Publié dans amour, éditions De Borée, Paris 1860, Passion roman historique, place des femmes

Passion roman historique: Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle, Louis Mercadié.

Destin hors du commun d’une femme exceptionnelle dans la société bourgeoisement conservatrice du XIXe siècle. Partie de la misère, elle s’est élevée jusqu’aux salons parisiens…

L’auteur:

téléchargement (1)Louis Mercadié, fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, est un amoureux du temps passé dans ce qu’il a de vivant, d’héritage à transmettre. Historien, il est membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont L’Enfant du Buron, son premier roman publié aux éditions De Borée.

Le roman:téléchargement (1)

Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle a été publié par les éditions De Borée dans la collection Terre de Poche. Louis Mercadié y raconte, à la manière d’un compte-rendu biographique, la vie extraordinaire de Marie-Anne Savy qui, par son courage, sa ténacité et son intelligence a su se forger un destin extraordinaire, passant de l’orphelinat et de l’usine aux dorures des salons de la rue de Rivoli. Très peu de dialogues dans cette approche historique, illustrée de nombreuses précisions sur la société française alors en pleine mutation, du climat social et politique, mais aussi du combat d’une poignée d’hommes courageux et visionnaires pour le progrès.

Les personnages:

téléchargement (2)Marie-Anne Savy, épouse Talabot, est née en 1822. Partie de rien,  elle devint l’une des femmes les plus riches et les plus en vue de la France du Second Empire, sans jamais oublier ni renier ses origines modestes. Elle perd sa mère dès l’âge de cinq ans, connaît alors l’orphelinat, puis l’usine avant d’entrer au service d’une grande famille de la ville. En 1837, engagée par des notables marseillais, elle quitte l’Aveyron pour le Midi. C’est là qu’elle rencontre Paulin Talabot, polytechnicien, grand entrepreneur saint-simonien, et ingénieur visionnaire à l’origine de l’arrivée du chemin de fer en France. D’abord sa domestique, puis sa compagne, et finalement son épouse, elle saura s’imposer dans la difficile société bourgeoise du XIXe siècle, si peu faite pour l’émancipation et l’épanouissement des femmes. Elle fera de leur château du Roucas Blanc, à Marseille, et de leur salon de la rue de Rivoli, à Paris, des lieux de rencontres très prisés, où se croiseront Eiffel, Stephenson, l’astronome Le Verrier, mais également de nombreux artistes, comme Delacroix, Henner, Laurens ou Gavarni.

«Vous ne voulez pas me voir vivante, je vous dominerai après ma mort !» aurait lancé Marie Talabot aux habitants de sa ville natale de l’Aveyron. Son mausolée, imposant monument de marbre blanc érigé en 1892, domine la vallée d’Olt, surplombant la ville et défiant les passants. Personnage au grand coeur, audacieuse et déterminée, pour les uns, parvenue et courtisane pour les autres, Marie Talabot intrigue et provoque toujours, fidèle à ce qu’elle fut de son vivant.

Paulin Talabot est né le 18 août 1799 à Limoges et est mort le 21 mars 1885 à Paris. Ingénieurpaulin talabot polytechnicien, audacieux et visionnaire, il a largement contribué à l’essor du chemin de fer en France et à l’étranger. Banquier important, il a participé à la fondation du Crédit Lyonnais, fondé à Lyon en 1863 et considéré comme l’un des trois piliers de l’industrie bancaire française avec la BNP et la Société Générale, et de cette dernière quelques mois plus tard, le 4 mai 1864. Homme politique, il a été député et président du conseil général du Gard de 1865 à 1870.

En conclusion: 

Autant roman biographique que roman historique, Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXE siècle, a le mérite de resituer le personnage au destin extraordinaire de Marie Talabot dans le contexte social et historique dans lequel elle a évolué: les luttes de visionnaires tel que son mari, largement inspiré des préceptes de Saint-Simon, pour faire progresser les mentalités bourgeoises des dirigeants de l’époque en leur démontrant que seul le progrès pourrait sortir le peuple de la misère et de l’ignorance. Ainsi, Louis saint-geniez d'ostMercadié brosse le portrait d’une société contrastée avec beaucoup de réalisme et une foule de détails de la vie quotidienne et mondaine propres à permettre au lecteur de se transporter dans le passé comme spectateur privilégié.

Un beau portrait de femme vivant et passionnant; mais également celui d’un homme extraordinaire, animé des meilleures intentions pour sortir la France de son immobilisme bourgeois et proposer à tous les bienfaits du chemin de fer. Une lecture divertissante et instructive, grâce à laquelle le lecteur revivra l’épopée captivante de l’essor du rail en France.

Citations:

« Au conseil municipal de la ville, on comprit rapidement à quel point l’ingénieur Talabot pouvait les aider dans les projets communaux, lui qui côtoyait régulièrement les hommes les plus influents de la sphère gouvernementale. Evidemment, on évoqua le chemin de fer, d’autant plus que, deux ans au préalable, le 21 juillet 1846, le préfet avait demandé au conseil de se prononcer sur un choix de passage d’une ligne reliant Bordeaux à Sète. A cette époque, le Rouergue se maintenait à l’écart de la vie économique nationale. Le chemin de fer ne pouvait qu’aider fortement l’expansion de cette région reculée. » (Page 126).

« Au cours de l’été 1858, soit huit mois après son mariage civil, Marie revint à Saint-Geniez-d’Olt. Elle venait d’épouser l’homme qu’elle aimait et qui l’aimait, un gage suffisant pour prouver à tous que les insultes dont elle avait fait l’objet quelques années plus tôt étaient sans fondement. « Les mauvaises langues en seront pour leurs frais! » disait-elle. Et, de fait, on ne parla plus dans son dos. On s’aperçut, peut-être un peu tardivement, de ses bienfaits, , tant dans les oeuvres charitables publiques, que dans des aides privées. » (Page 239).

« Chaque fois qu’une discussion glissait vers un sujet où son département pouvait être à l’honneur, Maris saisissait l’occasion de faire allègrement l’apologie de son pays natal. Elle semblait très au courant de ce qui s’y passait, et conservait des relations étroites avec des personnages qu’elle connut lorsque son époux était encore en vie. » (Page 460).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s