Publié dans angoisse, éditions J'ai Lu, cadavre, Passion polar français

Passion polar français: Le Sang du Bourreau, Danielle Thiéry.

On retrouve la commissaire Marion, femme énergique au tempérament de feu, dans une enquête difficile et complexe.

L’auteur:

OIP (2)Danielle Thiéry, née le 15 octobre 1947 à Viévigne, en Côte-d’Or, fille de policier, a fait des études de droit et d’éducatrice spécialisée. En 1969, elle devient inspectrice de police puis chef des Stups à la Sûreté de Lyon. En 1976, elle est l’une des premières femmes à accéder au grade de commissaire de police. Au début des années 1990, elle commence une carrière d’écrivain de romans policiers. Elle est l’auteur de vingt ouvrages.

Le roman:

Le Sang du Bourreau, second opus de la série consacrée aux enquêtes de la commissaire Edwige Marion, a été publié en 1996 par les éditions Jean-Claude Lattès, puis réédité par les éditions du Masque  dans la collection Poche en 2013, puis en version poche par les éditions J’ai Lu en 2018. Le style est brut de décoffrage, sans fioritures. Les mots sont débités comme les balles sortant d’un pistolet mitrailleur: « Le spécialiste de scène de crime marmonna une réflexion peu amicale et retourna à ses tamponnages, à la recherche de poils, de traces, de résidus organiques ou minéraux tandis que son collègue s’attelait au relevé des quelques empreintes susceptibles de présenter un intérêt pour l’enquête. » (Page 26).

Les chapitres alternent selon deux points de vue: celui des enquêteurs et celui du tueur en série ouvrant une toute petite fenêtre sur son univers, assez pour comprendre comment il fonctionne, mais trop peu pour pouvoir l’identifier.

L’intrigue:

Le corps de Nicole Privat, atrocement mutilé, attachée à son lit, est retrouvé plusieurs jours après sa disparition. Seuls indices pour la commissaire Edwige Marion: un long cheveu blond, un embout de talon aiguille fiché dans le parquet près du pied de lit. Mais les medias, accaparés par la série de règlements de compte et d’accidents de toutes sortes dus aux intempéries, ne relayent que très peu l’information et s’en désintéressent rapidement, ce qui ne convient guère au tueur.

Qu’à cela ne tienne! Il ne lui reste plus qu’à sélectionner une autre victime parmi sa liste et à se remettre au travail. Se succèdent alors d’autres crimes identiques à celui de la malheureuse femme. Qui a commis ces atrocités? Et pourquoi? S’agit-il d’un sadique pervers? D’un monstre se faisant passer pour un homme quelconque? Quelqu’un que la commissaire connaît?

Les personnages:

Conformément à son style abrupt, l’auteur donne en vrac les détails concernant les personnages enquêteurs comme on jette une poignée de sable à la figure de quelqu’un.

  • Edwige Marion: commissaire au look inhabituel: perfecto, boots de cuir, pantalon noir; femme de caractère.
  • Capitaine Lavot: look de play-boy avec ses cheveux trop longs et ses éternelles Ray-Ban.
  • Cabut: équipier de Marion; supporte mal la vue des cadavres; dernier arrivé de l’équipe; passionné d’art; a travaillé dix ans dans le service parisien de répression des œuvres d’art.
  • Talon: plus jeune de l’équipe, look d’intello; a fait un stage de longue durée à Quantico.
  • Joual: inspecteur; alcoolique repenti, pour autant pas tiré d’affaire; affecté aux consultations d’archives, doué pour faire des rapprochements de mode opératoire.
  • Benjamin Bellechasse: journaliste; amant de Marion.

Les lieux:

Environnement extérieur des scènes de crime: premier meurtre, ambiance apocalyptique: « Jusque sur la chaussée qui séparait le quai des immeubles riverains, des coulées de boue humide témoignaient de la récente décrue de la rivière. Un phénomène provoqué par des chutes d’eau comme on n’en avait jamais vu dans la région. La navigation fluviale, interrompue pendant un mois, reprenait doucement. » (Page 20)…

…en parfait contraste avec l’atmosphère sereine de l’environnement du second meurtre: « Le quartier des Minimes, construit sur une colline à l’époque de la Renaissance, était séparé du centre-ville par ces interminables volées de marches qui cassaient les jambes et coupaient le souffle. Un engouement récent pour le très ancien avait attiré là quelques promoteurs qui avaient commencé à rénover les maisons étroites et hautes, découvrant derrière leurs façades décrépites d’étonnantes venelles et de merveilleux escaliers en ellipse. » (Pages 86-87).

En conclusion:

Le Sang du Bourreau est un polar efficace, abattant ses cartes au fil d’une intrigue bien construite que vous lirez l’espace d’un après-midi pluvieux ou d’une fraîche soirée automnale, bien emmitouflé dans un plaid confortable…avec l’évidente envie de vous plonger dans l’enquête suivante.

Citations:

« La commissaire Marion encore plus que les autres. Celle-là, il ne l’aimait pas. Trop futée. Il envisagea un moment de l’offrir à Cora mais renonça aussitôt à cette idée. C’était beaucoup plus drôle de jouer au chat et à la souris avec elle. Il serait toujours temps de changer d’avis quand il en aurait assez de s’amuser. » (Pages 35-36).

« Lavot, Talon et Cabut assistèrent à cette scène qui, en dépit du tragique de la situation, les réjouissait. Les rivalités entre la police et la gendarmerie n’étaient pas toutes à ranger aux archives. Elles se réveillaient même assez facilement, à en croire l’escarmouche. » (Page 157).

« Quelques instants plus tard, Marion l’observait, étonnée. Après une nuit blanche, la plupart des hommes qu’elle connaissait auraient ressemblé à des ours mal léchés. Talon, lui, avait son air habituel, les cheveux peignés en arrière, ses lunettes rondes bien propres. » (Page 249).

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