Publié dans amour, éditions De Borée, fantômes du passé, maternité, mystère, Passion littérature française, quête du passé

Passion littérature française: La Fille des Eaux Vives, Antonin Malroux.

Emilie, qui a grandi loin de la région natale de sa mère, part à la recherche de ses racines familiales dans le magnifique décor auvergnat. 

L’auteur:

OIP (1)Antonin Malroux est un poète et romancier régionaliste français né le 13 avril 1942 à Boisset, dans le Cantal. Il est l’auteur de presque une trentaine d’ouvrages. Il est également à l’origine du projet de La Forêt des Mille Poètes à Vesdun qui consiste à donner à chaque arbre le nom d’un poète ou d’un artiste.

Le roman:

La Fille des Eaux Vives a été publié en 2007 par les éditions L’Archipel puis réédité en 2019 par les éditions De Borée. Le style fluide est marqué par la richesse de la plume de téléchargement (1)l’auteur: « Les monts de la chaîne des Puys s’arc-boutent pour faire face aux agressions des éléments. Jalousement, les anciens volcans gardent leur feu profond tandis que les ruisseaux narguent par quelques éclats de lumière l’oeil du promeneur distrait, parfois rêveur. » (Page 7).

L’intrigue:

Juillet 1983. Six mois après le décès pour le moins étranger de sa mère, Emilie, désormais seule au monde, décide de partir à la découverte de la terre natale de cette dernière, l’Auvergne, dont elle ne conserve que les souvenirs ténus qu’elle a bien voulu lui transmettre, sans jamais l’y avoir emmenée.

Une fois arrivée à Besse, Emilie se rend chaque jour dans la partie basse du village afin de photographier la superbe maison de Romain Departout, ce qui intrigue fort le propriétaire. Qu’est venu faire dans le village cette femme qui, visiblement, n’est pas une simple touriste? Pourquoi photographie-t-elle chaque jour cette maison précisément? Cacherait-elle un mystère?

Les rumeurs et les ragots vont bon train dans le village car tout le monde ne voit pas d’un bon œil les vagabondages de cette jeune femme insolite. Le passé d’Emilie sera-t-il un obstacle à son bonheur: « Elle ressentait un besoin de dire la vérité, l’histoire de sa famille. Soudain, des pensées se transformaient en questions. Pourquoi cette vieille interdiction de revenir dans ce pays? Et pourquoi donc avait-elle obéi aveuglément à sa mère? Avait-elle été manipulée. Elle revoyait les policiers l’interroger lors de la mort de sa mère. » (Page 103).

Les personnages:

  • Emilie Martenet: 35 ans, pas de famille, pas d’enfants; divorcée; travaille dans une société de production cinématographique, participe à la rédaction de scénarii; caractère bien trempé.
  • Romain Departout: homme tranquille, plein de sagesse, allure débonnaire; retiré des affaires; Clermontois d’origine.
  • Solange: ancienne serveuse puis gérante du café de la Place; sait plaire aux hommes.
  • Alfred: meilleur ami de Romain, paraplégique; ancien musicien qui vit avec sa mère.
  • Le père Cassière: instituteur à la retraite; savoir encyclopédique sur la région.
  • Jalin: compagnon de belote de Romain; chômeur; homme aigri, qui passe son temps à colporter les nouvelles.
  • Martha Goutteviau: mère d’Alfred; très protectrice avec son fils.

Les lieux:

téléchargement (2)Le village de Besse: petite ville du Puy-de-Dôme, dont les solides constructions grises dégagent une impression de puissance et de force, marquée par des lieux chargés d’histoire: « …le Beffroi, porte fortifiée du XVe siècle surmontée d’une tour carrée et de la lanterne où se trouve le timbre de l’horloge, datée de 1724, la maison dite de « la reine Margot », le manoir Sainte-Marie, l’église Saint-André, le château du bailli et ses mâchicoulis -pièces maîtresses de remparts aujourd’hui réduits à l’état de vestige-, ancienne demeure des seigneurs de La Tour d’Auvergne, qui marquèrent leur suzeraineté, entre autres, par l’octroi d’une charte. » (Page 13).

Paysages: « Entre Riom et Clermont-Ferrand, une vue superbe s’étalait devant ses yeux. Latéléchargement chaîne des Puys avec, un peu sur la gauche, le plus grand, le plus majestueux: le Puy de Dôme, surnommé le grain de beauté de l’Europe. Les autres monts, épaule contre épaule, se serraient près de lui, lui devant allégeance. » (Page 11)… »Elle découvrait la beauté des terres sauvages, une atmosphère comme il n’en existe nulle part ailleurs, et ce vent, compagnon et habitant du pays, qui en connaît tous les passages, les raccourcis et les longues échappées, les couloirs entre les collines où il règne en maître. » (Page 66).

La maison de Romain: une maison solide, authentique, où il fait bon vivre, « construite en pierres de lave, aux joints bien appuyés, couvertes d’ardoises marquées par endroits de tauchures de mousses jaunes et rases. Son toit, flanqué d’une cheminée massive, avait une forte pente qui facilitait la fonte des lourdes neiges d’hiver…L’ensemble s’enorgueillissait d’une excellente restauration et les clématites, dont certaines montaient jusqu’aux trois quarts des murs, faisaient songer à des guirlandes électriques l’illuminant comme pour un jour de fête. Lorsque le vent se manifestait fort dans les feuillages, on aurait dit que la maison respirait à travers ses poumons extérieurs. » (Page 16)… »Une grande pièce où le bois dominait. Aménagé à droite, un coin cuisine en chêne clair, avec une petite table rectangulaire. Sur la gauche, un salon-salle à manger, toujours en chêne, qu’un magnifique bahut complétait… Dans l’angle, une superbe cheminée, avec ses chenets, attendait l’hiver, en compagnie de deux gros fauteuils recouverts de velours à grosses côtes. » (Page 32) => Un décor chaleureux, accueillant, où il fait bon poser son fardeau et se reposer du monde des envieux et des méchants.

En conclusion:

La Fille des Eaux Vives, une histoire d’amours, maternel, paternel, pour une femme, sur fond d’amour profond pour une région d’une beauté sauvage, pleine de mystères et de vestiges d’un riche passé. Roman qui vous redonnera confiance en l’amour, celui qui vainc tous les préjugés, qui combat victorieusement les esprits étroits et leurs querelles de clochers. Il vous donnera à coup sûr envie de découvrir ses paysages uniques, de sentir son vent caresser votre visage, sa terre s’ébouler sous vos pieds, sa lumière éclairer votre regard. Un roman optimiste à dévorer en ces temps difficiles.

Citations:

« L’Histoire rapporte que, lors de la guerre de Cent Ans, cette ville fut encerclée par une compagnie d’Anglais alléchés par son opulence. Assiégeants et assiégés tinrent bon et personne n’entrevoyait d’issue. Alors, au plus fort de l’hiver très rude cette année-là, des hordes de loups affamés surgirent des forêts enneigées, attaquèrent les harceleurs étrangers et mirent en déroute ces pillards. La ville fut ainsi libérée. En signe de reconnaissance, Besse se choisit pour mascotte l’un des plus indomptables de ces canidés. Depuis lors, il veille sur la ville, qui n’a jamais été prise. » (Page 9).

« Tous les Bessards connaissaient bien maintenant cet homme aux yeux clairs qui arpentait les rues en compagnie de son chien. Intrigués au début, la plupart d’entre eux, enfin habitués à lui, avaient fini par l’adopter -même s’ils se demandaient toujours d’où provenaient ses revenus. « A son âge, c’est bien tôt pour la retraite. » Ici, on aime bien ce qui est dans la normalité. » (Page 22).

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