Publié dans adultère, amour, éditions Harper Collins, crime, manipulation psychologique, maternité, Passion thriller, psychologie des personnages, secrets de famille

Passion thriller: Ainsi meurent les étoiles, Marie Battinger.

Le pire est toujours possible; même les choses dont on est les plus sûrs, même sa famille, peut se révéler la source du plus grand malheur qui soit…

L’auteur:

téléchargement (1)Marie Battinger, née en 1983, est journaliste aux « Nouvelles d’Alsace ».
Elle a reçu le coup de cœur des lectrices de Femme Actuelle pour son premier roman, Ainsi meurent les étoiles (2019).

Le roman:

Ainsi meurent les étoiles a été publié par les éditions Harper Collins en 2019. Le style de l’auteur parfois sobre: « Au fond de son sac, ses doigts recroquevillés en pince butèrent contre quelque chose de métallique. Ses clés. Enfin. Laissant échapper un soupir de soulagement, elle releva les yeux. » …ou plus prolixe mais toujours dans un langage simple: « Quand elle se ressaisit, elle se trouva stupide. Ce n’était pas un fantôme. La chevelure se prolongeait par un pantalon lâche, de ceux que la plupart des femmes réservent à leurs cours de fitness ou pour traîner à la maison les dimanches maussades. Protégée des gouttes par le perron, la femme attendait, le dos droit, immobile. » (Page 14).OIP (1)

Le roman est construit selon un procédé certes manquant d’originalité, mais efficace: chaque chapitre, précisant le jour, raconte l’histoire du point de vue de l’un des protagonistes principaux. Ainsi, l’intrigue n’est révélée au lecteur que par bribes partielles, ne permettant aucune vue d’ensemble, bien qu’ayant accès à leurs pensées et à leurs ressentis. Reste au lecteur la mission de rassembler les pièces du puzzle afin de former l’image finale.

Thèmes: maternité, fratrie, relations familiales mère, père/enfants, soeur/soeur rendues plus compliquées par la force des liens ou leur absence.

L’intrigue:

Novembre. Une journée froide et pluvieuse. On frappe à la porte. Héléna ouvre. Une femme disant se prénommer Alexandra se présente comme étant la jeune soeur d’Isabelle, sa mère? Si l’inconnue dit vrai, pourquoi la jeune fille n’en a-t-elle jamais entendu parler? Pourquoi l’inconnue semble-t-elle bien connaître ses parents et elle mais ignore l’existence de son petit frère? Et pourquoi Héléna ressent face à cette femme un malaise diffus et reste sur la défensive, sans savoir pourquoi?

Comment expliquer la violente réaction d’Isabelle quand elle voit sa soeur chez elle? Que s’est-il passé pour justifier un tel rejet? Pourquoi la justice l’a-t-elle relâchée seulement au bout de quinze ans d’emprisonnement alors qu’elle avait été condamnée à trente ans? Elle a quand même tué leur mère et s’est toujours refusé à expliquer son geste…

Isabelle ressent le retour de sa soeur comme une intrusion, pire, comme une provocation. Alexandra représenterait-elle une menace pour l’équilibre de sa famille? Pourrait-elle s’en prendre à elle ou à ses enfants comme elle s’en est pris à leur mère quinze ans plus tôt, alors qu’elle n’était âgée que de dix-huit ans?

La sérénité qu’Isabelle a mis tant d’années à reconquérir, son cocon familial qu’elle avait construit avec tant de soin afin de mieux oublier l’affreux drame, tout cela menace de s’effondrer comme un château de cartes. D’autant que son appréhension est relayée par les gens du village qui refuse la présence d’une meurtrière matricide dans leur communauté. Et si Alexandra avait enfin décidé de parler, d’expliquer ce qu’il s’est réellement passé ce jour fatidique? Isabelle sera-t-elle prête à l’entendre?

Les personnages:

  • Isabelle Morel: sophrologue, une femme charmante, qui s’entretient et s’occupe de son foyer avec sollicitude; soeur d’Alexandra et Audrey; mère d’Héléna et Aloys.
  • Héléna: 17 ans, fascinée par les ballets.
  • Alexandra: jeune soeur d’Isabelle, ancienne danseuse; réfléchit beaucoup avant toute décision, que ce soit le choix d’un vêtement ou une parole à émettre.
  • Audrey: soeur aînée d’Isabelle et Alexandra; vit à Londres; alliée naturelle d’Isabelle avant le drame; forte tête, méprise les artifices féminins tel que maquillage; droite.
  • Aloys: frère d’Héléna, douze ans.
  • Eric: mari d’Isabelle et père de ses enfants; médecin.
  • David: professeur de musique au collège, ancien guitariste qui a failli devenir pro; ex petit-ami d’Alexandra; nature sociable.
  • Charline: meilleure amie d’Héléna, exerce un fort ascendant sur les garçons.
  • Jaime Wenger: camarade de classe d’Héléna, meilleur élève dans toutes les matières scientifiques.
  • Nicolas Wenger: journaliste, père de Jaime; bel homme conscient de son charme dont il use à l’occasion.
  • Noémie: professeur, épouse de David et mère de ses enfants.

En conclusion:

Marie Battinger propose ici un thriller psychologique bien construit basé sur le retour dans son village natal d’Alexandra, qui a tué sa mère quinze ans. On pourrait se dire qu’elle a purgé sa peine et que tout pourrait s’arrêter là. Mais ce retour prématuré soulève bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses car la jeune femme a toujours refusé d’expliquer son geste; il réactive les rancoeurs que tous croyaient définitivement enterrées. Et chacun de se rendre compte qu’il n’existe pas un camp des méchants et un camp des gentils, bien séparés par une ligne infranchissable. Que le geste perpétré par Alexandra quinze ans plus tôt n’est que l’aboutissement d’une situation complexe, que leur mère n’est pas la personne qu’elle paraissait être…

Dissimulations, secrets, mensonges, culpabilité: chacun des acteurs de ce drame, directs ou indirects, tente d’adopter une contenance face au flux des souvenirs qui les assaillent…Avec la jeune Héléna qui se retrouve au milieu de tous ces adultes qui se taisent pour la protéger du passé, ne comprenant pas qu’elle a besoin de savoir pourquoi et comment un tel drame a pu avoir lieu. Car si l’on empêche pas le passé d’étendre ses tentacules jusqu’au plus profond de leur vie actuelle, il pourrait bien tout détruire…Un bon thriller donc malgré sa fin en demi-teinte.

Citations:

« Elle avait essayé d’adopter un ton normal. Une demi-réussite, à vrai dire, et encore, si l’on avait une vision optimiste de l’existence. La jeune fille s’exécuta. Elle sentit le regard lourd des deux femmes l’accompagner alors qu’elle montait les marches avec une lenteur tout à fait involontaire. Ses jambes flageolaient, comme si elle avait couru plusieurs heures sans s’arrêter. Arrivée sur le palier de sa chambre, elle fit claquer la porte, pour faire croire à sa mère que le champ était libre. Puis elle se blottit tout contre le mur face à l’escalier. Un poste d’observation parfait pour entendre sans être vue. » (Pages 21-22).

« A l’étage, le silence était encore plus palpable qu’au rez-de-chaussée. Une par une, Isabelle fit le tour des chambres, luttant contre le flot de souvenirs qui se battaient pour lui arracher des larmes. La maison autrefois si pleine de vie n’était plus qu’un squelette décharné. Partout les couvertures sans housse étaient tirées, les oreillers nus posés sur les matelas, comme dans une maison d’hôtes qui attendrait ses premiers visiteurs. C’en était lugubre. Et ce froid…

« Je pense que nous sommes loin d’avoir agi parfaitement. Et je sais que les enfants attendent de leurs parents qu’ils soient parfaits…Mais tu sais, Héléna, grandir c’est un peu ça: admettre que ses parents peuvent commettre des erreurs. Et leur pardonner. » (Page 244).

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