Publié dans angoisse, éditions De Borée, cadavre, harcèlement, manipulation psychologique, oppression, Passion thriller français

Passion thriller français: Le Secret de la Truyère, Sylvie Baron.

Anne est-elle victime d’une machination ou devient-elle folle? Un captivant thriller psychologique qui vous mènera aux confins de l’angoisse…

L’auteur:

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Sylvie Baron est romancière, mais également professeur d’économie et gestion, passionnée de littérature, amoureuse des jardins à l’anglaise, de la nature et des grands espaces.C’est pourquoi, elle a choisi de s’installer en  Haute Auvergne  pour poursuivre son travail d’écriture.

Admiratrice des « grandes dames du crime » comme Agatha Christie, Patricia Wentworth ou Patricia Mac Donald, elle a à cœur de retracer cette atmosphère si particulière des romans dits à énigme avec des personnages forts et  attachants et des intrigues diaboliques.

Ses histoires, au nombre de treize, proposent des fictions ancrées dans le présent et s’inscrivent pour la plupart dans ce territoire si fort du Cantal.

Le roman:

Le Secret de la Truyère a été publié par les Editions du Bord du Lot en 2013, puis en 2020 par les éditions De Borée dans la collection Terre de Poche. Dans un précédent article, j’avais estimé Un Coin de Parapluie  comme l’un des meilleurs crus de l’auteur. J’avoue que, désormais, Le Secret de la Truyère arrive en tête de mes préférés. En à peine 200 téléchargement (1)pages, grâce à son style direct et parfois incisif, Sylvie Baron déploie les fils de son intrigue machiavélique avec une redoutable efficacité. Tout au long du roman, et jusqu’aux dernières pages, le lecteur se demande si Anne est en train de sombrer dans la folie ou si elle est vraiment victime d’un abominable complot: « Et laissant le jeune homme interdit et furieux, elle pénétra enfin dans la maison. Gravissant vivement l’escalier menant à sa chambre elle se félicita de ne pas s’être laissée aller à conter sa mésaventure qui, sans nul doute, aurait été considérée comme une nouvelle élucubration de son esprit. Elle frissonna en songeant que ce qui s’était passé n’était qu’un avertissement. Le pire restait à venir, elle le savait, le sentait et pressentait que, dans les prochains jours, très rapidement cette menace latente se concrétiserait, peut-être par sa mort. » (Page 130).

L’intrigue:

Anne, jeune illustratrice de talent installée à Paris, vit une existence tranquille aux côtés de Franck, son mari, et de leur fils Julien. Mais bientôt son quotidien sans surprise se trouve bouleversé par des incidents de plus en plus inquiétants qui mettent ses nerfs à dure épreuve, et sa vie en danger. Franck, certain que sa femme, sujette à la dépression, a seulement besoin de repos, la convainc de s’éloigner de la capitale et d’aller passer quelques jours en Auvergne chez les parents du jeune homme. Malgré l’antipathie réciproque qu’Anne éprouve pour sa belle-mère, elle accepte, pensant que cet interlude fera du bien à Julien.

Contre toute attente, elle y retrouve David, son beau-frère, en convalescence après avoir contracté une sévère amibiase lors d’un reportage en Afrique, qu’elle n’avait jamais rencontré. Franck ayant informé sa famille que son épouse, se croyant persécutée, inventait des histoires à dormir debout, l’ambiance risque d’être électrique.

téléchargement (1)Le répit est de courte durée. Anne ne tarde pas à être la proie d’incidents fâcheux et d’actes de malveillance, comme le sabotage de la barque. Alors, est-elle victime d’une personne qui lui en veut au point de mettre ses jours en danger? Mais qui? Qu’a-t-elle fait pour déclencher une telle aversion? Serait-ce Franck désireux de se débarrasser d’elle pour vivre au grand jour sa passion pour la belle Marjorie? Ou une machination orchestrée par sa belle-mère qui l’a toujours détestée?

Pourquoi tout le monde au domaine semble croire qu’elle fabule et ne prend pas les incidents qui lui arrivent au sérieux? Elle sait que certains d’entre eux pensent qu’elle est névrosée. Auraient-ils raison? Serait-elle en train de sombrer dans la paranoia et de devenir folle? Malgré tout, Anne s’est fait la promesse de démasquer le coupable, si coupable il y a. Le pourra-t-elle?

Les personnages:

  • Anne Dorance: talentueuse illustratrice de livres pour enfants; mariée avec Franck depuis six ans; mère de Julien.
  • Franck Dorance: directeur d’une agence de marketing; tempérament de chef, toujours le premier en tout; fils modèle.
  • Simone Dorance: mère de Franck qu’elle porte aux nues; désapprouve le mariage de son fils avec Anne.
  • Jacques: père de Franck, diminué par la maladie, mais jouissant toujours de ses facultés mentales.
  • Famille de Franck: bourgeoisie provinciale, catholique et bien-pensante.
  • David: jeune frère de Franck; journaliste; tempérament calme, contemplatif, méprisé par sa mère.
  • Michel Hester: collaborateur de Franck depuis de nombreuses années; homme élégant et raffiné.
    Marjorie: épouse de Michel, maîtresse de Franck; femme au foyer.
  • Fiona: soeur de Michel; beauté enjôleuse, prétentieuse et désagréable malgré sa beauté; dotée d’une conversation insipide.
  • Elise: infirmière de Jacques.

Les lieux:téléchargement (2)

Auvergne: son côté indompté et hors des sentiers battus se prête magnifiquement comme toile de fond au drame familial qui va se jouer sous nos yeux: »mélange subtil de douceurs vallonnées et de pentes abruptes, ces forêts de feuillus tordus par le vent d’altitude, ces cours d’eau bouillonnants et sauvages, cette absence même d’infrastructures touristiques, tout l’enthousiasmait. » (Page 23).

Domaine des Dorance: contraste entre la capitale et l’appartement aseptisé où vivent Anne et sa famille, l’exploitation est peuplée de chevaux, de moutons et de vaches; la maison est grande, confortable, ornée de beaux objets. Mais l’atmosphère qui y règne est tout sauf sereine, à l’unisson de la canicule et du temps lourd qui se sont abattus sur la région: « En effet, au grand dam des agriculteurs et de son beau-frère, la canicule, loin de s’atténuer, semblait s’intensifier d’heure en heure sans le moindre égard pour les champs qui se fanaient ou pour les paysans qui se désespéraient devant leurs récoltes irrémédiablement perdues. Cette chaleur transformait chaque geste en un véritable effort… » (Page 66).

En conclusion:

Le Secret de la Truyère propose un huis-clos à l’atmosphère étouffante, orchestré de main de maître, en témoignent les scènes d’angoisse habilement réalisées: « Elle aperçut enfin la rivière en contrebas mais le soulagement qu’elle en éprouva fut vite nuancé par une immense inquiétude lorsqu’elle constata que la pente qui y menait était jonchée d’innombrables genêts et autres combustibles qui, de plus, entravaient sa marche. Les flammes désormais étaient juste à sa hauteur, elle pouvait à peine respirer tandis que la chaleur, maintenant, était quasiment insupportable. Avec une force désespérée, la jeune femme accéléra davantage sa course, trébuchant contre les pierres, se griffant aux barbelés, le souffle court et les poumons en feu, dévalant la pente à une vitesse folle. » (Pages 102-103). Un thriller psychologique envoûtant que vous lirez en quelques heures, menés par la tension dramatique toujours plus intense.

Citations:

« La barque étant légère, elle n’eut guère de difficultés à la mettre à flot. Elle en éprouva davantage pour ramer, n’ayant pas pratiqué ce sport depuis fort longtemps. Elle y parvint pourtant et, fière d’elle-même, entreprit de s’éloigner de la rive. Le courant, bien que peu intense en cette saison, lui était favorable et le domaine disparut rapidement, caché à ses yeux par les courbes sinueuses de la Truyère ainsi que par le rideau d’arbres la surplombant. » (Page 38).

« Quelques instants plus tard, calme de nouveau, Anne s’efforça à une plus grande attention pour observer les esquisses éparpillées sur ses genoux. Elle nota un détail qui lui avait tout d’abord échappé et qui l’intrigua fortement: sur chacune des feuilles, on pouvait distinguer, une lettre tracée grossièrement au fusain. Plus attentive, elle remarqua rapidement qu’il y en avait seulement quatre revenant deux fois chacune: O,T,M,R. D’abord perplexe, elle poussa un soupir fataliste en redonnant à ces lettres leur place initiale pour former le mot MORT. » (Page 68).

« Elle leva la main, le frappant avec une violence qui choqua moins David que son visage aux traits livides visiblement consumé par la rage. Il eut presque peur de cette nouvelle Anne si différente de la fragile jeune femme éplorée qu’il connaissait et, craignant un nouveau coup de sa part, il fit un pas dans sa direction mais elle avait déjà fait demi-tour et disparaissait sous le rideau clairsemé de la pluie dont la violence, peu à peu, s’atténuait. » (Page 127).

 

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