Publié dans Angleterre, corruption, espionnage, guerre, Passion polar historique

Passion polar historique: Mystères et diableries sous Louis XI: Tome 3: Cuvée Royale, Alain Bosc.

Troisième et dernier volet des aventures de Thomas et Paul sous le règne de Louis XI: espionnage et intrigues dignes des meilleurs films de cape et d’épée.

L’auteur:

téléchargement (1)Alain Fournier, allias Alain Bosc, âgé de 64 ans, a travaillé à Bordeaux comme ingénieur du son. Très grand lecteur aux goûts éclectiques, notamment des polars historiques édités chez 10/18, il a pour habitude de réécrire dans sa tête certains passages qui lui semblaient perfectibles. De fil en aiguille, il s’est dit qu’il devrait essayer d’écrire lui-même, et bien lui en a pris !! Après moult mésaventures éditoriales, Alain Bosc a décidé de mettre les trois tomes sur Amazon où ils ont obtenu un joli petit succès.

Le roman:

Cuvée royale, troisième volet de la trilogie intitulée Mystères et diableries sous Louis XI, a

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Aquitaine

été publié en auto-édition en 2016. L’élégance du style et le soin apporté à la mise en scène, marques de fabrique de l’auteur, sont toujours au rendez-vous. Le sens de la description, restituant odeurs et décors, est un des nombreux atouts de ce roman: « La chambre était sombre, étroite et le lit infesté de vermine. Il y flottait une épouvantable odeur dont il découvrit la provenance en poussant le contrevent de planches épaisses qui obturait le fenêtre. » (Page 72)

L’intrigue:

Depuis leur récente défaite, les Anglais ne pensent plus qu’à ça: reprendre la Guyenne. guyenne.jpgLann, espion anglais, a pour mission de rallier à leur cause les anciens membres de la Ligue, notamment le comte d’Armagnac et le duc de Nemours. Mais ce dernier, dans une énième volte-face, conclut une alliance avec Louis XI. Pour autant, est-il sincère? Si oui, il voudra certainement faire disparaître toutes traces du complot…et Lann avec!! D’autant que le roi met tout en oeuvre pour écarter les traîtres de son chemin, y compris son propre frère qu’il pense apaiser en reconstituant pour lui le duché de Guyenne.

Soulac, village dans le prieuré duquel Thomas Russ s’est retiré, est pillé par les soudards de Lescure en représailles contre les jumeaux qui ont osé braver son autorité en récupérant le corps de leur frère pendu pour braconnage et en détruisant le gibet, symbole de sa puissance.

Thomas parvient à passer un accord avec Isabelle de la Tour, seigneur de Lesparre depuis le décès de son mari: en échange de sa clémence envers les deux fugitifs, Thomas s’engage à partir à la recherche de Gombaud, bras-droit de la dame et capitaine de Lesparre, subitement volatilisé. Mais Isabelle, de réputation vénéneuse et implacable, est-elle honnête avec Thomas? Ne poursuit-elle pas un dessein dans lequel le jeune homme ne serait qu’un jouet qu’on jette une fois la partie terminée?

C’est alors que Louis XI débarque chez son oncle Aymon Tuillier, marchand à Bordeaux!!

Reconstitution historique:

Ce qui est plaisant avec les romans d’Alain Bosc est que la situation politique et/ou

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Louis XI

religieuse de l’époque est toujours clairement exposée grâce à une fine analyse des connections et des motivations politiques dans un contexte tourmenté, complexe. En quelques mots, le lecteur possède les tenants et les aboutissants qui lui permettront de s’immerger dans l’intrigue sans prise de tête.

Contexte politique entre la France et l’Angleterre: la guerre de Cent Ans n’étant achevée que depuis quelques années, les effets s’en font encore ressentir, notamment dans le jeu des alliances et des trahisons, des conflits larvés: « Louis avait passé le début de l’été à Chartres au plus près des nouvelles de Bretagne, de Normandie, d’Angleterre. Et les nouvelles reçues hier de Londres étaient mauvaises. Le comte de Warwick était brusquement tombé en disgrâce, supplanté par l’entourage de l’ambitieuse nouvelle épouse du roi Edouard IV. Sans Warwick, l’influence du duc de Bourgogne allait enfler démesurément à la cour d’Angleterre. On parlait de soutien ouvert à la Ligue du Bien Public, de nouvelle invasion anglaise peut-être. » (Page 35).

guerre de cent ansVestiges de la guerre de Cent Ans: « Les ravages de la guerre de Cent Ans, à peine quinze ans plus tôt, n’avaient pas épargné le Médoc. Pourtant, ils avaient survécu. Survécu aux Anglais débarquant à Soulac pour libérer Bordeaux, Survécu à leur retour pour rembarquer à la hâte après la défaite de Castillon, survécu même au régiment écossais de Charles VII, le roi de France d’alors, lancé à leur poursuite et prétextant la supposée « sympathie pour l’Anglais » des Médocains pour brûler, rapiner, violer et ne laisser derrière eux que la mort et le chagrin. Les survivants étaient ressortis de la forêt comme des spectres hagards pour reconstruire leurs chaumières et enterrer leurs morts. Une décennie plus tard, c’est ce qu’ils faisaient encore. » (Page 42).

Les lieux:

Le sens de la description d’Alain Bosc se manifeste par des tableaux vivants et expressifs.

L’estuaire: « …les eaux boueuses du large estuaire s’écoulaient puissamment vers la mer. Redescendant loin vers l’amont, son regard s’attarda sur les tours menaçantes du château de Lesparre au bord d’un petit bras du fleuve. Quelques bateaux à l’ancre attendaient là que le cours du fleuve s’inverse avec la marée pour poursuivre leur chemin jusqu’à Bordeaux. » (Page 69).estuaire

Soulac: « Ils débouchèrent, au détour d’une petite dune isolée plantée de pins, dans une véritable rue bordée d’honnêtes chaumières. Puis le bourg les environna de toutes parts et ils débouchèrent sur une large place qui semblait concentrer tout l’éventail des besoins des villageois: une église des plus coquettes garnie d’un haut clocher qui justement sonnait prime, une maison commune imposante au centre de la place, un moulin sur une dune curieusement située en plein village… » (Page 124).

En conclusion:

Dès les premières lignes, on rentre dans l’action avec la vision du camp des routiers. De l’action, des bagarres, du rythme, de l’humour. On ne s’ennuie pas une seconde!!

barrel-52934__340Les personnages sont intéressants, notamment le jeune Thomas Russ, moitié Anglais, moitié Bordelais, symbolisant la pluralité d’un peuple assis entre deux royaumes, dont la première finalité est de s’enrichir par le commerce de son vin. Anglais? Français? Peut importe finalement, pourvu que l’on soit libre de mener ses affaires à sa guise… »Les combats que lui imposait l’existence lui étaient devenus un fardeau intolérable…Le rejet qu’il éprouvait de toute emprise du roi sur sa vie était si violent et lui causait une angoisse si douloureuse que Paula ne le comprenait plus et avait même un peu peur de lui. Il n’en avait été que plus désespéré et, à ce moment de son existence, s’il avait dû se définir, il se serait comparé à une ville assiégée dont les remparts s’écroulent les uns après les autres et qui ne sait vers qui se tourner pour trouver de l’aide. » (Page 49).

Avec ce troisième tome, Alain Bosc confirme son talent de conteur, sa maîtrise de la reconstitution historique pour notre plus grand plaisir. Y aura-t-il un quatrième volet des aventures de Thomas et de Paula? Mystère…

Citations:

« Avec les offrandes des pèlerins et les revenus du sel et des pêcheries, tu es surtout là pour garnir d’écus ta bourse et celle de l’abbé de Sainte-Croix, mon bonhomme, et nous le savons fort bien tous les deux. » (Page 48).

« Apaisé par le crissement soyeux du ressac qui léchait le sable de la plage, il se résigna à quitter une fois encore, une dernière fois espérait-il, le calme qu’il était venu chercher là, pour affronter de nouveau l’existence. C’était une décision d’une terrible violence pour lui. Les mesquineries, le besoin de posséder toujours plus, l’appétit insatiable et de humain de détenir un pouvoir, si dérisoire soit-il, sur ses semblables, lui semblaient si pathétiques et incompréhensibles qu’il avait peine à les combattre. » (Page 50).

« -La vie est simple, Thomas, il suffit de faire ce qui doit être fait, finit-il par dire. -Et on le sait comment, ce qui doit être fait? -Ton cœur le sait, Thomas, écoute-le. » (Pages 56-57).

2 commentaires sur « Passion polar historique: Mystères et diableries sous Louis XI: Tome 3: Cuvée Royale, Alain Bosc. »

  1. Oh ! C’est gentil de votre part ! D’autant que je trouve votre chronique très juste (un peu flatteuse, mais je ne vais pas m’en plaindre !) Merci beaucoup, voilà de quoi me motiver à terminer le thriller qui avance si lentement. Je l’aime pourtant bien cette intrigue, mais il y a tant de choses à vivre que même délivré d’activités professionnelles j’ai du mal à trouver le temps d’écrire. Mais avec votre petit coup de boost je vais m’atteler à la tâche !

    PS : je pense toujours à vous pour m’aider à le peaufiner le moment venu…

    Amicalement,

    Alain Bosc

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis bien contente que mon article vous plaise, et je ne le trouve pas du tout flatteur: votre roman recèle de nombreuses qualités, croyez-moi. J’en lis environ 120 par an, donc je peux comparer…Pas de souci, vous savez où me trouver en cas de besoin…J’ai hâte de lire ce thriller

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