Publié dans angoisse, éditions l'Archipel, corruption, endoctrinement, FBI, manipulation politique, Passion thriller, suicide, USA

Passion thriller: Dark Web, Dean Koontz.

« On ne passe jamais de contrat avec le diable, tout simplement parce que le diable n’a pas d’honneur et ne respectera jamais sa parole. » Tout est dit…

L’auteur:

thNé le 9 juillet 1945 en Pennsylvanie, Dean Koontz est un romancier américain auteur de romans policiers, de romans noirs, de SF, de romans d’horreur et fantastiques. Malgré une enfance vécue sous le joug d’un père alcoolique et violent, il obtient une maîtrise de lettres. En 1967, il décroche son premier poste de professeur d’anglais à la Mechanicsburg High School. Il consacre son temps libre à l’écriture. Son premier roman, intitulé Star Quest, est publié en 1968. Quelques années, il publie des romans de suspense et d’horreur sous plusieurs pseudonymes et sous son vrai nom. C’est avec Whispers ( La nuit des cafards dans la version française), roman publié en 1980, qu’il obtient son premier gros succès. Il réside dans le sud de la Californie, région où se passent la plupart de ses histoires.

Le roman:

Dark Web, The Silent Corner en version originale parue en 2017, a été publié en 2018 par les éditions L’Archipel. Le style est vif, brut, taillé au couteau. Les phrases construites téléchargementsommairement impriment un rythme soutenu. Les descriptions concises donnent juste le nécessaire pour fixer le décor: « Le centre-ville, planté de pins et de chênes, avait gardé des airs de Far-West. Au-delà des bâtiments les plus anciens datant de l’époque des pionniers, des constructions plus récentes avaient adopté l’architecture western avec plus ou moins de bonheur. » (Page 21).

Les scènes d’action alternent avec des scènes moins mouvementées, plus descriptives, correspondant aux faits et gestes de Jane, aux étapes de son enquête, construction qui donne au roman un rythme à double vitesse, propre à entretenir le suspense: « Elle raccrocha, démarra et explora les environs jusqu’à ce qu’elle trouve une benne près d’un chantier. Elle n’avait utilisé que quelques minutes achetées avec le portable, mais elle n’entendait pas courir de risque inutile. Elle baissa sa vitre, lança le téléphone dans la benne, et s’éloigna au volant de la Ford en direction du Pierce College. » (Page 124).

L’intrigue:

Jane Hawk, inspectrice au FBI, en congé sans solde, rend visite à la veuve de Gordon Lambert, lieutenant-général dans la Marine, qui s’est donné la mort quelques jours plus fbi.jpgtôt, dans des circonstances pour le moins troublantes. Tout comme le mari de Jane, Nick, qui s’est suicidé quatre mois plus tôt, sans raison apparente, alors que tout marchait bien dans sa vie et dans leur couple, laissant un curieux message, écrit d’une écriture illisible, comme s’il perdait peu à peu l’usage de sa main. S’agit-il d’une coïncidence? De meurtres habilement déguisés?

Comment expliquer le taux de suicide anormalement élevé qui s’abat sur le pays: « A ceci près que tous ces suicides se sont déroulés de façon étrange. Il s’agit à chaque fois d’individus bien dans leur vie qui ne souffrent pas de dépression et n’ont pas de problèmes d’argent. Aucun n’a le profil habituel des personnes ayant des tendances suicidaires. » (Pages 28-29)

Malgré la désapprobation de sa hiérarchie, Jane veut des réponses. Elle décide de mener seule son enquête. Enquête dérangeante. La jeune femme ne tarde pas à se retrouver face à des ennemis invisibles, mais bien présents, qui ne reculent devant rien et disposent d’importants moyens, bien décidés à la faire taire et à étouffer le scandale qu’elle s’apprête à mettre au jour. Qui sont-ils? Des officiels ou des membres d’un groupe occulte.suicide

Jane, seule contre tous, aura besoin de toutes ses ressources et de son instinct pour les identifier et déjouer leur complot. Son seul point faible: Travis, son fils âgé de cinq ans!!!

Les personnages:

  • Jane Hawk: agent profiler du FBI, amatrice de musique classique, 27 ans, veuve; intelligente et déterminée.
  • Nick: colonel de Marine, 32 ans; mari de Jane; décédé quatre mois plus tôt.
  • Jessica: amie de Jane et Nick; amputée des deux jambes au niveau des genoux: d’origine Cherokee; bénévole pour diverses organisations d’anciens combattants.
  • Gavin: mari de Jessica; ancien Marine; écrit des articles consacrés à l’armée et des romans dont les héros sont des membres des Forces Spéciales.
  • Nathan Silverman: patron de Jane; directeur des unités du Département d’analyse comportementale.
  • Dougal Derwent Trahern: responsable de la soupe populaire; caractère brusque, bourru, très peu amène; aide Jane dans sa mission.

Les ambiances:

Dark Web peut parfaitement être qualifié de thriller d’ambiance. Je sais que vous allez penser que cette expression ne signifie rien. En fait, si…Dans ce thriller basé sur une chasse à l’homme ( ou plutôt à la femme), les lieux sont secondaires. Il est plus important de ressentir ce que les personnages vivent; pour ce faire, quoi de plus évocateur que de décrire l’atmosphère dans laquelle se déroule telle ou telle scène.

oragePar exemple, l’ambiance d’orage symbolisant la menace qui pèse sur Jane: « La ville restait dans l’attente du déluge qu’annonçaient des accumulations de nuages sombres. Les fenêtres des immeubles étaient allumées alors qu’on était en plein jour, les conducteurs roulaient avec leurs phares dans ce faux crépuscule, à la façon de sous-marins se croisant sous l’eau. » (Page 53)…

…Où l’angoisse et l’appréhension transpirent par tous les pores de la peau: « Par cette chaude journée de mars, des gouttes de sueur lui glissent le long de la nuque et coulent de ses aisselles. Le ciel est d’un bleu sans tache qu’imite l’océan, le soleil se reflète sur l’eau et lui brûle les yeux entre les arbres. Des vagues s’écrasent mollement sur le sable en poussant vers la grève une odeur d’algues pourries. » (Page 134).

Le jeu d’ombres et de lumières accentue ce sentiment de malaise et de mystère, créant le suspense: « Aucune porte ne perçait le mur, mais celui-ci, haut de deux mètres, était facile à escalader. Elle se hissa au sommet et observa le jardin plongé dans l’obscurité. Rassurée, elle se laissa tomber sur la pelouse et contourna la piscine sur l’eau sombre de laquelle se reflétait une lune brisée. La lumière qui filtrait de l’une des fenêtres éclairait faiblement le patio… » (Pages 204-205).

En conclusion:fog-1915793__340

Dean Koontz propose, avec Dark Web, un roman sombre et lumineux à la fois, sombre par son thème de manipulation sur l’humain afin de créer un surhomme capable de vivre plusieurs siècles en lui injectant des nanoparticules, enjeu autant économique que scientifique; lumineux par la personnalité de Jane, cette femme courageuse et déterminée prête à braver les pires dangers pour déjouer le complot inique auquel elle se trouve involontairement mêlée.

Le +: un aperçu de cette Amérique de contrastes où se côtoient le luxe effréné de milliardaires ne sachant plus que faire de leur argent et la misère de banlieues délaissées où survivent des gens échoués là, à quelques centaines de mètres.

La fable du pot de terre contre le pot de fer véhiculant le message d’espoir qu’il existe encore des humains probes, pour qui l’amitié, l’amour, l’éthique d’une humanité que l’on ne cherche pas à transmuter pour d’obscures motivations peu avouables autres que purement médicales, ont une signification réelle et sincère. Les avancées techniques devraient constituer un but en soi et non un moyen de récolter gloire, pouvoir et argent…

Citations:

« Le documentaire était consacré aux scientifiques qui mettaient au point des implants cérébraux en se servant de fibres optiques et de protéines capables de réagir à la lumière. La journaliste expliquait que l’être humain dialoguait en permanence avec son cerveau: nos sens « écrivaient » des informations que le cerveau se chargeait ensuite d’interpréter avant de « rédiger » ses instructions. Des expériences montraient que des implants cérébraux avaient la capacité de récupérer ces instructions et de les transmettre… » (Pages 37-38)

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Diable

« Sa carrière dans la police lui avait appris combien la vie pouvait être étrange, et ses semblables imprévisibles. Si la majorité des criminels ne l’étaient pas, par manque d’imagination le plus souvent, les individus les plus doux et innocents en apparence étaient capables de gestes aussi ahurissants qu’inattendus. Dans le même ordre d’esprit, les hommes et les femmes ordinaires se comportaient parfois avec autant de courage que les héros de guerre. Un constat qui avait empêché Silverman de sombrer dans le cynisme. » (Page 216).

« C’était bien le problème avec des gens comme Overton. Ce n’était pas son argent qui l’avait corrompu, mais la façon dont il avait décidé de dépenser sa fortune. » (Page 249).

« Jane se sentit déroutée par le regard de la fille. Un regard qui n’avait rien de mécanique, bien au contraire. Les yeux de LuLing étaient des vasques obscures, aussi que celles de n’importe quel humain, mais ils étaient pourtant différents. Il leur manquait l’étincelle de vie, ce mélange d’espoirs, d’ambition et d’angoisses qui caractérise le regard humain. » (Page 265).

« Toutes les agences gouvernementales attachées au terrorisme comme aux questions de sécurité nationale, qu’il s’agisse de la CIA, de la NSA, de la Sécurité intérieure ou du FBI, veillaient jalousement sur leurs prérogatives en coopérant au minimum entre elles, de peur de perdre de leur influence. » (Page 388).

2 commentaires sur « Passion thriller: Dark Web, Dean Koontz. »

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