Publié dans éditions Hugo Roman, ésotérisme, mystère, Passion thriller français, sorcellerie

Passion thriller français: Crossroads, La Dernière Chanson de Robert Johnson de Hervé Gagnon.

Thriller musical qui s’écoute autant qu’il se lit basé sur l’existence mythique d’une trentième chanson du bluesman Robert Johnson tragiquement disparu à l’âge de 27 ans…

L’auteur:

Hervé Gagnon, né le 26 août 1963 à Chicoutimi au Québec, est un historien et romancier québécois. Il est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en histoire, ainsi que d’une maîtrise en muséologie historique, travaillant plus spécialement sur la mise en valeur de la culture et du patrimoine.

Il est l’auteur de nombreux romans pour la jeunesse, consacrés au genre historique, dans lesquels il ne dédaigne pas d’ajouter une touche d’ésotérisme et de fantastique, permettant à ses lecteurs de se divertir tout en acquérant des connaissances générales en histoire.

En 2014, il amorce une série de polars historiques consacrés aux enquêtes du journaliste Joseph Laflamme dans le Montréal de la fin du XIXe siècle, avec six titres publiés. Mais c’est avec les thrillers historico-ésotériques qu’Hervé Gagnon donne toute la mesure de son talent de conteur avec différentes séries, dont Vérité, Malefica, Vengeance et La Mort du Temple.

Le roman:

Crossroads a été publié par les éditions Hugo Roman en 2021. Le style parfois maladroit, l’écriture souvent peu convaincante, les passages un peu trop convenus et pas vraiment nécessaires, notamment Kane, à la vie personnelle ratée, qui croise la séduisante anthropologue, font de Crossroads un thriller en demi-teinte.

Cela dit, tous les faits et anecdotes concernant le blues et la vie de Johnson sont exacts; il est clair que l’auteur connaît le répertoire du bluesman sur le bout des doigts, analysant les textes des chansons afin de donner à son scénario une assise solide, assorti de talismans maléfiques, de sorcellerie, de vieilles personnes possédant des pouvoirs secrets les connectant à l’au-delà. L’ambiance très Sud profond, celui de La Nouvelle-Orléans du roman de William Hjortsberg Le Sabbat dans Central Park, Falling Angel dans la version originale, paru en France en 1980 pour la première édition, ajoute une touche particulière.

A propos de Robert Johnson:

Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers du blues, Robert Leroy Johnson (1911-1938, dans le Mississippi ) est une légende, un grand maître du genre, adulé et repris par tous les musiciens de rock, bien qu’il n’ait enregistré que vingt-neuf titres, cependant tous devenus des classiques incontournables. Mais ce qui rend son personnage mythique est la légende tenace qui voudrait que Johnson doit son succès au pacte qu’il aurait signé avec le Diable à un carrefour (crossroads en anglais), quelque part aux alentours de Clarksdale dans le sud des USA, histoire que Robert Johnson aurait reprise au bluesman Tommy Johnson; bien entendu, les circonstances jamais élucidées de sa mort empoisonnement, syphilis, pneumonie mal soignée) participent à sa légende.

en fait une figure mythique, ce sont les à-côtés : une légende tenace voudrait que son succès soit la conséquence d’un pacte passé avec le Diable, signé à un carrefour de routes dans le Sud des Etats-Unis ; par ailleurs, sa mort par empoisonnement, laisse beaucoup d’inconnues, mari jaloux… ? Enfin, et c’est le sujet de ce roman, certains prétendent, qu’il aurait composé mais pas enregistré, une trentième chanson, le Graal pour tous les fans et historiens musicologues.

L’intrigue:

Donald Kane, historien et grand amateur de blues, reçoit une lettre d’une vieille femme prétendant détenir une petite boîte contenant des objets personnels ayant appartenu à Robert Johnson, le fameux bluesman. Elle se propose de la lui confier, s’il accepte de venir avec Virginia Craft, anthropologue. Tous deux acceptent avec empressement; en effet, la vie du célèbre musicien recelant de nombreuses zones d’ombre et de mystères, ils se disent que ces objets pourraient en éclairer certains et constituer le sujet d’une nouvelle biographie inédite. Mais une fois que la boîte est ouverte, comme celle de Pandore, les ennuis s’enchaînent…

Kane et Craft découvrent, entre autres, un doigt momifié, un talisman maléfique et un carnet à l’écriture codifiée, révélant la mythique trentième chanson, recherchée depuis sa disparition en 1938. Dès lors, les forces des ténèbres se déchaînent et des évènements improbables surviennent : des bluesmen de rues meurent, égorgés, les doigts de la main gauche tranchés, Kane est agressé, un flic très étrange s’occupe de ces meurtres…

En conclusion:

Bâti sur l’existence controversée d’une trentième chanson composée par le bluesman peu avant sa mort, trésor convoité par musicologues et fans nostalgiques, Crossroads propose une bonne intrigue de départ, malheureusement à la mise en scène bancale. En tout cas, grâce à Hervé Gagnon, j’ai eu le plaisir de plonger dans l’univers du blues des années 1930 qui a fait les beaux jours du Mississippi, de sentir cette atmosphère particulière de ceux qui sont prêts à tout pour assouvir leur passion de la musique.

Citations:

« Ils consacrèrent quelques heures à tracer avec enthousiasme les grandes lignes de la publication à venir. La croyance de Robert Johnson au hoodoo, son usage des pictogrammes hobo, sa vie quotidienne et son écriture beaucoup plus méthodique et structurée qu’on ne l’avait cru formaient déjà une solide base pour un livre de première importance qui redéfinirait les connaissances sur l’homme et son époque. Mais avec la trentième chanson en plus, ils tenaient un ouvrage qui ferait date. » (Page 143).

A une dizaine de mètres de la camionnette, il sortit la clé de la poche de ses jeans. A cet instant précis, la station wagon grise qui avait déjà manqué de le catapulter dans les airs surgit de la rampe d’accès du stationnement. Kane se figea, interdit. Ca ne pouvait pas être un hasard. Comme pour lui confirmer son pressentiment, la voiture accéléra,  le vrombissement de son silencieux faisant écho sur les parois de béton. » (Page 278).

« Ils se dévisagèrent longtemps, sidérés, alors que Mama Cornelia reposait de nouveau. Kane secoua sa stupeur, ferma le dictaphone et fourra le téléphone dans sa poche, comme si le fait que l’appareil disparaisse de sa vue pouvait effacer ce qu’il venait d’entendre. Après les mojo hands menaçants, la hot food powder et le petit miracle thérapeutique opéré par la vieille dame maintenant allongée dans le lit, refuser de considérer les mots de la hoodoo doctor, même émis depuis les tréfonds du coma, n’était tout simplement plus envisageable. » (Page 413).

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s