Publié dans amitié féminine, Angleterre, éditions City, cadavre, disparition inexpliquée, enquête criminelle, Passion polar français, secrets de famille

Passion polar français: Cadavres à l’écossaise, Marilou Rouge.

Un cosy mystery à la française dont l’action se déroule en Ecosse…Cadavres et humour garantis. L’aventure vous tente??

L’auteur:

Marilou Rouge est le pseudonyme de la romancière française Floriane Canovas, nom de plume qu’elle a choisi en hommage à sa grand-mère. Originaire de Candé dans le Maine-et-Loire, Floriane, ambitionnant de devenir historienne, fait ses études à Nantes puis à la Sorbonne dans le domaine de l’histoire de l’art, de l’archéologie et de l’histoire. Mais après la rédaction de son master, elle décide de se consacrer à l’écriture afin « d’exprimer toutes les histoires qui lui trottent dans la tête ». Elle commence par écrire des recueils de poèmes, puis des romans, notamment policiers. Cadavres à l’écossaise est son quatrième roman.

Le roman:

Cadavres à l’écossaise a été publié par les éditions City en 2022. Le style est vif, alerte, vivifiant et bien tourné, mélange détonnant saupoudré d’une bonne dose d’humour: « Le claquement résonna dans le casque de Mona, ses oreilles se mirent à bourdonner. Mais ce n’était rien face à la bouffée de rage qui monta en elle. Pour qui se prenait ce butor? Il n’eut même pas la décence de s’excuser. Il se retourna sans un regard pour elle et avança vers sa Guzzi Machin-Chose d’une démarche chaloupée. Il posa une main caressante sur le cuir du guidon, aussi doucement que s’il effleurait la peau d’une femme. Mona entendit Liv avaler sa salive de travers derrière elle. Son filet de bave devait pendre jusqu’à ses escarpins. » (Pages 29-30).

Humour: situations cocasses, gaieté et ironie sont les piliers de ce cosy-mystery drôle et grave à la fois. C’est surtout dans les dialogues et les situations désopilantes que se caractérise le comique de l’auteur: « Mona maugréa des sons sans suite. La route indiquée par le téléphone devenait de plus en plus sinueuse et étroite. Elle devait fréquemment ralentir, par peur de croiser quelqu’un. Au moins, ça laissait le temps de lire les rares panneaux. Plus les villages étaient petits, plus leurs noms étaient imprononçables. A se demander si l’anglais avait réussi à s’intégrer en Ecosse. -Attends, Mona, il faut que tu tournes à droite! -Quoi? Mais ce n’est qu’un chemin, ici. -Non, c’est la route, tourne! » (Page 21)… »-Comment on s’échappe de cet enfer alors? -Bon sang, Mona, arrête de râler deux secondes. C’est pas l’enfer, c’est la campagne écossaise. -Je ne vois pas la différence. -Et quelqu’un va bien finir par arriver. -Dans six cents ans peut-être. A dos de cheval. » (Page 24)… »Une tête brune et échevelée surgit hors des draps. Liv avait une grande marque d’oreiller en travers de la joue, et on aurait dit qu’une famille de souris avait niché dans ses cheveux pendant la nuit. -Ton ravalement de façade risque de prendre du temps, commenta Mona en lui tendant sa tasse. » (Page 108).

L’intrigue:

Mona, jeune décoratrice d’intérieur à Londres, ne croule pas sous les commandes. En réalité, ses seuls clients sont ses propres parents, comédiens de seconde zone pour la Morcus Company, qui ne se produisent que sur des scènes minables. Elle se demande souvent si le jeu en vaut la chandelle: fins de mois difficiles, studio étriqué, bourse vide…Si elle ne trouve pas un contrat intéressant d’ici peu, elle sera contrainte de fermer boutique. Mais Mona ne se laisse pas abattre.

Et quand son amie Liv lui propose de redonner un coup de jeune au domaine Belfort, un vieux château écossais, elle n’hésite pas longtemps. Surtout quand Liv lui fait miroiter la possibilité que cette mission pourrait déboucher sur d’autres contrats juteux. Si toutefois elle vient à bout d’un chantier qui s’avère gigantesque et plein de surprises.

A commencer par l’absence de plans que Mona doit refaire en totalité. De quoi combler sa solitude, Liv étant repartie pour Londres et le propriétaire disparu pour Dieu sait où…C’est alors qu’elle remarque que « le son qu’elle avait entendu en détruisant le guéridon n’était pas l’impact lourd d’un mur porteur. Plutôt l’écho d’une séparation entre deux pièces. » (Page 38). Elle décide d’abattre la cloison. Et découvre le cadavre d’une femme momifié, assise par terre, vêtue d’une robe en velours rouge ressemblant à un costume de scène.

Qui est cette femme? Depuis combien se trouve-t-elle emmurée dans cet endroit? Quelque chose cloche dans la mise en scène, mais quoi? Mona se dit que l’énigme avait forcément un rapport avec les anciens propriétaires. Face aux soupçons de la police locale à son encontre, la jeune femme prend le taureau par les cornes. Il ne sera pas dit que Mona Morgan se laissera accuser sans réagir. Si en plus Iago Saint-Clair, le séduisant châtelain, l’assiste dans son enquête….

Les personnages:

Une galerie de personnages attachants, agaçants pour certains, drôles pour d’autres, bien campés pour tous, gage d’un roman réussi:

  • Desdemona Morgan: surnommée Mona, décoratrice d’intérieur, spécialisée dans la conception et la rénovation d’endroits branchés; timide et farouche, très organisée et perfectionniste à la limite de la maniaquerie, ne supporte pas le désordre.
  • Liv F. Combe: unique et meilleure amie de Mona, son exact contraire tant physiquement que de caractère; sincère, optimiste, souvent exaspérante mais amusante, superficielle mais non dépourvue d’intelligence; obtient toujours ce qu’elle veut; issue d’une famille fortunée.
  • Iago Saint-Clair: propriétaire de Belfort, le vieux château que Mona doit rénover.
  • Cody: majordome de Iago; guindé et snob, ne se gêne pas pour montrer à Mona qu’il ne l’apprécie pas du tout.
  • David Rostrum: inspecteur de police du poste d’Inverness; plus futé qu’il n’en a l’air.
  • Nancy: jeune américaine installée à Inverness; travaille au Little Teapot.
  • Pat Finley: jardinier petit ami de Nancy, Irlandais ancien de l’IRA; très bricoleur.
  • Marty: frère de Pat.
  • Janet Marcus: mère de Mona; comédienne, spécialiste des crises en tout genre; son seul centre d’intérêt: elle-même!
  • Aaron Morgan: père de Mona; comédien.
  • Betsy: marraine de Iago, amie des parents de Liv.

Les lieux:

Domaine Belfort: l’essentiel de l’action se déroule dans la campagne écossaise, dans les murs du château dont Mona doit rénover une partie. Dans la pure tradition des romans gothiques, un endroit qui semble hors du temps. On apprécie une description humoristique propre à ne pas sombrer dans les poncifs habituels: « Le bâtiment devait être plus vieux que la guerre de Cent Ans. La partie la moins en ruine, à l’est, n’avait pas dû voir une truelle depuis que la Vikings avaient envahi le pays. A l’ouest, une énorme tour se dressait vers le ciel, pleine de trous et d’éboulements. Pendant un instant, Mona eut l’impression d’être dans le dessin animé Disney Merlin L’Enchanteur. Elle aussi devrait probablement mettre des parapluies dans le toit pour éviter qu’il pleuve dans sa tasse de thé. » (Page 31)… »L’aile ouest était dans un état de délabrement qui dépassait l’entendement. Certaines parties du toit avaient disparu, ravagées par les années et les intempéries de ce pays maudit, des toiles d’araignées monstrueuses pendaient des vieilles poutres putréfiées, telles d’étranges tapisseries grises. Heureusement pour Mona, les araignées vaquaient à leurs occupations, ailleurs. » (Page 35)

En conclusion:

Le +: les passes d’arme entre Liv et Mona donnant lieu à de savoureux dialogues. Le duo classique des deux amies diamétralement opposées, issues de milieux totalement différents, fonctionne bien grâce à cet humour décalé qui caractérise Cadavres à l’écossaise.

Un cosy mystery, littéralement les mystères confortables, qui tient les promesse du genre: toutes les scènes de sexe ou de violence se déroulant hors champ, l’intrigue est basée sur les investigations d’un détective amateur au sein d’une communauté restreinte. Loin d’être ennuyeux, Cadavres à l’écossaise offre un moment de lecture vraiment plaisant grâce auquel vous pourrez exercer vos petites cellules grises sans vous surmener.

Citations:

« La vieille femme la fixa d’un regard vide avant de faire demi-tour et de repartir vers l’intérieur en laissant la porte ouverte. Mona devina que c’était une invitation à entrer. Elle la suivit en essayant de ne pas penser à tous les films d’horreur qu’elle avait vus et qui commençaient comme ça. En plus, elle était blonde. C’est toujours les blondes qui meurent en premier dans les films d’horreur, tout le monde le sait. » (Page 92).

« -Moi, j’ai une relation très équilibrée avec mes parents, nota Liv en enfilant des gants enduits de crème hydratante. Mona leva les yeux au ciel. -Ta mère t’a volé ton dernier petit ami, ton père s’excuse d’être inexistant par l’argent. Excuse-moi Liv, mais tu es l’exemple même des relations malsaines qu’on trouve dans les manuels de psy. Les étudiants à la fac doivent se baser sur ta famille pour leurs études de cas. » (Page 125).

« La journée était bien entamée, à cette heure, à Inverness. Du monde se pressait dans les rues, profitant du beau temps, doux et ensoleillé, s’arrêtant devant les boutiques de thé, de prêt-à-porter, ou de souvenirs. Les touristes formaient une bande hétéroclite. Il y avait des groupes de femmes et d’adolescentes, venues faire un tour Outlander, dont Inverness était une étape entre Culloden et Lollybroch, et qui espéraient croiser l’acteur principal de la série à chaque coin de rue. » (Page 206)

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