Publié dans amour, éditions Albin Michel, éditions De Borée, corruption, crime, disparition inexpliquée, fantômes du passé, mystère, Passion thriller français, pouvoir politique, quête du passé

Passion thriller français: Le Soleil Rouge du Tsar, Violette Cabessos.

Une chasseuse de trésors de la Russie impériale, un secret jalousement gardé qui revient hanter les survivants, une vengeance séculaire contre les Russes blancs…Un passionnant voyage en 1917 quand la Russie sombra dans le chaos… 

L’auteur: 

téléchargementViolette Cabesos est née le 9 mai 1969 à Valence (Drôme).
Après des études d’histoire, de lettres et de sciences-politiques, elle s’installe à Paris en 1994.

Passionnée d’Histoire (notamment le Moyen Âge, la Grande Guerre et le monde moderne), de littérature mais aussi de musique (Bach, Mahler, Smetana, Prokofiev, Chostakovitch, Fauré, Satie, Kurt Weill, Britten…), elle pratique le chant lyrique… et la danse orientale égyptienne.

Amoureuse des vieilles pierres, elle est fascinée par les cathédrales, les églises romanes et les cimetières.

Elle voue une admiration particulière à Maupassant, Huysmans, Poe, Zweig, Kafka, Perutz, Joseph Roth, Hrabal, Thomas Mann, Gogol, Tourgueniev, Dostoïesvki, Boulgakov, Nerval, Apollinaire, Desnos, Céline, Colette, Simenon, Malet, Boileau-Narcejac… (Source: Site de l’auteur).

Le roman:

Le Soleil Rouge du Tsar a été publié par les éditions Albin Michel en 2020, puis par les éditions Centre Livre Mon Poche en 2021. Le style est fluide, agréable à lire, élaboré autour à l’aide du vocabulaire adéquat, sans en faire trop. Le mot juste pour le ton juste: « En vidant son verre à petites gorgées, elle expliqua que, comme tant d’autres, le patron déchu était devenu ouvrier à la chaîne chez Citroën, puis garçon de salle dans un hôpital le jour, et fort des Halles la nuit, tandis que Maria effectuait des travaux de broderie à la maison…si on pouvait appeler « maison » le misérable deux pièces de la rue Cambronne dans lequel ils vivaient, après avoir passé les premiers mois dans un hôtel miteux. » (Page 64).

Construction: les chapitres racontant l’histoire en cours alternent avec des extraits du journal intime de la danseuse, dont on ignorera le nom pendant plus de la moitié du roman, rédigés en italique.

Fil rouge: histoire d’une Russie à jamais disparue à travers les péripéties des mouvements révolutionnaires qui ont conduit à la chute des Romanov, et du secret gardé par la famille Mychkine.

L’intrigue:

Milena, petite-fille de Russes blancs, est depuis longtemps passionnée par les trésors perdus des tsars et des aristocrates russes, dont beaucoup, « forcés d’émigrer, pensaient que les bolcheviques seraient vite balayés et qu’ils reviendraient bientôt. Beaucoup ont donc caché leurs biens les plus précieux dans des planchers ou des cloisons. » Alors qu’elle s’apprête à se rendre à Saint-Pétersbourg avec son associé afin d’expertiser le contenu d’une cache datant de 1917 découverte récemment, elle apprend que la maison de sa famille, à Nice, a été saccagée.

Tout ce qu’elle contenait a été brisé, piétiné, arraché, éventré, renversé, déchiré. Précipitation? Vengeance? Représailles? Que cherchaient les « cambrioleurs »? Quelle est la signification de cette mise en scène barbare? Autant de questions que se pose Miléna qui ne comprend pas qui peut bien en vouloir à ce point à sa famille, de paisibles descendants de la bourgeoisie. Se peut-il que, plus de cent années plus tard, la haine destructrice des bolcheviques à l’égard des classes aisées ait survécu? En France, dans cette belle ville de Nice? S’agirait-il d’un acte perpétré par les Opritchniki, l’armée satanique fondée par le tsar Yvan le Terrible en 1565, bien décidés à éradiquer de la surface de la terre tous les descendants des Russes blancs, comme semble le penser son grand-père?

Miléna, quant à elle, ne peut s’empêcher d’établir un lien avec un incident survenu quelques semaines plus tôt: le bureau de son père, un historien spécialiste de Staline et des purges politiques, a été fouillé par une personne inconnue. Aucun signe d’effraction; rien n’avait disparu. Bizarre… »Elle sentait que ce faux cambriolage n’avait pas été commis par des malfrats ordinaires, que ses motivations n’étaient pas communes, et qu’il ne pourrait donc pas être résolu avec les méthodes habituelles. » ( Page 72).

Commence alors une incroyable chasse au trésor qui l’entraînera sur les traces du grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch, cousin du dernier tsar, surnommé Bimbo, de sa mystérieuse maîtresse citée dans le journal de ce dernier par l’expression « tendre V. », retrouvé miraculeusement à Saint-Pétersbourg. Le seul indice dont Miléna dispose est que la jeune femme était danseuse au Mariinsky. Et que le grand-duc lui avait offert de nombreux bijoux de grande valeur, jamais retrouvés. Guidée par son instinct de chasseuse, elle se lance sur leur piste qui, bien que depuis longtemps refroidie, attise toujours les convoitises. Miléna et sa tante Daria parviendront-elles à remonter le passé et à échapper à la malédiction liée à un brûlant secret d’Etat??

Les personnages:

  • Miléna Gorelov: originaire de Nice, travaille dans une compagnie d’assurances comme documentaliste; chasseuse de trésors à ses heures perdues; féminine, courageuse; descendante de Russes blancs.
  • Octave Becker: médecin, divorcé; très timide, passionné d’histoire; petit ami de Miléna.
  • Vassili Gorelov: grand-père de Miléna; ancien armateur; riche, centenaire; persuadé d’être la cible de tueurs s’en prenant aux Russes blancs.
  • Lioubka Bastègue: soeur de Miléna; régente la famille d’une main ferme et autoritaire; n’a pas pardonné a sa soeur d’avoir quitté Nice pour Paris.
  • Anton Gorelov: fils de Vassili, père de Miléna et Lioubka; veuf; professeur d’université à la retraite; historien spécialiste de la période stalinienne.
  • Alain Bastègue: mari de Lioubka.
  • Eric Gaspard-Viénot: chasseur de trésors, associé et collaborateur de Miléna.
  • Daria: tante de Miléna; célibataire; un peu hystérique, très croyante; une femme gentille et généreuse.
  • Grand-Duc Nicolas Mikhaïlovitch: cousin de Nicolas II; hâbleur, facétieux, francophile.
  • Danseuse anonyme, maîtresse du Grand-Duc.

Quelques précisions pour vous guider:téléchargement (1)

  • Le Soleil Rouge est le plus gros rubis « jamais sorti des entrailles de la terre. Une pierre d’une beauté parfaite, couleur rouge pigeon, la teinte la plus rare donc la plus précieuse. En l’an 988 de notre ère, le rubis avait été offert par les Byzantins au roi Vladimir le Grand, comme un symbole du sang du Christ, pour remercier le souverain de convertir le peuple russe à l’orthodoxie. Le roi avait fait monter la pierre en bague et l’avait portée au doigt toute sa vie. » Le surnom de « Soleil Rouge » donné au roi vient de cette pierre.
  • Les Russes blancs: par opposition aux Russes rouges, c’est-à-dire les Bolcheviques, les Russes blancs étaient, au départ, des militaires restés fidèles au tsar, qui avaient combattu les rouges ( les communistes) pendant la guerre civile. Par la suite, le terme désigna tous ceux, monarchistes, démocrates et socialistes, qui étaient contre la révolution de Lénine et qui avaient été contraints de fuir leur pays.
  • Trésor des Romanov: rumeur selon laquelle des lingots d’or, représentant une infime partie de la fabuleuse fortune des Romanov s’élevant à cinquante milliards d’euros, auraient été chargés à bord d’un train qui aurait mystérieusement disparu; certains pensent que le train a fini au fond du lac Baïkal, d’autres que les lingots ont été disséminés dans des monastères et grottes, de quoi alimenter l’inépuisable soif d’or des chasseurs de trésors de tous poils.

En conclusion:

Avec Le Soleil Rouge du Tsar, Violette Cabessos propose une fabuleuse et aventureuse chasse au trésor dans les couloirs de l’Histoire de la grande Russie, avant les événements de 1917, ressuscitant pour quelques instants un monde à jamais disparu. Elle fait revivre avec beaucoup de réalisme et de chaudes couleurs une Russie méconnue, depuis longtemps dissoute dans les ténèbres du passé, sans apitoiement ni nostalgie malsaine. Au fil d’un suspense habilement mené, l’auteur fait revivre la famille Romanov, Raspoutine, le moine fou, guide nos pas sur les traces d’une mystérieuse malédiction qui décime un à un tous les membres de la famille Mychkine. Faut-il y croire? A vous de le découvrir en vous plongeant dans cette haletante aventure historique.

Citations:

« Mes parents se sont enfuis au péril de leur vie, et l’accueil a été glacial. Personne ne les attendait, et en France, ils détonnaient. Les années passant, ils ont compris que jamais ils ne pourraient rentrer au pays, et qu’ils mourraient ici, en étrangers, en bannis. Certes, le régime a changé, mais puisque mes parents ont disparu avant, sans avoir revu leur patrie, alors j’ai décidé de ne jamais y retourner non plus. De toute façon, aller en Russie aujourd’hui…pour trouver quoi? Des ruines. Du vide. Car le pays que nous avons connu n’existe plus: les Rouges ont tout exterminé, tout sali, même la langue, qui n’est plus tout à fait la même. » (Page 45).

« Les socialistes-révolutionnaires ne méprisent pas la vie humaine. S’ils exécutent les bourreaux du peuple, ils ne tuent pas d’innocents. Notre justice vise les coupables, mais nous refusons de verser le sang des femmes et des enfants: cette foi aveugle trahirait la cause et salirait la grandeur d’âme des camarades qui s’offrent en sacrifice. » (Pages 137-138).

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