Publié dans Frédérick Tristan, Londres, Passion polar, série Sir Malcolm Ivory, whodunit

Passion polar: Le Meurtre étrange d’Emily Seymour, Mary London.

L’auteur: 

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Frédérick Tristan allias Mary London

Mary London est le pseudonyme sous lequel l’écrivain français Frédérick Tristan a écrit la série « Les enquêtes de Sir Malcolm Ivory », entre 1986 et 2006.

Frédérick Tristan, de son vrai nom Jean-Paul Baron, est né à Sedan en 1931.

Le roman: 

Pour les romans de cette série, l’auteur a utilisé des canevas donnés par son éditeur tout en y apportant les modifications de son choix au fur et à mesure de leur rédle-meurtre-etrange-demily-seymouraction. Le Meurtre étrange d’Emily Seymour , 14 ème sur 19 et publié en 2002 aux éditions du Rocher, est dans la pure tradition du whodunit anglais:une intrigue simple mais bien construite se déroulant à huis-clos, des personnages à la limite de la caricature.

L’intrigue:

Emily Seymour, charmante vieille dame âgée de 74 ans, est retrouvée morte dans son appartement de la très sélect pension de retraite Tiperary. Dès les premières pages, tout laisse penser à un suicide: « En bonne anglaise, Emily avait pensé terminer sa vie devant une tasse de thé et des muffins, mais elle avait repoussé cette idée qu’elle trouva trop mondaine. » (Page 10) … »L’heure approchait. Il n’y avait rien à craindre; tout était en ordre. Emily posa le pot de crème vide sur le guéridon. Elle en profita pour vérifier que minuit trente approchait et éteignit la lampe qui veillait à ses côtés. » (Page 11).telechargement

Pourtant, le médecin de la pension, qui connaissait bien la défunte, soupçonnant un empoisonnement, refuse de délivrer le permis d’inhumer. Miss Smith, propriétaire et gérante de la pension, horrifiée par un éventuel scandale qui ébranlerait les fondations de son établissement, prend contact avec son ami le major Turner, afin qu’il procède à une enquête en toute discrétion. Il confie donc l’affaire au super-intendant Forbes.

Celui-ci, accompagné de son ami et fin limier Sir Malcolm Ivory, se rend sur place. C’est alors que les questions surgissent: pourquoi la directrice de la pension refuse d’admettre, malgré l’évidence, qu’Emily est morte empoisonnée? Tentait-elle de dissimuler quelque chose? Qui doit hériter de la fortune de la vieille dame, sans enfant et sans famille? Pourquoi son appartement a-t-il été soigneusement rangé alors qu’elle aimait vivre dans un désordre bohème?telechargement-1

Et pourquoi sa collection de disques a-t-elle disparu? Quel lourd secret avait brouillé Emily et son ami Archibald six mois avant la mort du vieil homme? Existait-il un lien entre les deux morts, et si oui lequel? Et surtout, quel mobile??

Les personnages:

  • Emily Seymour: 74 ans, dernière représentante de la famille Seymour, riches banquiers. « Voyez-vous, c’était une âme. Je veux dire qu’elle ressentait les êtres et les choses avec beaucoup de finesse. Il y avait en elle un mélange d’éducation à l’ancienne et de jeunesse quelque peu rebelle. » (Page 156).
  • Archibald Constable: également pensionnaire de Tiperary, décédé deux ans avant les événement racontés dans le roman. Agé de 81 ans, très riche, ancien négociant en thé, possédant de nombreux magasins. très ami avec Emily. Bel homme, beaucoup de charisme et d’allure.
  • Sir Malcolm Ivory: aristocrate anglais, vit dans un manoir; a une mémoire prodigieuse. Homme de la vieille école: « Ivory avait des principes auxquels il tenait. En particulier, il ne supportait pas que les femmes puissent exercer certains métiers tels qu’agents de police ou militaires. (…) Et, naturellement, une femme pratiquant des autopsies lui paraissait être le comble de l’horreur et du mauvais goût. » (Page 35).
  • Dorothea Piclwick: intendante de Sir Malcolm.
  • Super-intendant Douglas Forbes: officier de Scotland Yard. « Forbes était un vieil ami d’Ivory. Ils s’étaient connus à l’armée, du temps de leur service militaire au Transval. L’aristocrate, grâce à son entregent, avait aidé le jeune policier à gravir les échelons jusqu’au poste éminent qu’il occupait désormais. Le super-intendant, d’origine populaire, lui en était d’une reconnaissance extrême. Il ne manquait jamais de l’avertir lorsqu’une enquête menaçait de devenir trop compliquée à son goût, surtout si elle devait avoir lieu dans un cadre social qui l’intimidait. C’est ainsi que les deux hommes avaient travaillé ensemble sur de nombreux dossiers épineux, avec la bénédiction de Scotland Yard qui avait reconnu en Ivory un redoutable limier. » (Pages 15/16).images
  • Jane Smith: 60 ans, directrice de la pension de retraite Tiperary; très imbue de la réputation de son établissement. « C’est une femme de tête. Elle sait ce qu’elle veut. Elle a fait de brillantes études de commerce et a travaillé dans la banque et l’assurance avant de créer cet asile pour vieillards fortunés. »
  • Major Turner: supérieur hiérarchique de Forbes; ami de Miss Smith.
  • Wen Chang: chauffeur de Sir Ivory.
  • Docteur Glenlivet: médecin de la pension de retraite; ami d’Emily.
  • Margareth Ford: médecin légiste.
  • Jim Silver: journaliste au Mirror, « veston à carreaux trop voyant et pantalon en tire-bouchon, crâne à moitié chauve couvert d’un chapeau mou ».
  • Patricia Surrey: pensionnaire de Tiperary; veuve de pasteur, marche avec une canne.
  • Pamela Hardcliff: pensionnaire de Tiperary;veuve d’un colonel; grande et maigre.
  • Peggy Savage: pensionnaire de Tiperary; écrit des histoires policières.
  • M. Van Houten: pensionnaire de Tiperary.
  • Mary Nelson: pensionnaire de Tiperary; la plus jeune, seulement âgée de 60 ans; elle tire les cartes; un peu simple d’esprit; sans le sou, c’est son frère qui paie sa pension.
  • Le lieutenant Findley: second de Forbes, brillant officier.
  • Bouba et Indira: les deux domestiques chargées de l’entretien et du service à Tiperary.

Les lieux:

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Mayfair

L’essentiel de l’intrigue se déroule au sein de l’établissement nommé Tiperary: »La pension Tiperary avait fameuse allure et l’on pouvait comprendre que Melle Smith en soit fière. Par ce radieux matin d’automne, cet ancien palais du 18 e siècle étalait ses deux ailes au beau milieu d’un parc aux arbres centenaires et aux pelouses impeccables où s’élevaient quelques statues de déesses grecques. » (Page 22)… » C’était un lieu où l’on devait se trouver bien, loin des angoisses du monde et de la vieillesse. Des sofas se trouvaient le long de deux murs recouverts de tapisseries tandis que d’un autre côté une haute bibliothèque offrait au regard des livres reliés de cuir. En face, dans une grande et profonde cheminée, brûlaient des bûches. Au centre, des tables de jeux était disposées. On devait y jouer aux échecs, au bridge, aux dominos. Dans un angle, trônait un poste de télévision de grande taille. » (Pages 46/47).

Malgré cette atmosphère confortable et sereine, règne au sein des pensionnaires une ambiance toute autre: « Sir Malcolm espérait que son intervention ferait tomber des masques, mais chacun s’en tint à son rôle habituel. Si un assassin se cachait parmi ces gens-là, il ne manquait pas de sang-froid. » (Page 129)… »Ces vieilles personnes inactives confinées ensemble sont forcément enclines à s’épier les unes les autres, ne serait-ce que pour passer le temps. Mais, parfois, des idées plus pernicieuses viennent à germer dans leur esprit. » (Page 167).

Mon avis:images-1

Le Meurtre Etrange d’Emily Seymour est un roman construit comme les whodunit qui ont fait la gloire du roman à énigme anglais, dont il utilise les ingrédients habituels: une intrigue en huis clos; une enquête menée par un brillant détective dont les petites cellules grises rappellent étrangement celles d’Hercule Poirot; des personnages caricaturaux; et l’immanquable scène finale au cours de laquelle l’enquêteur dévoile aux principaux personnages, tous suspects, comment il a trouvé la solution de l’énigme.images-6

Un roman sans prétention, qui ravira les adeptes du genre, et qui se lit au cours d’un après-midi pluvieux, bien installé dans un confortable fauteuil, au coin de l’âtre où se consument des bûches odorantes. Une tasse de thé et des biscuits négligemment posés sur un guéridon à portée de la main. Le chat qui ronronne dans son panier. Le tic-tac de l’horloge qui égrène les minutes…Rien de plus mais c’est déjà bien.

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