Publié dans éditions Hugo Roman, ésotérisme, malédiction, Passion thriller français, thriller ésotérique

Passion thriller français: La Mort du Temple: Secretum Templi, tome 1. Hervé Gagnon.

« Rappelez-vous que la Connaissance sans Sagesse est Sacrilège et que le Pouvoir sans Responsabilité est Infamie! »…Les Templiers détiennent un trésor bien plus précieux que tout l’or du monde: la Magna Clavem…

L’auteur:

OIPHervé Gagnon, né le 26 août 1963 à Chicoutimi au Québec, est un historien et romancier québécois. Il est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en histoire, ainsi que d’une maîtrise en muséologie historique, travaillant plus spécialement sur la mise en valeur de la culture et du patrimoine.

Il est l’auteur de nombreux romans pour la jeunesse, consacrés au genre historique, dans lesquels il ne dédaigne pas d’ajouter une touche d’ésotérisme et de fantastique, permettant à ses lecteurs de se divertir tout en acquérant des connaissances générales en histoire.

En 2014, il amorce une série de polars historiques consacrés aux enquêtes du journaliste Joseph Laflamme dans le Montréal de la fin du XIXe siècle, avec six titres publiés. Mais c’est avec les thrillers historico-ésotériques qu’Hervé Gagnon donne toute la mesure de son talent de conteur avec différentes séries, dont Vérité, Malefica, Vengeance et La Mort du Temple.

Le roman:

Secretum Templi, tome 1 de La Mort du temple, a été publié par les éditions Hugo roman téléchargement (2)en 2020. Le style est fluide, agréable à lire. Les scènes d’action sont bien ficelées: « Il n’eut pas le temps de ressentir la satisfaction qu’un nouveau truand lui tombait dessus. Il para un coup destiné à sa tête, puis un autre à son côté droit. L’homme était plus costaud que le précédent et se lança dans une attaque furieuse à laquelle Hugues eut du mal à résister. Il dut reculer et se retrouvé adossé au mur. Dans ses épaules et ses bras, les muscles commençaient à brûler tandis que son souffle se raccourcissait et que ses membres se faisaient lourds. » (Page 102).

Construction: le voyage dans le temps que propose La Mort du Temple commence pendant le règne de l’empereur romain Tibère tandis qu’il continue en 1307, d’abord à Villandraut, résidence du pape, puis, pour l’essentiel à Paris, dans les entrailles de la Commanderie du Temple. Les chapitres, relativement courts, s’enchaînent au rythme de l’action qui ne laisse pas le lecteur respirer une seconde. A noter, certaines scènes d’anthologie, comme celle où Hugues récupère le cadavre de Baldric le Borgne dans un tas d’immondices répugnantes et puantes, racontée avec force détails.

Fil rouge: réputation des Templiers => Comme un signe avant-coureur, Hervé Gagnon évoque, tout au long du roman, la réputation entachée des Templiers, perçus désormais par la population non plus comme des sauveurs mais des brigands, donnant une image sans doute plus proche de la réalité que celle arrivée jusqu’à nous :  » Pour les artisans de Paris, l’Ordre représentait souvent leur principal client, sinon le seul. Il achetait les marchandises à vil prix pour son propre usage ou pour les revendre à profit dans son vaste réseau commercial. » (Page 166)… »Il est vrai que cela doit surprendre quand on a l’habitude de vivre bien isolé dans la luxueuse commanderie de Paris…Cette pauvreté, sergent Hugues de Malemort, est celle que votre Ordre encourage et maintient en achetant tout à vil prix et en appauvrissant d’autant la populace dont il ne se soucie point. » (Page 183).

L’intrigue:téléchargement (1)

« En deux siècles d’existence, l’ordre du Temple a accumulé puissance, gloire et richesse. Mais depuis la perte de la Terre sainte par les royaumes d’Occident, il est devenu une menace, véritable Etat dans l’Etat. »

Hugues de Malemort, simple sergent, s’est vu confier une mission qui a attisé sa curiosité: en quelques mois, il a accompagné trois convois de caisses et de barriques. S’il s’agit de vin et de denrées alimentaires, pourquoi le commandeur en personne a insisté pour que lui et ses compagnons se déguisent en marchands et se montrent le plus extrêmement discrets?

Face à la menace qui pèse sur l’avenir de l’ordre guerrier, dont le roi Philippe le Bel a ordonné la destruction, la plus grande richesse du Temple, à savoir la Magna Clavem qui verrouille une porte donnant sur la perdition des hommes, doit absolument être mise en sûreté.

Bientôt, Hugues se trouve face à de nombreuses questions qui ne lui laissent pas une minute de repos: qui a égorgé le palefrenier Guillaume, dans l’enceinte même du Temple, réputée inviolable? Est-ce en rapport avec la confidence qu’il a faite à son ami peu de temps plus tôt? Le fait que Guillaume ne se soit pas défendu, impliquant qu’il connaissait suffisamment son agresseur pour ne pas se méfier, met Hugues très mal à l’aise.

Qui est le moine encapuchonné qui déambule librement dans les couloirs de la commanderie et semble bien connaître le grand maître? Qui sème autour de lui des cadavres atrocement mutilés chaque fois accompagné d’un symbole représentant un oeil dans un triangle? Quelle est la signification de ces meurtres? Hugues, avec l’aide de Gersande, parviendra-t-il à remonter la piste et à éviter les nombreux dangers qui le guettent dans sa quête?

Les personnages:templier

  • Hugues de Malemort: sergent, considéré comme un exécutant.
  • Guillaume Le Flamand: palefrenier du Temple, ancien combattant; estropié de la jambe gauche.
  • Déodat de Terrasson: templier, compagnon de Hugues.
  • Raoul de Daumartin: templier, compagnon de Hugues; le moins esquinté des quatre amis.
  • Besson de Montvivier: templier, compagnon de Hugues.; très superstitieux.
  • Etienne de Saint-Alban: frère chevalier, arrogant et dédaigneux envers ses inférieurs.
  • Petrus de Tortavilla: commandeur de la commanderie de Paris.
  • Jacques de Molay: grand maître de l’Ordre.
  • Bernard de Villepierre: frère hospitalier de Paris.
  • Pierre de Marseille: fait partie de l’entourage intime du grand maître; regard suspicieux.
  • Gersande Bentivoglio: jeune femme versée dans la connaissance des remèdes; très mauvais caractère, n’a pas froid aux yeux. Seul personnage féminin du roman.

Les lieux:

OIPL’enclos du Temple à Paris: Hervé Gagnon nous donne une idée très précise de ce à quoi ressemblait le Temple à l’époque de sa splendeur, presque une ville dans la ville: « …il désignait la grande tour carrée de quatre étages, construite voilà une quarantaine d’années à peine, qui, non loin de la vieille tour du Colombier, dominait tout l’enclos du temple et qui servait de donjon. Les tourelles à chaque coin et le chemin de ronde à son sommet lui donnaient des airs imprenables. Si bien que, jusqu’à récemment, le trésor du royaume de France y avait été conservé. » (Pages 43-44).

Paris en 1307: des descriptions très imagées restituant l’atmosphère qui régnait dans la capitale moyenâgeuse, au point que l’on pourrait presque sentir les odeurs: « Hugues descendit la rue du Temple jusqu’à la rue de la Verrerie, puis rejoignit les Planches Mibray, où les tanneurs et les artisans de la laine rejetaient leurs eaux usées. Ils durent se couvrir le nez et la bouche pour éviter que la puanteur ne leur fasse rendre leurs tripes. Le petit pont étroit les mena ensuite sur l’île de la Cité. Dans la nuit se profilait, sur la gauche, la silhouette massive de Notre-Dame. » (Page 93).

Ainsi que des repères, pour certains encore visibles aujourd’hui, donnant un aperçu de ce fut Paris à cette époque, détails toujours appréciables dans un roman historique: « Ils passèrent par le Petit Pont, laissant derrière eux le monument inachevé, et continuèrent  leur chemin par la rue Saint-Jacques, qui conduisait à la porte du même nom. Après moins d’une heure, ils achevaient de traverser Paris en direction de la porte saint-Michel. » (Page 93).

En conclusion:

L’intrigue de ce thriller ésotérique repose sur un thème mainte fois évoqué, que ce soit au cinéma ou dans la littérature: le fameux trésor des Templiers qui, selon la légende, auraient accumulé d’énormes richesses dont la plupart aurait été dissimulée dans un lieu secret avant le démantèlement de l’ordre. L’écueil de traiter un thème éculé est de se fourvoyer dans des hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres, afin de maintenir le lecteur en haleine. Écueil habilement évité par Hervé Gagnon qui s’appuie sur un élément inédit, non historique mais tout à fait plausible: les Premiers Apostats, groupe occulte dont la mission est de protéger la Magna Clavem.

Le +: la confrontation de deux mondes vivant en parallèle sans imaginer une seconde l’existence de l’autre: celui sûr et codifié des Templiers; celui marginal périlleux des miséreux, incarné par Gersande.

Les scènes d’action rythmées, les personnages hauts en couleur, la reconstitution historique soignée et l’intrigue empreinte de mystère constituent les qualités de ce thriller dont vous aurez plaisir à tourner les pages, désireux de savoir à quelles aventures vont se trouver confrontés le bourru mais sympathique Hugues de Malemort et ses amis.

Citations:OIP (1)

« Ce qui ressortait par-dessus tout, c’étaient les yeux. L’oeil droit était un rubis d’un rouge profond, dans lequel chatoyaient et dansaient les flammes des torches et des cierges. Le gauche, noir comme la nuit, profond comme les ténèbres, donnait l’impression de regarder dans un puits qui descendait jusque dans les enfers; un puits sans fond dans lequel on avait envie de sauter pour tomber, tomber et tomber encore. » (Page 39).

« Lorsqu’il entrait dans cet endroit, le sablier était son seul moyen de marquer le passage des heures. Il perdait toute notion du temps. Il soupira et nota distraitement que sa respiration sifflait un peu. La mort était l’ineluctable destin de toutes les créatures de Dieu et il ne la craignait pas. Elle faisait partir du cycle de la nature. La vie menait à la mort, et de la mort naissait la vie. Il cesserait d’être, puis il serait à nouveau, autre, autrement. » (Page 78).

« Qui serait assez bête pour se débarrasser d’une charogne sans d’abord la dépouiller de ses vêtements, soit pour les porter, soit pour les vendre? s’étonna la jeune femme. A Paris, les morts ne conservent jamais longtemps leurs vêtements et encore moins leurs armes. Les bottes, les ceinturons, les braies et les chemises peuvent toujours être utiles et, à cette heure, quelqu’un les porte assurément. Quant aux épées et aux couteaux, dans le monde où nous vivons, on n’en a jamais trop. » (Page 190).

« En Terre sainte, comme tous ses frères, il avait été témoin de sa part d’horreurs. En ce domaine, chrétiens et Sarrasins avaient su rivaliser d’imagination et de cruauté, chacun au nom de son dieu qu’il tenait pour seul véritable. L’homme était sans pitié quand il s’agissait d’infliger la souffrance à son prochain. » (Page 311).

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