Publié dans angoisse, éditions Hugo Roman, éditions Hugo Thriller, harcèlement, manipulation psychologique, Passion thriller

Passion thriller: Mentor, Lee Matthew Goldberg.

Qui du professeur estimé à la réputation sans tache et de l’ex-étudiant drogué et dealer la police croira-t-elle?…Jusqu’où ira le jeu de la manipulation?

L’auteur:

téléchargementLee Matthew Goldberg est un auteur américain né et vivant à New-York, qui se consacre à l’enseignement et à l’écriture de thrillers.

Le roman:

Mentor, The Mentor dans la version originale parue en 2017, a été publié en 2017 par les éditions Hugo Thriller, puis en 2020 par Hugo Poche. Le style simple et agréable à lire laisse tout latitude au lecteur pour s’immiscer dans l’intimité du roman et de ses personnages: « Cette nuit-là, il écrivit pendant des heures,téléchargement (2) comme un fou. Il avait consacré plus de dix ans à ce texte et des larmes perlaient au coin de ses yeux, comme il atteignait la moitié du livre. Il se sentait gagné par une indéfinissable mélancolie, l’idée qu’il arrivait au bout l’effrayait. Il s’imagina que tous les romanciers devaient faire face à ce problème à un moment ou à un autre: le désir de développer encore le roman pour ne pas avoir à dire adieu à ses personnages. » (Page 22).téléchargement

Fil rouge: très nombreuses références littéraires, avec en prime un livre dans le livre Devil’s Hopyard, celui écrit par William, dont l’auteur révèle des passages entiers.

Thème: manipulation psychologique.

L’intrigue:

« Si cette fille pouvait obtenir un contrat avant de finir la rédaction de son roman, il avait lui aussi toutes ses chances. Surtout maintenant qu’il avait un contact personnel », pense en son for intérieur le professeur William Lansing. Il confie donc son manuscrit à Kyle, un de ses anciens étudiants devenu directeur littéraire. Kyle promet de le lire et de lui donner un avis objectif. Mais le manuscrit s’avère mauvais et décevant…une histoire d’anthropophagie écœurante et de surcroît mal écrite, d’une perversité sans nom.

Kyle ne comprend pas comment William, professeur respecté, celui qui avait été son mentor pendant des années d’université, a pu écrire un torchon pareil: « Le style était épouvantable, parfois les phrases n’avaient aucun sens, et l’ensemble était très répétitif… » (Page 76). Mais le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises…car bientôt il réalisera qu’en fait il ne sait rien de l’homme que William cache au plus profond de son être.

Quant à William, il attache beaucoup d’importance à son manuscrit qu’il considère comme l’oeuvre de sa vie: « Peut-être que Kyle verrait à quel point il voulait que Devil’s Hopyard soit publié, c’était plus qu’un simple roman, c’était une de ces oeuvres qu’on étudierait dans les universités pendant des décennies à venir, on l’analyserait, on la disséquerait, on en débattrait. » (Page 90)

Dès lors, William se montre de plus en plus insistant, voire intrusif, et Kyle se sent de plus en plus mal à l’aise en sa présence; tandis que Jamie, sa petite amie, ne voit rien à redire. Jusqu’au jour où…Leur chat est retrouvé mort dans l’impasse de leur immeuble, son coeur soigneusement déposé sur le lit de Kyle…

Les personnages:

  • William Lansing: professeur de littérature au collège de Bentley, écrivain, ancien mentor de Kyle; caractère obéissant et concentré.
  • Laura: épouse de William, femme au foyer, aime le jardinage.
  • Kyle Broder: obsédé par le désir de réussite et de performance; directeur littéraire chez Burke and Burke; originaire du Wisconsin.
  • Jamie: petite amie de Kyle; décoratrice d’intérieur.
  • Brett Swanson: collègue de Kyle; réputation de vautour qui vole les auteurs des autres.
  • Sierra Raven: auteur de « Filles sans espoir », best-seller dont s’occupe Kyle; vive et intelligente.
  • Carter Burke: fils de l’un des fondateurs de la maison d’édition où travaille Kyle; suisse d’origine; caractère pointilleux et méthodique.
  • Nathaniel: étudiant de William; jeune homme médiocre, pleurnichard, facilement influençable.
  • Shérif Pealey: shérif de Killingsworth.

Les lieux:

Les principaux lieux de l’action sont décrits de manière succincte ou plus élaborée en fonction de leur importance dans l’intrigue. Trois lieux liés par l’histoire des personnages mais chacun aux antipodes des autres.

Killingworth: petite ville ouvrière où vit et travaille William; rien de bien prestigieux…

Editions Burke and Burke à New-York: fondées par l’oncle et le père de Carter, les bureaux « étaient décorés façon années soixante dans une ambiance Mad Men…Dans chaque bureau on trouvait donc des tables Knoll et des lampes en forme de champignon. Des sofas orange étaient adossés aux murs, toutes les salles d’attente étaient meublées avec des fauteuils en plastique et on avait accroché des sculptures psychédéliques aux murs. » (Pages 32-33).

Appartement de Kyle: décoré par la petite amie de Kyle, un lieu aseptisé, à la mode, qui respire l’argent mais sans chaleur ni confort: « Plancher en chêne blanc. Une cuisine en alcôve avec des éléments en acier inoxydable. Une table basse qui semblait avoir été taillée dans un tronc d’arbre gigantesque. Une télévision à écran plat. » (Page 50).

En conclusion:

Mentor est sans conteste une des révélations de l’année avec son style uniforme, sans particularité aucune, mais ne vous y trompez pas. Ce choix de l’auteur lui permet de mieux associer son lecteur à l’intrigue sans que celui-ci ne s’en rende compte, jusqu’au moment où, pris par l’intensité du récit, il n’a plus le loisir de revenir en arrière ou d’interrompre sa lecture. Il veut savoir comment cette sordide histoire va se terminer…

Le +: trois variantes de la même histoire se croisent et se recroisent comme les fils multiples d’une seule trame: la version de William, son roman et les souvenirs de Kyle…Laquelle des trois est la bonne? That is the question !!!

Citations:

« Les étudiants qui retenaient son attention n’étaient pas les vedettes de l’équipe de football ou les stars des pièces de théâtre, ceux-là se trouvaient des tas d’autres mentors pour s’occuper d’eux. Lui préférait rechercher les talents cachés, chez tous ceux qui attendaient un encouragement supplémentaire, ceux qu’on avait ignorés toute leur vie mais qui un jour iraient bien plus loin que leurs camarades. Ceux-là viendraient le remercier chaleureusement d’avoir allumé cette étincelle en eux. » (Page 14).

« -Ouais, l’auteur a le talent pour nous convaincre que toute cette violence est nécessaire. J’étais à une rencontre littéraire un jour, et un auteur de polars expliquait que chaque fois qu’on tue un personnage, il faut prendre en compte les conséquences de cette mort, sa famille…-Mais c’est juste de la fiction, rétorqua Jamie, exaspérée…-Oui, mais la fiction est le miroir de la réalité, répondit-il. » (Page 82).

« Il songea à la toute première dissertation qu’il avait rédigée pour le professeur Lansing. Il y avait travaillé toute la nuit. C’était après sa sortie de prison quand on avait décidé de ne pas le faire passer devant le juge. Il avait cessé de prendre des drogues dures. Il avait découvert la littérature, c’est ce qui l’avait sauvé. Il soulignait des passages dans A l’est d’Eden de Steinbeck, qui lui faisaient penser à sa propre existence. Il avait tout donné dans cette dissertation sur la spiritualité dans ce roman et il avait cru mourir en attendant la réaction du professeur. » (Page 137).

5 commentaires sur « Passion thriller: Mentor, Lee Matthew Goldberg. »

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