Publié dans aventures, éditions Hugo Roman, énigme historique, Passion thriller français

Passion thriller français: Vérité. Tome 1: Les Sages de Sion. Hervé Gagnon.

Lorsque le Bien et le Mal ne sont pas clairement définis, le Mal triomphe toujours car il est le plus fort…Il est ce qui reste quand le Bien a disparu, ne laissant que ténèbres…

L’auteur:

OIPHervé Gagnon, né le 26 août 1963 à Chicoutimi au Québec, est un historien et romancier québécois. Il est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en histoire, ainsi que d’une maîtrise en muséologie historique, travaillant plus spécialement sur la mise en valeur de la culture et du patrimoine.

Il est l’auteur de nombreux romans pour la jeunesse, consacrés au genre historique, dans lesquels il ne dédaigne pas d’ajouter une touche d’ésotérisme et de fantastique, permettant à ses lecteurs de se divertir tout en acquérant des connaissances générales en histoire.

En 2014, il amorce une série de polars historiques consacrés aux enquêtes du journaliste Joseph Laflamme dans le Montréal de la fin du XIXe siècle, avec six titres publiés. Mais c’est avec les thrillers historico-ésotériques qu’Hervé Gagnon donne toute la mesure de son talent de conteur avec différentes séries, dont Vérité, Malefica, Vengeance et La Mort du Temple.

Le roman:

Les Sages de Sion, le premier tome de la série intitulée Vérité, a été publié par les éditions Hugo Roman en 2018, puis réédité en 2020 Par Hugo dans la collection Hugo Poche. Le style est fluide, agréable à lire.

Construction: l’intrigue se déroule principalement en 1917 et en 1939 en différents lieux, avec des incursions dans un passé plus lointain, en 1227. Les chapitres courts impriment au récit un rythme effréné, ne laissant aucunement la possibilité au lecteur de reprendre son souffle.

Thèmes: Hervé Gagnon reprend des thèmes éculés  largement évoqués dans de nombreux romans aux qualités variables, tels que la civilisation et l’île mythique de la grande Thulé, le concept de la race aryenne, le trésor perdu des cathares et le Graal. Tout l’intérêt à reprendre ces thèmes est de les mettre en scène de façon innovante, dans le but d’apporter un éclairage nouveau.

L’intrigue:

1939. H. Himmler et ses Gruppenführer rêvent de restaurer l’antique nation allemande, pure et « judenfrei », sur le territoire où elle avait jadis prospéré quand les Germains régnaient sur l’Europe. Afin de pouvoir dévoiler à la face du monde que le christianisme n’est qu’une vaste supercherie, Himmler se lance à la recherche d’une preuve historique, la lettre originale de Ponce Pilate.

Pendant ce temps, au Vatican, l’abbé Clementelli, archiviste, met la main incidemment sur des documents secrets qui remettraient en cause les fondements mêmes de l’Eglise, documents découverts et mis à l’abri par Innocent II, 164 ème pape qui avait régné de 1130 à 1143. Chacun de ses successeurs devait en prendre acte puis les enfouir au plus profond des archives car l’information qu’ils véhiculent ferait s’écrouler l’édifice chrétien comme un vulgaire château de cartes: « Jésus ne serait pas mort sur la croix mais de vieillesse »!!

Dans un petit village du sud de la France, Roland Sentenac, obscur fils de notaire, se voit confier la mission de retrouver les traces de Gondemar de Rossal afin de protéger la Vérité jusqu’au moment de sa révélation. Qui de lui ou des SS de Himmler parviendra à retrouver la précieuse lettre en premier? Qui sera en mesure de protéger la Vérité? Le Bien ou le Mal…

Les personnages:

1279.templier

  • Gondemar de Rossal: Cancellarius Maximus, chef du Praetorium chargé de protéger la Vérité.
  • Odon: compagnon et ami de Gondemar.
  • Bernon de Saint-Agnan: nouveau Cancellarius Maximus à la mort de Gondemar; homme humble et discret.

1939.

  • Roland Sentenac: fils d’un obscur notaire de province.
  • Jacob Weinstener: l’un des patriarches du réseau secret appelé les « Sages de Sion ».
  • Heinrich Himmler: l’un des plus hauts dignitaires du 3e Reich.
  • Benvenuto Clementelli: prêtre bureaucrate, homme élégant et soigné, archiviste adjoint des Archives secrètes du Vatican; historien, curieux de nature.
  • Karl Wolff: officier SS, général des Waffen SS; homme à l’allure aristocratique, racé, discret, animé par une ambition politique; proche de Himmler.
  • Gustav Hartmann: Sturmbannführer.
  • Otto Rahn: SS défroqué lui aussi a la recherche de la lettre de Ponce Pilate.
  • Jules Cabanac: réceptionniste de l’hôtel des Marronniers.
  • Louise Bourrée: femme de ménage de l’hôtel des Marronniers.
  • Les Sages de Sion: réseau secret chargé de veiller à la préservation du peuple juif présidé par douze membres, un pour chacune des douze tribus d’Israël.

A plusieurs reprises, le roman fait allusion à l’Ahnenerbe, qui a réellement existé: il s’agit d’un institut pluridisciplinaire, créé en 1935 par Himmler, qui avait pour objet d’études « la sphère, l’esprit, les hauts faits et le patrimoine de la race indo-européenne nordique », s’appuyant sur la recherche archéologique, l’anthropologie raciale et l’histoire culturelle de la race aryenne. Son but était de prouver la validité des théories nazies quant à la suprématie de la race aryenne soi-disant représentée par le peuple allemand.

Les lieux:

Les différents lieux dans lesquels se déroule l’intrigue bénéficient de descriptions précises et soignées: 

 

OIP (2)
Enceinte du Temple

La crypte: « La crypte ronde du Germanenorden avait été aménagée sous la grande salle à dîner de Wewelsburg. Elle était la véritable raison de la restauration du château. Avec ses murs de pierre d’un mètre et demi d’épaisseur, elle était entièrement isolée de l’extérieur. Le jour, elle était éclairée par des puits de lumière, mais le soir, elle baignait dans le halo dansant et un  peu sinistre de douze flambeaux. Au centre du plafond en dôme se trouvait un swastika stylisé, sculpté à même la pierre. Dans le plancher était aménagée une cuvette en pierre dans laquelle on brûlait les restes des héros de l’Ordre noir, dont on conservait ensuite les cendres dans les urnes qui s’accumulaient dans les niches sur le pourtour de la pièce. » (Pages 34-35).

Archives secrètes: « Du plancher au plafond, les murs étaient tapissés d’étagères de métal. Presque quatre-vingt kilomètres de rayonnage (…)çà et là, une porte donnait accès à une salle aux conditions climatiques contrôlées avec soin, où l’on conservait des documents extrêmement fragiles. Partout, il n’y avait que du papier et, surtout, des connaissances… » (Pages 43-44).

En conclusion:

Bien que les thèmes développés par ce premier tome de Vérité soient maintes fois ressassés, pas toujours avec discernement il faut bien l’avouer, et qu’il n’apporte pas de nouvelles hypothèses ou réponses, je me suis laissée séduire par ce récit enlevé, bien documenté, qui se laisse lire comme un bon roman d’aventures assorti d’une plaisante touche d’ésotérisme et de fantastique. Gageons que le second tome nous entraînera plus avant dans la recherche de la Vérité

Citations:

téléchargement
Tour du Temple

« Le Mal n’est pas inné, mais il est très contagieux. Il s’attrape facilement auprès de ceux qui le portent en eux, qui le font et qu’on a la malchance de côtoyer. Il s’installe d’autant plus facilement que le terrain est rendu fertile par la haine et l’indifférence. Il attire les plus vulnérables comme le feu attire les mouches qui finissent par s’y brûler les ailes. Une lueur à la fois, il éteint la lumière en eux, ne laissant que des ténèbres libres de s’épaissir. Le Mal est plus que la simple absence du Bien. Il est ce qui reste quand le Bien a disparu. » (Page 11).

« Clementelli passa une autre porte et poursuivit son chemin, perdu dans ses pensées. Ce dont les fidèles ne se rendaient pas compte, c’était que l’Eglise, toute sainte se prétendait-elle, était une institution humaine et, par conséquent, politique. Elle avait fait sa part de compromis honteux et commis mille bassesses, sans compter ses pactes plus ou moins sérieux avec le diable. » (Page 46).

« La diplomatie exigeait souvent que l’on se pince le nez pour ne pas sentir l’odeur des compromis et des concessions que l’on faisait. Elle ne pouvait exister que si l’on acceptait parfois de pactiser avec le diable -ou avec le Führer. Elle ne pensait jamais à court terme et elle était terriblement ingrate. Cela, Pie XII le savait mieux que quiconque. » (Page 341).

« -Tu t’imagines malgré tout que Dieu se mêle des affaires temporelles de l’Eglise? Existe-t-il même? -J’aime à croire l’un et l’autre, oui. -Alors pourquoi a-t-il permis une telle abomination? Pour salir sa propre Eglise? Pour éprouver ses serviteurs? -Il ne faut pas confondre la foi et l’institution. L’Eglise n’est pas la sienne, mais celle des hommes. » (Page 345).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s