatrice; ancien journaliste de terrain, écrit des ouvrages dcumentaires; nature désinvolte, charmeuse; gagne facilement la confiance des gens; attiré par le danger.
  • Comte Borzamo: aristocrate italien bibliophile.

Les lieux:

books-2362214__340.jpgMaison de John: en parfaite adéquation avec le personnage => Habite une demeure de quatre étages en brique brune située sur les hauteurs dominant l’East River, à l’écart de la ville, dans u quartier fait de rues tranquilles bordées d’arbres. La bibliothèque en est bien entendu le joyau, bien que son agencement soit très conventionnel, à l’image de son propriétaire: « Les mêmes rideaux vert foncé masquaient les larges fenêtres donnant sur le jardin. Les mêmes sièges et tables de style occupaient le centre de la pièce afin de ne cacher aucun des rayonnages…Les grandes échelles de bois étaient prêtes à glisser sur leurs rails, indispensables pour atteindre les ouvrages rangés parfois à plus de trois mètres de haut au-dessus des têtes. » (Page 21)

L’institut Duarte: institut officiellement consacré aux recherches philosophiques; officieusement, dirigé par des individus dont la mission est de combattre les sorcières, ces femmes qui refusent de se tenir à la place que l’Eglise leur assigne. L’institut est situé dans une région reculée, à la campagne, à Milbern, petite ville faussement accueillante et insignifiante: « Bâtie autour d’un jardin aux fleurs multicolores et aux allées ombragées de grands arbres. L’église de bardeaux blancs et le palais de justice de brique rouge délimitaient la rue principale bordée de boutiques et de maisons pimpantes. » (Page 160).

En conclusion:

Bien que son intrigue aborde des thèmes couramment abordés dans ce genre de littérature, Le Grimoire recèle des qualités indéniables: richement documenté sur les grimoires et le monde de la magie noire; des portraits de personnages complexes, intéressants, à la psychologie fouillée; une mise en scène soignée.

Le Bémol: sans pruderie aucune, je trouve que les délires et dérives sexuels de Béatrice alourdissent trop le récit au lieu de lui donner un cachet d’authenticité, donnant l’impression que l’auteur sombre ainsi dans la facilité commerciale. C’est dommage, ça gâche un peu l’allure générale du roman.

Le +: l’opposition entre un monde lisse, superficiel, policé et la face obscure de chaque être humain, celle que l’on ne montre pas mais qui sommeille tapie au fond de nous en attendant de s’éveiller…ou pas…Un thriller de bonne facture qui se laisse lire.

Citations:malleus maleficarum

« Qu’on les dût aux charmes de la Santeria ou à l’évocation maléfique des morts par le truchement de la nécromancie, les forces des ténèbres ne pouvaient s’expliquer, comme l’avait dit le signor Antonelli, par de simples séquelles des siècles d’obscurantisme. Elles rôdaient en marge des sociétés modernes. » (Pages 57-58).

« Penser que l’humanité va continuer à déverser ses ordures dans l’océan…jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de les expédier dans l’espace! L’homme est vraiment l’animal le plus malfaisant qui soit. » (Page 127).

« Elle n’est affreuse que parce qu’elle représente la façon dont vous, les hommes, voyez les femmes qui osent vivre leur sexualité comme vous. Cette audace menace votre virilité. Vous vous en défendez en en faisant une monstruosité. » (Page 141)

« Mais souvenez-vous que l’Iliade a passé pour une fiction jusqu’à ce que Schliemann la prenne au sérieux et découvre Troie. De même pour le Machu Pichu, qu’un ethnologue, Hiram Bingham, a fini par trouver. Tout ce qui est fantastique n’est pas obligatoirement faux. Les vieilles légendes contiennent souvent davantage de vérité qu’on ne l’imagine. » (Page 150).

« Ces sornettes, comme tu dis, ont pourri la civilisation occidentale. Elles exploitent une vérité fondamentale: les hommes ne savent pas qui sont les femmes et les femmes ne savent pas qui sont les hommes. Nous cohabitons depuis des milliers d’années comme si nous étions des espèces différentes. Or ça bouge depuis quelque temps, tu ne t’en es pas rendu compte? » (Pages 342-343).

2 commentaires sur « Passion thriller: Le Grimoire, Jane Stanton Hitchcock. »

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