Publié dans délinquance, Editions Plon, erreur judiciaire, harcèlement, maltraitance, Passion thriller français, peur, prison

Passion thriller français: Glen Affric, Karine Giebel.

« Les innocents qui entrent en prison en ressortent coupables. Ceux qui le sont déjà en ressortent plus violents qu’ils ne l’étaient auparavant. »

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Publié dans éditions Lajouanie, cadavre, corruption, crise économique, homicide, Passion polar français, pouvoir politique, trafic de drogue

Passion polar français: Pour Quelques Millions, Carl Pineau.

Un roman trépident qui entraîne le lecteur de Paris à Cuba sur les traces d’un assassin sans scrupule. Palpitant!!

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Publié dans affaire non résolue, éditions Hugo Thriller, cadavre, crime, enquête criminelle, Passion polar français

Passion polar français: Ainsi sera-t-il, Sandrine Destombes.

Dans ce troisième volet, le commissaire Maxime Tellier mène de front trois enquêtes avec la détermination et le talent qui la caractérisent. Captivant!!

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Publié dans éditions Hugo Thriller, cadavre, enquête criminelle, maltraitance, Passion polar français, prostitution, psychologie des personnages, serial killer

Passion polar français: L’Arlequin, Sandrine Destombes.

Nous retrouvons le commissaire Max Tellier dans une sombre enquête qui la mènera à affronter ses propres démons. Palpitant !!

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Publié dans éditions du Masque, énigme historique, crime, disparition d'un enfant, disparition inexpliquée, fantômes du passé, guerre, mystère, Passion thriller, peur

Passion thriller: Sous les Décombres, Mechtild Borrmann.

Les parents sont-ils obligés de révéler tout de leur passé? Les enfants ont-ils le droit de tout savoir? Bien difficile de répondre à cette question d’éthique, surtout dans des circonstances dramatiques…Un magnifique roman policier, historique, psychogénéalogique. Bouleversant !!

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Publié dans angoisse, éditions Albin Michel, corruption, crime, délinquance, disparition d'enfants, enquête criminelle, Passion polar historique, quête du passé

Passion polar historique: Le Bureau des Affaires Occultes, Eric Fouassier.

Souhaitons la bienvenue à Valentin Verne, jeune policier détaché à la Sûreté, dans le monde des enquêteurs de fiction. Un premier opus époustouflant de maîtrise et de talent…

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Publié dans amitié féminine, Angleterre, éditions Hugo Thriller, crime, littérature britannique, mystère, Passion polar

Passion polar: Mortelle dédicace, Elly Griffiths.

Un succulent roman où cohabitent détectives amateurs et police officielle : humour britannique, intrigue à l’anglaise au menu…Vous allez en redemander…

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Publié dans cadavre, crime, disparition inexpliquée, enquête criminelle, Passion polar nordique

Passion polar scandinave: L’énigme de Flatey, Viktor Arnar Ingolfsson.

L’auteur:

OIPViktor Arnar Ingolfsson, né le 12 avril 1955 à Akureyri, important port maritime situé au nord de l’île, est un auteur islandais de romans policiers. Il est diplômé en génie civil et a suivi des cours de rédaction de scénario à l’université d’Islande de Reykjavik ainsi que des cours de relations publiques à l’université de Washington. Il poursuit deux carrières parallèles: depuis 1985, il supervise les publications de l’administration des transports d’Islande et, depuis 1978, a écrit six romans policiers, dont un seulement a été traduit en français.

Le roman: 

L’énigme de Flatey, Flateyjargáta dans la version originale parue en 2003, a été publié en 2013 par les éditions du Seuil dans la collection Policiers. L’auteur prend le temps de situer les décors et de détailler les actions dans un style fluide et agréable à lire: « Le trajet comportait des montées, mais cela n’était pas un inconvénient car le transport était aisé. Pormodur Krakur était à l’évidence bien bâti et n’avait aucun mal à tirer la voiture à lui tout seul. Les autres ne poussaient que pour la forme. Ils marchaient à pas lent, dignement, et les roues de la voiture crissaient légèrement au rythme de leurs pas. Il n’y avait pas à aller bien loin, mais Kjartan trouva qu’ils mettaient un temps infini à parvenir à destination. Pormodur Krakur ouvrit la porte de l’église avec une grande clé et le cercueil fut porté à l’intérieur. Au milieu, on avait disposé deux tabourets sur lesquels ils le déposèrent. » (Page 54).

Construction: Chaque partie représente un jour d’enquête; les chapitres, assez courts, se terminent par un passage en italique, extraits du Livre de Flatey et des études menées sur cet ouvrage.

Fil rouge: le Livre de Flatey, compilation d’anciennes sagas rédigée dans le courant du XIVe siècle par un grand propriétaire terrien du nom de Jon Hakonarson, sans doute achevée vers 1394, selon les annales qui figurent à la fin du livre.

L’intrigue:

1960. Des pêcheurs découvrent un corps pratiquement à l’état de squelette dans les rochers d’un îlot isolé au large de Flatey,  petite île islandaise située dans la baie de Breidafjordur, large fjord situé sur la côte ouest. Le jeune Kjartan, stagiaire chez le préfet dont dépend l’îlot, est envoyé sur place pour récupérer le corps et s’occuper de son acheminement vers Reykjavik, et rédiger un rapport.

Après avoir établi que le corps est celui d’un universitaire danois, spécialiste des sagas nordiques, reste à déterminer ce qu’il était venu faire en Islande, particulièrement sur ce rocher perdu en pleine mer. Sa venue avait-elle un rapport avec le Livre de Flatey et la polémique, alors virulente, autour de la question de sa restitution par les Danois à la nation islandaise, d’où le livre était originaire? Ou était-il venu résoudre l’énigme de Flatey, sorte de mots croisés à déchiffrer à partir d’un code qui sert à vérifier la résolution correcte?

Comment le corps a-t-il pu s’échouer dans les rochers, sur l’île de Kétilsey, très à l’écart des trajectoires des bateaux naviguant dans ces parages? Etait-il mort à ce moment-là? A-t-il été victime d’un naufrage, d’un accident ou d’un meurtre? S’il était vivant, comment a-t-il pu survivre sur ce rocher inhospitalier, inhabité, loin de l’itinéraire du ferry reliant les îles à la côte? Après le meurtre sauvage de Bringeir, journaliste venu mener sa propre enquête, l’affaire est confiée à la police de Reykjavik.

Les personnages:

Toute une galerie de personnages hauts en couleur, membres d’une communauté d’hommes et de femmes vivant quasiment en cercle fermé sur une petite île au large de l’Islande, se côtoyant chaque jour, chacun remplissant une fonction particulière. Cette configuration me fait penser aux films de Pagnol dont chaque personnage, à la personnalité marquée, joue un rôle dans le village.

  • Grimur Einarsson: bourgmestre de Flatey.
  • Ingibjorg: épouse de Grimur, femme astucieuse et agréable.
  • Hogni: instituteur de l’école primaire de Flatey.
  • Johanna: médecin de l’archipel, se déplace avec son propre bateau; gentille et drôle.
  • Révérend Hannes: pasteur de Flatey.
  • Pormodur Krakur: sacristain; superstitieux, possède le don de double vue.
  • Valdi: paysan-pêcheur.
  • Nonni: fils de Valdi; a découvert le corps.
  • Bryngeir: journaliste, poète et écrivain; enquête sur le corps mystérieux et sur l’énigme de Flatey.
  • Kjartan: sous-préfet de Patreksfjordur; diplômé en droit dans le secteur du droit commercial, stagiaire chez le préfet; très timide, facilement déstabilisé et déprimé.
  • Professeur Lund Gaston: universitaire danois, membre de l’Académie des Sciences de Copenhague; célibataire, un peu excentrique.
  • Dagbjartur Arnason: inspecteur à la Criminelle de Reykjavik; paresseux, lent à la détente, mais patient et bienveillant, apte à rechercher des informations difficilement accessibles.
  • Porolfur: policier de Reykjavik.

Les lieux:

La configuration particulière des lieux confère à cette enquête son côté inédit: mener des investigations sur une île mesurant seulement 0,5 km2, desservie une fois par semaine par le bateau postal, seul à assurer la liaison avec le continent, sont loin de constituer des conditions idéales,  notamment pour le rapatriement du corps qui en attendant doit être stocké au mieux. Car pas de morgue sur l’île…Communications aléatoires, île coupée du monde en cas de tempête.

Flatey: située dans le Breidafjordur, large fjord comprenant entre 2000 et 3000 îles et îlots, dont très peu sont habités (de nos jours, Flatey, la seule île habitée toute l’année, compte cinq habitants). Les conditions de vie y sont spartiates et entièrement dépendantes des ressources de la mer. La population, vieillissante, diminue d’année en année. Un entrepôt, une cabine téléphonique, une église, un cimetière…On en a presque fait le tour. On pourrait croire que les conditions d’investigations en sont facilitée, mais ce n’est pas le cas, car tout le monde ou presque possède un bateau qui permet d’atteindre un des innombrables îlots où l’on peut se cacher.

En conclusion:

L’originalité du roman est que son intrigue est basée sur l’énigme posée par le Flateyjarbok, un manuscrit islandais rédigé de 1387 à 1394, et la compétition qui fit rage. Très richement décoré, il réunit un grand nombre de sagas, royales pour la plupart, intégrant des poèmes scaldiques, des poèmes eddiques ainsi que de courts textes historiques. Certaines de ces oeuvres ne figurent dans aucun autre ouvrage. D’où son importance. L’Islande étant sous domination danoise, le manuscrit fut envoyé au roi Frédéric III en 1656 par l’évêque Sveinsson, ainsi que le voulait la coutume. Il fut officiellement restitué à l’Islande le 21 avril 1971. L’auteur a construit son intrigue autour de l’énigme élaborée par un étudiant danois qui concocta un jeu de devinettes à partir des nombreux personnages y figurant: « Il présenta alors une liste de quarante questions dont la dernière était le code qui validait les réponses justes à toutes les autres. Ce code comportait de surcroît un poème inachevé et la solution devait servir à élucider la fin de ce poème, c’est-à-dire les deux derniers vers. » (Page 168). Une compétition féroce s’ensuivit, d’autant que personne ne parvint à élucider l’énigme. Est-ce la raison de la venue de Gaston Lund en Islande??

L’intrigue de ce roman original et passionnant se déroule à une cadence lente, au rythme des occupations et des activités des habitants de l’île, endormant le lecteur dans une fausse torpeur, jusqu’au rebondissement final qui, d’un seul coup, accélère les événements. Sans oublier que, l’histoire se déroulant en 1960, les procédures policières étaient bien différentes de celles usitées de nos jours.

Citations:

« Il ne serait certainement pas aisé d’en découvrir le nombre exact, dit-il, et d’abord, il faudrait définir ce qu’on appelle une île. Si l’on prétend qu’une île est une terre entourée par la mer qui est soumise aux marées et sur laquelle pousse de la végétation, on pourra peut-être les dénombrer. C’est ainsi qu’on a pu compter plus de trois mille îles dans tout le fjord. » (Page 30).

« Nous pouvons rédiger une note au sujet de cet homme et décrire la façon dont il était habillé. Ensuite, nous afficherons ce papier à la coopérative. Peut-être que quelqu’un viendra se présenter. Nous pouvons aussi nous adresser aux gens des îles de l’intérieur en utilisant la station de radio pour savoir si des paysans n’auraient pas remarqué un tel voyageur. » (Page 65).

« Les voyageurs étaient en habits de semaine pour cette traversée, mais ils avaient dans leurs valises les tenues qu’ils mettraient à l’église. Ils avaient aussi des provisions dans des boîtes en fer-blanc et des thermos de café. Les gens débarquaient au quai d’Eyjolfur et disparaissaient dans les maisons de leurs amis et parents pour bientôt reparaître endimanchés dans le bourg. Certains frappaient discrètement à la fenêtre d’Asmundur, le marchand, et il les faisait entrer dans sa boutique par la porte de derrière sur la façade est. Le magasin était évidemment fermé les jours fériés où se déroulaient les offices, mais il fallait bien dépanner les gens qui avaient besoin de quelque chose. C’est qu’on était dans un village commerçant. » (Page 194).

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Passion polar français: L’Enfant dormira bientôt, François-Xavier Dillard.

« Il faut toujours se méfier des gens qui veulent vous protéger. Le plus souvent, c’est eux qu’ils veulent sauver… »

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Passion polar nordique: La Femme en Vert, Arnaldur Indridason.

L’auteur:

OIPArnaldur Indridason, écrivain islandais, est né le 28 janvier 1961 à Reykjavik. A 25 ans, il obtient un diplôme en histoire. Il a été journaliste, puis scénariste indépendant avant de travailler comme critique de films. Il vit dans sa ville natale avec son épouse et ses trois enfants. De son propre aveu, il est très influencé par le duo d’écrivains suédois Maj Sjowall et Per Wahloo, créateurs du personnage de l’inspecteur Martin Beck, qui se déroulent dans les années 1960. A ce jour, il est l’auteur de dix-sept romans policiers dont treize ont été traduits en français. Quatorze sont consacrés aux enquêtes du commissaire Erlendur Sveinsson, les trois autres composant la trilogie des nombres. En 2017, il amorce la nouvelle série Konrad, comprenant pour l’instant deux titres. Il est également l’auteur de Opération « Napoléon », Betty et Le Livre du roi, trois romans indépendants. A ce jour, il est considéré comme l’écrivain le plus populaire en Islande.

Le roman:

La Femme en Vert, Grafarþögn dans la version originale parue en 2001, a été publié en éditions métailié2006 par les éditions Métailié, dans la collection Bibliothèque Nordique, en 2007 par les éditions Points dans la collection Policier; le roman a connu, également en 2007, une version en gros caractères par les éditions A Vue d’Oeil. Le style d’Indridason est méticuleux, soigneux, détaillant les scènes action par action: « Trois quarts d’heure plus tard, Erlendur engageait dans la rue son petit véhicule japonais déglingué vieux de douze ans, il le gara à côté des fondations de la maison dans le quartier de Grafarholt. La police était déjà sur les lieux at avait délimité le périmètre à l’aide d’un ruban jaune sous lequel Erlendur se faufila. Sigurdur Oli et Elinborg se trouvaient déjà dans les fondations, à côté de la paroi de terre. L’étudiant en médecine qui avait informé de la découverte des ossements était à leurs ôtés…Le médecin-chef du district de Reykjavik, un cinquantenaire bien enveloppé, descendait péniblement l’une des trois échelles qui avaient été mises en place dans les fondations. » (Page 25).

Construction: La Femme en Vert est à la croisée de divers genres romanesques: roman policier bien sûr, mais également roman historique, l’enquête remontant à des faits survenus en partie pendant la Seconde guerre mondiale, roman sociologique, comme souvent avec l’auteur islandais qui a à coeur de montrer du doigt les défaillances de la société moderne.

Thématique: le passé constitue souvent un élément-clé, prétexte à remonter le temps et à évoquer le contexte socio-politique de l’Islande à différentes périodes de son histoire récente, comme dans L’Homme du Lac où Erlendur enquête sur un squelette vieux de quarante ans, faisant référence au communisme islandais pendant la guerre froide. Dans La Femme en Vert, Indridason fait allusion à la situation de son île natale occupée par les Britanniques dès le début de la seconde guerre mondiale, puis par l’armée américaine en 1941, événements qui ont laissé des traces durables dans les mentalités islandaises. L’auteur s’en explique dans une interview de février 2008: « « Je m’intéresse aussi aux squelettes qui collent aux basques des vivants. Ce qui m’intéresse le plus, ce sont les squelettes vivants, pourrait-on dire. Mes romans traitent de disparitions, mais ils ne traitent pas principalement de la personne qui a disparu, plus de ceux qui restent après la disparition, dans un état d’abandon. Je m’intéresse à ceux qui sont confrontés à la perte. Ce sont ces gens-là que j’appelle les squelettes vivants : ils sont figés dans le temps. […] J’aime beaucoup remonter le temps, et envoyer mes personnages sur les traces du passé. J’aime exhumer des événements oubliés. Le temps en tant que concept est quelque chose qui m’intéresse énormément – la manière dont le temps passe, mais aussi son influence, les conséquences de son passage sur nos vies. J’aime déceler les liens entre une époque et une autre. Évidemment, la thématique du temps est une partie très importante des histoires que je raconte, que ce soit son pouvoir destructeur ou son pouvoir de guérison qu’il peut avoir. Même si, dans La Femme en Vert, Erlendur déclare que le temps ne guérit aucune blessure. »

Fil rouge: relation chaotique qu’Erlendur entretient avec sa fille Eva Lind, toxicomane, donnant au personnage du commissaire une dimension humaine, hanté par ses démons et par un passé douloureux. Les polars scandinaves n’exploitent pas le culte du héros.

L’intrigue:

Dans un quartier sur les hauteurs de Reykjavik, lors d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet insolite que son frère de huit ans a trouvé dans les chantiers de construction, non loin de la maison familiale. Un os humain!! La mère des deux enfants demande à son fils de lui montrer l’endroit où il l’a trouvé. Une fois sur place, la jeune femme trouve un bras…

Commence alors l’une des enquêtes les plus curieuses qu’Erlendur et son équipe aient eu à mener: enterré là depuis une cinquantaine d’années, le mystérieux squelette se montre bien peu bavard, sinon que la tombe dans laquelle il repose a sans doute été creusée pour lui. L’enquête va les entraîner sur les traces d’une famille qui a vécu dans une des maisons bâties sur cette colline pendant la seconde guerre mondiale, déterrant un épisode sombre de l’histoire islandaise.

Parallèlement à cette enquête, on suit le fil de l’histoire d’Eva Lind, la fille toxicomane d’Erlendur, qui se bat contre ses démons intérieurs, et celle d’une femme victime de la brutalité de son mari et de ses tentatives pour lui échapper, assistant à déchéance physique et morale. Quel lien entre ces fils qui se dévident sans analogie apparente? Erlendur retrouvera-t-il la trace des gens qui ont vécu ici des décennies plus tôt? Parviendra-t-il à faire parler le mystérieux squelette?

Les personnages:

  • Erlendur: commissaire de police; la cinquantaine, divorcé, père de deux enfants; ancien stagiaire de la commissaire Marion Briem; ses méthodes datent un peu, ne s’encombre pas de scrupules inutiles; l’un des membres les plus chevronnés de la police criminelle; allure très souvent débraillée: barbe de plusieurs jours, cheveux ébouriffés, costume froissé; caractère renfrogné.
  • Sigurdur Oli: membre de l’équipe d’Erlendur; bel homme toujours élégant; a fait des études de criminologie au Etats-Unis, à Quantico; moderne et organisé, l’antithèse d’Erlendur.
  • Elinborg: membre de l’équipe d’Erlendur.
  • Eva-Lind: fille d’Erlendur, la trentaine; toxicomane; sujette à de violentes crises de colère; en veut terriblement à son père de les avoir abandonnés, elle et son frère, après son divorce d’avec leur mère.
  • Elsa: mère de Benjamin Knudsen, propriétaire de la maison aux ossements.
  • Bara: soeur de la fiancée disparue de Benjamin.

Les lieux:

Quartier de Thusöld: description précise de l’endroit où le squelette a été découvert, comme dans un compte-rendu journalistique, car dans une enquête criminelle les détails sont importants: « On avait construit à flanc de colline sur les pentes de la butte de Grafarholt en haut de laquelle trônaient les réservoirs d’eau chaude de la Compagnie des eaux de Reykjavik, d’immenses bâtiments bruns qui dominaient le nouveau quartier comme une forteresse. De part et d’autre des réservoirs, on avait percé des rues le long desquelles les maisons sortaient de terre les unes après les autres; certaines d’entre elles étaient même déjà entourées d’un jardin, de bandes de gazon et d’arbres…A cet endroit, des maisons jumelles tout juste achevées s’étendaient jusque sur les landes herbeuses tandis qu’au nord et à l’est, les territoires où se trouvaient les maison d’été des gens de Reykjavik prenaient le relais. Comme c’est le cas dans tous les nouveaux quartiers, les gamins s’amusaient sur les chantiers des maisons en construction, escaladaient les échafaudages, jouaient à cache-cache à l’ombre des murs, se laissaient glisser dans les fondations fraîchement creusées et pataugeaient dans l’eau qui s’y accumulait. » (Page 13).

En conclusion:

Dans cette seconde enquête d’Erlendur ( en réalité la quatrième, les deux premiers opus d’Arnaldur Indridason, datant de 1997 et 1998, ayant été traduits en 2018 et 2019 par les éditions Métailié), le style et les thématiques chers à l’auteur se mettent en place: une écriture sobre et soignée, presque journalistique, des sujets d’actualité, des intrigues trouvant leur genèse dans le passé trouble de l’île, des histoires passionnantes, une analyse psychologique des personnages comme canevas; car toute enquête criminelle ne peut être favorablement résolue qu’en prenant en compte les motivations, les ressorts psychologiques menant à tel ou tel acte criminel. =>Autant d’éléments qui peu à peu, sans que le lecteur ne s’en rende compte, le rendent accro à ces romans sensibles, profondément humains, nous faisant découvrir une société tout en contraste, où les valeurs humaines côtoient une certaine noirceur tout en camaïeu de gris. Une lecture aussi édifiante que divertissante.

Citations:

« Les cinq doigts étaient écartés les uns des autres comme si celui qui se trouvait là avait tendu la main en l’air pour se saisir de quelque chose, se défendre ou, peut-être, implorer la pitié. Erlendur se sentait complètement déboussolé. Les os dépassaient de la terre et s’étendaient dans sa direction comme s’ils imploraient grâce et un frisson le parcourut dans la brise du soir. » (Page 38).

« Plongé dans ses pensées, il ressentit le profond silence qui régnait dans sa vie. Ressentit la solitude qui le cernait de toutes parts. Le poids des jours fades formant une chaîne que nul ne pouvait briser et qui s’enroulait autour de lui, l’opprimait et l’étouffait. » (Pages 81-82)