Publié dans angoisse, Australie, éditions Harper Collins, épidémie, manipulations génétiques, Passion thriller, peur

Passion thriller: Chambre froide, David Koepp.

Premier roman du célèbre scénariste David Koepp, créateur entre autre de Jurassic Park, de Spider Man et du dernier Indiana Jones, dans un scénario qui fait littéralement froid dans le dos.

L’auteur:

téléchargementScénariste et réalisateur américain, David Koepp, né en 1963 à Pewaukee dans le Wisconsin. Sa mère était thérapeute familiale et son père possédait une entreprise d’affichage. Il est un des scénaristes américains les plus populaires avec un total brut de 2,3 milliards de recettes au box-office aux Etats-Unis. Grâce à son indéniable talent, David Koepp a atteint le succès critique et commercial dans une grande variété de genres : thriller, science-fiction, comédie, action, drame, crime, super-héros, horreur, aventure et fantaisie. Il est également l’auteur de romans de science-fiction.

Parmi les films qu’il a écrits, les plus connus sont: Jurassic Park en 1993; Mission Impossible en 1996; Lost World: Jurassic Park en 1997; Spider-Man en 2002; War of the Worlds en 2005; Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal en 2008;  Angels et Demons en 2009; Jack Ryan: Shadow Recruit en 2014.

Le roman:

Chambre Froide, Cold Storage en version originale parue en 2019, a été publié par les éditions Harper Collins en 2019 pour la traduction française, dans la collection Harper Collins Noir. Le ton est léger, oscillant entre sarcasme et parodie: « Alors qu’il se tenait surOIP (1) le toit, à essayer de comprendre ce qui était arrivé aux habitants de ce village condamné, le champignon s’affairait entre les crampons de la botte droite du Dr Héro Martins. Cette semelle de caoutchouc rigide entre la botte et le pied de la scientifique constituait un obstacle, et s’il y avait bien une chose que Cordyceps novus détestait, c’étaient les obstacles. » (Page 45). Le ton parfois désinvolte empêche le lecteur de prendre la menace, pourtant bien réelle, au sérieux, comme dans les farces: « Le nirvana, pour Cordyceps novus. La botte, aussi ample que le reste de la combinaison Hazmat, avait été conçue pour favoriser la circulation de l’air et ainsi empêcher son porteur de surchauffer à l’intérieur. L’appareil respiratoire abritait un petit ventilateur pour la diffusion de l’oxygène, ce qui signifiait qu’un flux constant d’O2 irriguait en permanence l’intérieur de la combinaison. Des filaments de fongus reconnaissants se muèrent en vrilles délicates qui se laissèrent porter vers le haut par un courant chaud de CO2, et atterrirent discrètement sur la peau de la jambe nue droite de Héro. » (Page 49).

L’intrigue:

1987. Trini et Roberto, membres de l’Air Force, détachés auprès de la DNA, l’Agence de défense nucléaire américaine, partent en mission en Australie avec le Dr Martins. Suite à la chute de débris de la station spatiale Skylab, dans le désert de Gibson, près d’un village isolé du nom de Kiwirrkurra Community, la Nasa reçoit un message: quelque chose de bizarre serait sorti du réservoir d’oxygène auxiliaire de la station.

téléchargement (2)Six ans plus tard, les gens du village ont commencé à mourir comme des mouches, leurs corps atrocement mutilés. Il semblerait que le champignon contenu dans le réservoir ait été réactivé et modifié génétiquement par l’environnement chaud du désert, favorable à sa croissance, devenant ainsi extrêmement dangereux: « Tous ceux qui ont été en contact avec lui sont morts. Le taux d’attaque secondaire est lui aussi total, le temps de génération immédiat et la période d’incubation…on ne sait pas, mais de moins de vingt-quatre heures, ça ne fait aucun doute. » (Page 48).

Trini, Roberto et le Dr Martins arrivent trop tard pour sauver les habitants, mais néanmoins juste à temps pour prélever un échantillon du champignon tueur. La zone est entièrement détruite par le feu, éradiquant définitivement, pense-t-on, la terrible menace.

2019. Trente-deux ans plus tard, deux employés d’un complexe de stockage situé en Arizona, sont témoins d’une activité suspecte au quatrième sous-sol. Roberto, désormais à la retraite, est envoyé sur place afin d’évaluer la réalité d’une menace et de faire son rapport. Personne ne se doute que l’arme bactériologique la plus mortelle vient de se réveiller…

Les personnages: 

  • Trini Romano: lieutenant-colonelle.
  • Roberto Diaz: commandant; major de promotion à l’Air Force Academy; fils d’un Mexicain et d’une Californienne; obsédé par l’avenir; très professionnel.
  • Dr Héro Martins: docteur en microbiologie, spécialisée dans la surveillance épidémiologique.
  • Annie: femme de Roberto; journaliste.
  • Gordon Gray: chef de la DNA en 1987.
  • Travis Meacham, surnommé Teacake: ancien taulard, employé aux entrepôts d’Atchinson.
  • Griffin: boss de Teacake.
  • Naomi Williams: collègue de Teacake; intelligente; mère d’une petite fille.
  • Mike Snyder: père de la fille de Naomi.

Les lieux:

Des endroits comme hors du temps, loin de toute activité humaine ordinaire, comme oubliés:

Kiwirkurra dans le déserte australien « comptait une petite douzaine de bâtiments de plain-pied non peints, mais décorés d’un patchwork coloré de bois de récupération et de panneaux de particules fournis aux résidents par la commission de relocalisation. Pour une ville nouvelle, son plan ne semblait pas franchement avoir été défini -des structures alignées de part et d’autre d’une rue principale et quelques bâtiments excentrés ajoutés postérieurement, sans doute par une deuxième vague d’arrivants qui préféraient ne pas être trop près de leurs voisins. » (Page 38).OIP (3)

Complexe de stockage: « L’immense complexe s’étendait au coeur même des falaises, si bien que pour éviter aux camions venant de Kansas City de faire un long détour, le corps des ingénieurs de l’armée avait creusé deux entrées, une de chaque côté de l’énorme caillou. Atchinson avait donc deux zones d’accueil et deux réceptionnistes présents en même temps mais travaillant sur des secteurs distincts. » (Page 75)… »Le couloirs central traversant le rez-de-chaussée du complexe de stockage s’étirait sur soixante mètres, bordés de chaque côté par trente portes de garages blanches ajourées. » (Page 119).

En conclusion:

Chambre Froide est sans conteste un thriller apocalyptique bien ficelé dont le scénario donne froid dans le dos, justement parce que ce n’est pas de la science-fiction. Un tel péril n’est, finalement, pas si éloigné de nous que nous voulons bien le croire.

Toutefois, mon enthousiasme pour ce roman est mitigé par les nombreuses digressions qui freinent le déroulement de l’intrigue et les termes et explications parfois trop scientifiques.

OIP (2)Le +: l’humour grâce auquel David Koepp désamorce l’angoisse latente qui s’empare du lecteur dès qu’il laisse son imagination s’emparer du scénario afin d’en faire une réalité. Notamment les aléas des mutations de Cordyceps noveus, ce champignon mutant qui se comporte comme s’il avait une conscience: « Dans la combinaison de Héro, Cordyceps noveus trouva ce qu’il cherchait: une petite égratignure. »… »Alors qu’ils se tenaient sur le toit, à essayer de comprendre ce qui était arrivé aux habitants de ce village condamné, le champignon s’affairait entre les crampons de la botte droite du Dr Héro Martins. » (Page 45)

Citations:

« Avec un bruit sec, la fructification entière explosa, et la lentille de la loupe fut aspergée de minuscules gouttes de matière gluante. Héro cria et eut un mouvement de recul involontaire, plus déconcertée qu’effrayée, mais elle perdit un instant l’équilibre et déplaça son pied droit pour se stabiliser. Sa botte s’enfonça dans quelque chose de mou avant de trouver un appui solide à la base du réservoir, mais il était trop petit et arrivait trop tard; elle tombait déjà dans la flaque visqueuse où son pied avait atterri. » (Page 43).

« Il avait vu assez de la vie pour savoir que Dieu assurait, question châtiment, et plus c’était tordu et ironique, plus ça Lui plaisait. Bien sûr, Il était amour et compassion, mais Il avait aussi inventé le cancer colorectal. Existe-t-il quelque part un super-vilain qui a un jour imaginé façon plus diabolique d’ôter la vie à quelqu’un? Ne vous fatiguez pas à chercher, la réponse est non. » (Page 154).

« Il avait oublié qu’il connaissait autant de gens et qu’il n’avait pas son pareil pour tirer le meilleur de ceux qu’il ne connaissait pas. Il comblait les rides qui étaient apparues au fil du temps. Rien ne remplaçait l’expérience. Prenez une vie de compétences acquises, assaisonnez-la de la sagesse des ans, ajoutez quelques bons instincts et réflexes…et vous obtenez un agent sacrément efficace. » (Page 262.

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